Frontier Airlines a déposé plainte contre American Airlines devant un tribunal fédéral en Floride après une collision au sol survenue en mars 2024 à l’aéroport international de Miami, qui a gravement endommagé un Airbus A321neo et immobilisé l’appareil pendant six mois.
La low cost américaine réclame plus de 100 000 dollars de dommages et intérêts, au‑delà des seuls frais de réparation déjà partiellement indemnisés, et met en cause les procédures de sécurité au sol de son concurrent.
Selon la plainte déposée devant la District Court for the Southern District of Florida (dossier 1:26‑cv‑20686), Frontier Airlines demande à American Airlines des dommages « supérieurs à 100 000 dollars » après un accident au sol survenu le 7 mars 2024 sur le tarmac de Miami (MIA).
Un repoussage « non conforme » au cœur de la plainte
Ce jour‑là, un Boeing 777‑300ER d’American, préparé pour le vol AA929 à destination de São Paulo, a heurté la dérive d’un Airbus A321neo de Frontier stationné à la porte opposée. Le gros-porteur d’American était en phase de repoussage dans une « allée » encadrée de postes de stationnement de part et d’autre, configuration fréquente sur les hubs congestionnés où l’enchaînement rapide des départs accroît la complexité des manœuvres au sol. L’A321neo de Frontier, lui, était immobilisé à sa porte en raison d’un programme de régulation des départs alors en vigueur, avec uniquement des membres d’équipage à bord et aucun passager, comme l’avait précisé la compagnie au moment de l’incident.
Dans sa requête, Frontier affirme que son A321neo était « stationné bien à l’intérieur de la zone de stationnement désignée » et que la collision résulte d’un « out of compliance pushback », un repoussage effectué en dehors des tolérances prévues par les procédures d’exploitation. Concrètement, le 777‑300ER aurait empiété sur la zone tampon de sécurité de l’appareil Frontier, avant que l’empennage horizontal du Boeing ne vienne frapper la dérive de l’Airbus.
Six mois d’immobilisation pour l’A321neo de Frontier
La collision a provoqué des « dégâts structurels importants » sur la dérive du monocouloir de Frontier, d’après la plainte et les évaluations techniques réalisées ensuite. Il a été décidé qu’il ne pouvait pas être réparé et devait être entièrement remplacé, ce qui a imposé une immobilisation de longue durée. L’appareil de Frontier n’a ainsi pu revenir en exploitation commerciale que le 4 septembre 2024, soit environ six mois après l’accident, alors que de premières estimations laissaient espérer des réparations en quelques semaines seulement. Pour une low cost à flotte optimisée, la perte d’un A321neo récent pendant un semestre pèse mécaniquement sur le programme de vols, la capacité offerte et les recettes, ce qui explique l’ampleur des demandes d’indemnisation formulées aujourd’hui par la compagnie.
Une indemnisation partielle, un désaccord sur les pertes d’exploitation
Frontier affirme qu’American Airlines a accepté de prendre en charge les frais directs de réparation liés à l’accident, ce qui a donné lieu à un accord partiel conclu en septembre 2025. Mais les deux compagnies n’ont pas réussi à s’entendre sur le reste du préjudice, notamment l’indemnisation de la perte d’usage de l’avion, des profits manqués, des perturbations opérationnelles et des loyers de leasing dus alors même que l’appareil était cloué au sol.
Dans sa plainte, Frontier résume ainsi sa position : « En conséquence directe et immédiate de la conduite d’American, Frontier a subi des dommages substantiels, comprenant les coûts de réparation, la perte d’usage de l’appareil Frontier, des pertes de profits et d’autres dommages opérationnels et consécutifs. » Le transporteur fustige par ailleurs la politique de sécurité de son rival, en l’accusant de « négligence grave » et de déficiences dans la formation et la supervision de ses équipes au sol.
Frontier pointe des problèmes « systémiques » chez American
Frontier ne présente pas l’incident de Miami comme un cas isolé, mais comme le symptôme de failles plus larges dans les procédures de sécurité au sol d’American Airlines. La compagnie à bas coûts évoque ainsi un autre événement survenu en 2024 à l’aéroport de Boston, où un appareil d’American aurait également endommagé un avion Frontier lors d’une manœuvre au sol, sans fournir dans la plainte tous les détails techniques de cet épisode.
assurance a commenté :
11 février 2026 - 11 h 54 min
étonnant que ce litige ne se règle pas par assureurs interposés.