Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient, les compagnies aériennes Air France et KLM ont annoncé la suspension temporaire de plusieurs de leurs liaisons vers la région. Cette décision fait suite à des mesures similaires prises par le groupe Lufthansa et s’inscrit dans une vague de précautions adoptées par de nombreux transporteurs européens, motivées par les risques sécuritaires liés aux frictions entre les États-Unis et l’Iran.

Air France a confirmé, hier, l’annulation de ses vols vers Dubaï (Émirats arabes unis). Parmi les vols impactés figurent les liaisons Paris-Dubaï (AF660 et AF658) et les retours correspondants. La compagnie aérienne française justifie cette mesure par la nécessité d’assurer “le plus haut niveau de sûreté et de sécurité” pour ses passagers et ses équipages, en surveillant en temps réel l’évolution de la situation géopolitique. KLM, sa partenaire néerlandaise au sein du groupe Air France-KLM, a quant à elle suspendu ses vols vers Tel-Aviv, Dubaï, ainsi que vers Dammam et Riyad en Arabie saoudite. La compagnie aérienne néerlandaise a également décidé d’éviter les espaces aériens de l’Irak, de l’Iran, d’Israël et de plusieurs pays du Golfe jusqu’à nouvel ordre.

Ces annulations, effectives pour le week-end du 23-24 janvier, pourraient se prolonger en fonction de l’évolution des événements. Air France-KLM a indiqué qu’il prévoyait d’évacuer son personnel d’escale de certaines destinations comme Dammam et Dubaï, soulignant l’urgence de la situation. Le groupe franco-néerlandais n’a pas précisé de date de reprise, mais des sources indiquent que les perturbations pourraient durer selon la situation sécuritaire.

Dans la foulée du groupe Lufthansa
Cette initiative d’Air France-KLM intervient quelques jours après l’annonce du groupe aérien allemand Lufthansa, qui a suspendu ses vols vers Téhéran (Iran) jusqu’au 29 mars inclus. La compagnie aérienne allemande, ainsi que ses filiales comme Austrian Airlines (jusqu’au 16 février au moins), évite désormais les espaces aériens iranien et irakien, optant pour des corridors alternatifs. Lufthansa a également réduit ses vols vers Israël à des horaires diurnes uniquement et contourne l’espace aérien jordanien pour certains trajets.

D’autres compagnies aériennes du groupe Lufthansa, comme SWISS, ont annulé des vols spécifiques, tels que le Zurich-Tel-Aviv. Ces mesures font écho aux recommandations de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), qui a déconseillé tout survol de l’espace aérien iranien en raison des risques de “mauvaise identification” par les défenses antiaériennes iraniennes, sur fond de menaces d’attaques américaines.

Un contexte de tensions régionales exacerbées
Les perturbations aériennes sont directement liées à l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Le président américain Donald Trump a évoqué une possible intervention militaire en réponse à la répression violente des manifestations en Iran, qui ont éclaté fin décembre contre la hausse du coût de la vie et ont fait des milliers de morts selon des ONG. Washington a renforcé sa présence militaire dans la région, avec le déploiement d’une “armada” navale, incluant le porte-avions USS Abraham Lincoln en route vers le Golfe Persique. Sur les réseaux sociaux, des observateurs soulignent que ces fermetures d’espaces aériens rappellent les préparatifs avant des escalades majeures, avec des compagnies comme KLM évacuant leur personnel pour anticiper d’éventuels conflits.

Air France et KLM suspendent temporairement des vols vers le Moyen-Orient face aux risques sécuritaires 1 Air Journal

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