La low cost irlandaise Ryanair met une nouvelle fois la pression sur le gouvernement irlandais en appelant Micheál Martin à lever dès janvier le plafond de capacité de l’aéroport de Dublin, accusant le Taoiseach (chef de gouvernement) de privilégier ses déplacements internationaux à la mise en œuvre de son propre programme.
Derrière la charge très offensive de Michael O’Leary se joue un dossier clé pour la connectivité de l’Irlande, le prix des billets et les perspectives de croissance du hub de Dublin.
Dans un communiqué daté du 5 janvier, Ryanair « appelle le chef du gouvernement “Do-Nothing” Micheál “Marco Polo” Martin à arrêter de perdre son temps à se faire prendre en photo et à tenir enfin la promesse de son programme de gouvernement de supprimer le plafond de Dublin « dès que possible ». Selon la compagnie, cette suppression doit intervenir « avant la fin janvier 2026 » afin de permettre aux compagnies – en premier lieu Ryanair et plusieurs transporteurs américains – d’ajouter routes, fréquences et emplois dès l’été 2026. Michael O’Leary affirme que « si Micheál Martin était sérieux sur la création d’emplois, il supprimerait le plafond de Dublin, qui permettra de créer des milliers de nouveaux postes, quand ses tournées à l’étranger en Chine ou en Angola n’en créent aucun ». Le dirigeant met ainsi en scène une alternative simple entre politique intérieure et diplomatie économique, au risque de grossir le trait.
Un Taoiseach (chef de gouvernement) accusé de « tourisme politique »
Ryanair multiplie les piques personnelles en qualifiant Micheál Martin de « Marco Polo » et en ironisant sur un dirigeant « avec plus de déplacements à l’étranger qu’Elton John ». La compagnie énumère ses récentes apparitions – COP au Brésil, G20 en Afrique du Sud, mission « emplois » en Angola, visite en Chine, ainsi que de multiples passages à Bruxelles – pour dénoncer un Taoiseach « trop occupé à voyager dans le monde pour se faire prendre en photo ».
Pour Michael O’Leary, ces voyages ne se traduisent pas par des résultats tangibles en matière d’emplois ou d’infrastructures. « Tout ce qu’ils livrent, ce sont davantage de photos de Micheál Martin serrant des mains, alors que rien n’est fait à la maison pour la création d’emplois réelle, malgré une majorité de 20 sièges », attaque-t-il. Le chef du gouvernement a de son côté déjà défendu la nécessité de ces engagements internationaux pour l’économie irlandaise, rappelant que « le leader du pays doit s’engager à l’international », même si cette posture est aujourd’hui contestée sur le terrain très concret de la capacité de Dublin.
Un plafond de 32 millions jugé « illégal » et dépassé
Au cœur du bras de fer, un plafond de 32 millions de passagers par an fixé au titre des conditions de planification de l’aéroport de Dublin, et que Ryanair qualifie d’« absurde » et d’« illégal ». L’exploitant daa rappelle que ce cap, imposé initialement pour limiter les embouteillages et l’impact local, freine désormais une plateforme capable, selon lui, d’absorber jusqu’à 35 à 40 millions de passagers avec ses infrastructures actuelles.
Malgré des mesures pour « refroidir » la demande – suppression d’incitations pour les compagnies, redéploiement de capacités vers Cork, limitation des slots en hiver – daa anticipe un dépassement du plafond, avec un trafic 2024 « plus proche de 33 millions » et une nouvelle hausse attendue à partir de 2025. Pour les voyageurs, ce plafond se traduit déjà par moins de sièges disponibles, des projets de routes retardés et une pression haussière sur les tarifs, plusieurs compagnies ayant choisi de réduire ou de réorienter leurs opérations face à l’incertitude réglementaire.
Un programme de gouvernement en panne
Le grief principal de Ryanair porte sur la lenteur du processus politique. Le programme de gouvernement publié en janvier 2025 promettait de régler la question du plafond « dès que possible ». Un an plus tard, aucune loi n’a encore été adoptée, malgré une majorité de 20 sièges à la Chambre, ce que la compagnie interprète comme la marque d’un « Taoiseach qui ne fait rien ».
Un document a bien été présenté au Cabinet en septembre pour lancer la rédaction d’un texte levant la limite, mais cette initiative se heurte à une forte résistance de la haute fonction publique, selon des révélations récentes de la presse irlandaise. Le gouvernement évoque désormais une fenêtre législative possible au printemps, avec une adoption potentielle d’ici fin 2026, un calendrier jugé beaucoup trop lent par Ryanair, qui estime qu’« avec une majorité de 20 sièges, ce cap aurait pu être supprimé en trois ou quatre mois ».
Enjeux concrets pour les voyageurs et le hub irlandais
Pour Dublin, qui concentre l’essentiel du trafic long-courrier de l’Irlande et de nombreux vols low cost intra-européens, la question dépasse le seul bras de fer politique. L’exploitant insiste sur le fait que le plafond bloque l’ouverture de nouvelles liaisons, notamment vers l’Amérique du Nord, et limite les perspectives de croissance alors même que la demande reste forte sur les segments loisirs et affaires
Ryanair, qui met également en avant un sondage du Sunday Independent indiquant que 66 % des lecteurs seraient favorables à la suppression du plafond de Dublin, affirme qu’une levée rapide du cap permettrait « d’ajouter routes, fréquences et nouveaux emplois pour l’été 2026 », y compris pour les compagnies américaines, et contribuerait à réduire la pression sur les prix grâce à davantage de capacité. Dublin Airport rappelle pour sa part qu’il a déposé une demande officielle pour relever le plafond de 32 à 40 millions de passagers, accompagnée de plus de 400 millions d’euros d’investissements ciblés sur la durabilité, la réduction des émissions et l’amélioration des infrastructures.

Chialeuse a commenté :
7 janvier 2026 - 10 h 08 min
Mais elle ne fait que chialer cette pitoyable compagnie !!!
Manfou a commenté :
7 janvier 2026 - 14 h 53 min
Chutttt Serge13 le troll va dire RYR the best 🤪🤪🤪
Jean Neymar a commenté :
7 janvier 2026 - 13 h 54 min
Aux prochaines élections votez MOL ! Vous verrez les bienfaits d’un monde low cost LOL