La Polynésie française, avec Tahiti comme principale île, confirme son statut de destination phare du Pacifique Sud. La fréquentation progresse et l’offre se diversifie, mais le modèle touristique fait face à des défis majeurs : capacités d’accueil, coût élevé et durabilité.
Selon l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), le territoire a accueilli 263 000 visiteurs en 2024, un niveau record, contre 261 000 en 2023. Sur les onze premiers mois de 2025, 327 000 visiteurs ont été comptabilisés, soit une progression notable par rapport à la même période de l’année précédente. Également, la durée moyenne de séjour se rapproche de 17 jours, confirmant la tendance à des séjours plus longs et plus denses. Cette hausse globale reflète une dynamique positive pour la destination, notamment pour les vacances lointaines et les voyages de noces.
Les marchés principaux restent concentrés : les États-Unis représentent environ 44% des arrivées, suivis de la France métropolitaine à 33%. La clientèle américaine, longtemps dominante, montre cependant des signes de recul, avec une baisse des réservations observée pour le début 2026. Elle devrait remonter à l’été, avec United Airlines qui va inaugurer une liaison régulière San Francisco-Papeete le 29 juin prochain, à raison de cinq vols hebdomadaires. En parallèle, d’autres marchés se développent, comme l’Australie (+36% de réservations) ou la Chine, dont un vol charter (Pékin-Papeete opéré par Air Tahiti Nui) est attendu aujourd’hui 17 février, premier jour du nouvel an lunaire, avec 308 touristes chinois.
Tahiti, porte d’entrée des cinq archipels et 118 îles
Tahiti, porte d’entrée de la Polynésie française, accueille la majorité des arrivées via l’aéroport international Papeete-Faa’a. Les visiteurs y découvrent le marché de Papeete, les plages de sable noir, les cascades comme celle de Faarumai ou les randonnées vers le mont Aorai. L’île sert souvent de base pour un premier séjour avant de rejoindre les destinations voisines.
À une trentaine de minutes en ferry, Moorea propose des lagons turquoise, le belvédère offrant une vue sur les baies de Cook et d’Opunohu, des plantations d’ananas et des activités comme le snorkeling ou les balades en quad. Bora Bora, à environ 50 minutes d’avion de Tahiti, attire particulièrement pour son lagon, la plage de Matira et le mont Otemanu. Les bungalows sur pilotis y sont emblématiques, même si l’île concentre une forte pression touristique (jusqu’à 13 touristes par habitant), ce qui interroge la capacité d’accueil à long terme.
Les îles Sous-le-Vent (Raiatea, Taha’a, Huahine) complètent l’offre avec des sites culturels, dont le marae Taputapuātea à Raiatea, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans les Tuamotu, Rangiroa et Fakarava sont réputées pour la plongée, cette dernière abritant également une réserve de biosphère. Les Marquises, plus éloignées, séduisent par leur relief montagneux et leur patrimoine culturel, également reconnu par l’UNESCO. Au total, la Polynésie compte cinq archipels et 118 îles, dont trois sites inscrits au patrimoine mondial, offrant un large choix de séjours et de vacances à la carte.
Voyage de noces : romance, bungalows sur pilotis et eaux turquoise
Très apprécié, le voyage de noces en Polynésie française séduit une clientèle internationale : métropolitaine, italienne, allemande, américaine, asiatique, etc. Les jeunes mariés apprécient l’atmosphère romantique de la destination, avec ses lagons turquoise, ses bungalows sur pilotis et ses massages à même la plage. Cependant, avec les archipels et multiples îles dispersés, l’organisation d’un séjour nécessite une préparation minutieuse. Il est fortement conseillé de passer par une agence de voyages pour les réservations en amont, notamment pour sécuriser les hébergements très demandés (surtout les bungalows sur pilotis emblématiques), les vols intérieurs avec Air Tahiti et les transferts inter-îles (avions, ferries, bateaux ou navettes privées). Réserver son voyage via des spécialistes du séjour organisé comme Les Maisons du Voyage permet d’éviter les imprévus et de profiter pleinement de la diversité polynésienne sans stress logistique.
