Aer Lingus va fermer d’ici fin mars 2026 sa base long‑courrier de l’aéroport de Manchester, mettant un terme à ses liaisons transatlantiques directes depuis le nord de l’Angleterre.

« Une décision a été prise de cesser les opérations transatlantiques d’Aer Lingus au départ de Manchester à compter du 31 mars 2026 », confirme la compagnie aérienne irlandaise dans un communiqué. La ligne Manchester–New York JFK fermera la première, avec un dernier vol programmé le 23 février 2026, tandis que les dessertes vers Orlando et la Barbade cesseront le 31 mars. Lancée en 2021, la base long‑courrier de Manchester symbolisait l’ambition d’Aer Lingus de proposer des vols transatlantiques directs au départ du Royaume‑Uni, en dehors de son hub de Dublin, avec des Airbus A321LR pour New York et des A330 pour Orlando et la Barbade.

Ces services avaient été présentés comme une réponse à une « forte demande pour des vols transatlantiques directs depuis le nord de l’Angleterre », soulignait à l’époque la directrice générale Lynne Embleton. Aujourd’hui, l’arrêt des vols transatlantiques au départ de l’aéroport de Manchester marque un coup d’arrêt pour le développement d’Aer Lingus en dehors de l’Irlande. L’annonce souligne la difficulté pour une compagnie aérienne de taille moyenne de maintenir une base long‑courrier en dehors de son hub principal, dans un environnement de coûts et de concurrence particulièrement exigeant.

Les passagers ayant des réservations après les dates d’arrêt se voient proposer des remboursements ou des réacheminements, principalement via le hub de Dublin, Aer Lingus indiquant : « Nous comprenons qu’il s’agit d’une nouvelle décevante et nous présentons nos excuses pour la perturbation causée à nos clients. Tous les clients concernés sont informés directement de l’annulation de leur vol et se voient proposer des options de réacheminement et de remboursement. » A noter que les vols court‑courriers entre Manchester et l’Irlande, eux, sont maintenus et ne sont pas concernés par cette fermeture.

Recentrage stratégique via Dublin et réallocation de la capacité
Officiellement, Aer Lingus présente cette fermeture comme le résultat d’un réexamen stratégique de son réseau long‑courrier, avec une volonté de concentrer ses capacités transatlantiques sur son hub de Dublin, où elle bénéficie d’un important effet de correspondances et d’un pré‑dédouanement américain attractif pour les passagers. Elle prévoit ainsi de mettre en place un service Dublin–Barbade en avril et mai 2026, « sous réserve des autorisations nécessaires », afin de réacheminer une partie des clients initialement prévus au départ de Manchester.

Cette décision intervient dans un contexte de concurrence accrue sur les liaisons transatlantiques au départ du Royaume‑Uni et de pression sur les coûts, qui rend plus difficile la rentabilité d’une petite base long‑courrier isolée, face à des acteurs bien installés comme Virgin Atlantic ou les membres de l’alliance transatlantique British Airways–American Airlines.

Virgin Atlantic reprend le flambeau sur Orlando
Le retrait d’Aer Lingus ouvre un espace que Virgin Atlantic s’est empressée de combler sur certaines destinations clés. La compagnie aérienne britannique a annoncé une augmentation de capacité sur la liaison Manchester–Orlando pour l’été 2026, avec 12% de sièges supplémentaires mis en vente à partir du 3 février, grâce à l’ajout de vols sur des dates de forte demande.

Virgin Atlantic prévoit aussi de renforcer son offre pour l’hiver 2026‑2027, en augmentant de 17% la capacité sur Orlando depuis Manchester en y déployant un Airbus A350‑1000, son appareil long‑courrier le plus capacitaire. « Manchester est notre maison dans le Nord depuis trente ans et nous y sommes pour le long terme. Augmenter la capacité sur nos lignes vers Orlando est un signal clair de cet engagement, en garantissant aux clients la poursuite de l’accès direct au long‑courrier depuis leur aéroport local », déclare son directeur commercial Dave Geer.

Virgin Atlantic indique travailler « en étroite collaboration » avec Aer Lingus pour « soutenir les clients affectés » et « les transporter sur des vols Virgin lorsque cela est possible », tout en annonçant l’intégration d’« un certain nombre » de pilotes d’Aer Lingus dans ses propres équipes. L’aéroport de Manchester conserve ainsi, au moins partiellement, son rôle de porte d’accès vers les États‑Unis et les Caraïbes, Virgin y opérant déjà des liaisons vers Orlando, New York, Atlanta, Las Vegas et un service saisonnier hivernal vers la Barbade.

Aer Lingus ferme sa base de Manchester, mettant fin à ses vols transatlantiques au départ du Royaume-Uni  1 Air Journal

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