Une panne des portiques de contrôle automatisé des passeports a provoqué samedi matin d’importantes files d’attente à Brussels Airport pour les passagers en provenance de pays hors Schengen. L’incident, survenu dès la veille au soir, rappelle la vulnérabilité d’infrastructures frontalières de plus en plus dépendantes au numérique, alors même que l’aéroport vient d’investir massivement dans la modernisation de son dispositif de contrôle.
Les passagers arrivant de pays extérieurs à l’espace Schengen ont été confrontés samedi matin à de longues files au contrôle des passeports à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, après une panne des e‑gates en zone non‑Schengen. Selon un porte‑parole de l’aéroport, les problèmes ont débuté dès vendredi, vers 18 h 30, entraînant la mise à l’arrêt des portiques électroniques et le basculement de l’ensemble des contrôles vers des files manuelles. Des renforts ont été déployés aux guichets afin de tenter de fluidifier le passage des voyageurs, mais les temps d’attente ont pu atteindre plusieurs dizaines de minutes aux heures de pointe.
Des voyageurs exaspérés par des files interminables
La panne a affecté en premier lieu les contrôles pour les vols en provenance ou à destination de pays hors Schengen, notamment le Royaume‑Uni, l’Amérique du Nord et d’autres destinations long‑courriers. « Tous les passagers, qu’ils soient européens ou non, doivent présenter leurs documents à un agent, ce qui ajoute une couche de vérification et allonge les délais », résume un site spécialisé dans la mobilité internationale.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs voyageurs ont publié des photos des files compactes à Zaventem pour dénoncer des attentes « bien au‑delà des délais habituels » et des risques de correspondances manquées. Les autorités aéroportuaires recommandaient aux passagers des vols non‑Schengen d’arriver au moins trois heures avant le départ et de se rendre au contrôle des passeports sans tarder après l’enregistrement.
Un problème récurrent pour le contrôle aux frontières
Ce n’est pas la première fois qu’une défaillance technique des e‑gates provoque un engorgement des contrôles frontaliers à Brussels Airport. En avril 2025 déjà, une panne des portiques automatisés du pier B avait entraîné des files pouvant aller jusqu’à 70 minutes pour les passagers des vols non‑Schengen, avant un retour à la normale en début d’après‑midi, selon l’aéroport et l’agence Belga.
Ces incidents récurrents soulignent la dépendance croissante des plateformes aéroportuaires à des systèmes numériques complexes pour gérer des flux passagers en hausse, tout en respectant des exigences élevées en matière de sûreté et de contrôle des frontières. Pour les compagnies aériennes et les gestionnaires de programme de voyages, ces pannes se traduisent par un risque opérationnel accru : dégradation de la ponctualité, retards en cascade sur les correspondances et expérience passager dégradée.
Un dispositif pourtant récemment modernisé
La panne intervient alors que Brussels Airport vient d’annoncer la finalisation d’un vaste programme de modernisation du contrôle aux frontières en vue de l’entrée en vigueur du nouveau système européen Entry/Exit System (EES). L’aéroport a investi environ 24 millions d’euros dans l’installation de 61 kiosques biométriques d’enregistrement pour les ressortissants de pays tiers, de 36 nouvelles e‑gates équipées de caméras de reconnaissance faciale et de 12 guichets supplémentaires en arrivées, ainsi que dans l’équipement de 33 postes fixes de nouvelles caméras.
EES, qui doit progressivement remplacer le tamponnage manuel des passeports des ressortissants non européens, enregistrera de façon automatisée les données biométriques et de voyage à l’entrée et à la sortie de l’espace Schengen. Les autorités belges prévoient d’autoriser l’usage des e‑gates à certaines nationalités considérées comme « de confiance », tandis que les citoyens de l’UE continueront à bénéficier de files rapides dédiées. Une fragilité révélatrice de la « frontière intelligente » .
Des spécialistes de la mobilité recommandent déjà aux entreprises de prévoir des marges de correspondance plus confortables à Bruxelles, voire de re‑router certains voyageurs via d’autres hubs européens comme Paris‑Charles‑de‑Gaulle ou Amsterdam‑Schiphol lorsque la situation l’exige.

Taz a commenté :
9 février 2026 - 11 h 24 min
Cet aéroport est une honte: de l’inefficacité de la délivrance de bagages, aux systèmes informatiques toujours en panne, en passant par un personnel peu courtois.
61 e-gates ?? Ou sont-elles ? Il y en a tout au plus 6 au départ, 6 à l’arrivée des ressortissants Schengen et 6 pour les autres. Ah oui, et il ne faut pas croire que toutes sont ouvertes en même temps !