Parmi les réceptifs reconnus, l’agence locale Terres Polynésiennes byNativ se distingue par son expertise 100 % polynésienne. Elle propose des circuits clés en main couvrant Tahiti, Moorea, Bora Bora, les Tuamotu, les Marquises et d’autres archipels. Ses conseillers, natifs du territoire, garantissent une organisation huilée pour les voyages de noces ou les séjours multi-îles, offrant une large gamme d’activités (plongée, randonnées, rencontres locales, croisières). En tant que réceptif, Terres Polynésiennes byNativ ne vend pas de billets d’avion, que le voyageur doit réserver lui-même en ligne.
Vols avec escale : transit obligatoire aux États-Unis
Aucun vol direct sans escale n’existe actuellement la France et Papeete : toutes les liaisons aériennes incluent au moins une escale sur la côte ouest des États-Unis. Air France et Air Tahiti Nui opèrent des vols réguliers toute l’année au départ de Paris-Charles de Gaulle, avec une escale à Los Angeles. French Bee, compagnie low-cost, opère depuis Paris-Orly via San Francisco. Le transit aux États-Unis impose descente d’avion, avec passage à l’immigration (ESTA obligatoire pour les Français), contrôle de sécurité et réembarquement, allongeant le voyage à 20-24 heures. Ces contraintes sur le territoire américain et l’absence de vols directs contribuent au coût élevé et à la durée du voyage (environ 20 à 24 heures au total), éléments cités par ailleurs parmi les freins au développement touristique depuis la métropole.
Les prix des billets aller-retour varient sensiblement en fonction de la saison et de la flexibilité des dates. Selon les comparateurs tarifaires, les tarifs les plus bas se situent bien entendu en basse saison (notamment en mars ou février), autour de 1 200 à 1 500 euros le billet d’avion aller-retour en classe Économique. Des offres ponctuelles descendent parfois sous les 1 000 euros, mais les prix montent rapidement en haute saison (juillet-août, fêtes de fin d’année).
Un pilier économique sous pression
Le tourisme polynésien, qui pèse environ 10% du PIB local et génère plus de 100 milliards de francs CFP (soit 838 millions d’euros) de recettes annuelles, hors transport aérien, doit faire face à des enjeux importants. Les hôtels ont enregistré en 2025 un chiffre d’affaires en léger recul malgré la hausse de la fréquentation (+5%), en raison notamment de la concurrence des meublés de tourisme type Airbnb et d’une baisse du prix moyen des nuitées.
Interrogé par la chaîne 1ere.Franceinfo, Christophe Guardia, co-président du syndicat des hôteliers et directeur du Tahiti Pearl Beach Resort, met en garde : « Cette manne [post-Covid, ndlr] est terminée donc maintenant il faut compter sur nos propres moyens et nos vrais attraits pour continuer à faire venir les touristes. Il ne faut pas qu’on s’endorme sur nos lauriers. » Il pointe aussi le recul des réservations hôtelières pour 2026 (-3,5% sur le premier semestre) et la nécessité de diversifier les marchés, notamment vers l’Asie.
Éviter le tourisme de masse et répartir les retombées
D’autres contraintes apparaissent : près de 18% du parc hôtelier sera indisponible en 2026 pour cause de rénovations. La destination reste chère, et la desserte aérienne limite encore la croissance de certains marchés comme la France. En effet, pour un touriste français, le coût de la vie sur place reste élevé, environ 25 à 35 % supérieur à celui de la métropole selon les sources récentes (2025-2026). Les dépenses quotidiennes (hébergement, repas, transports et activités) varient fortement : un budget modeste peut tourner autour de 100-150 € par jour et par personne (pensions familiales, roulottes locales), tandis qu’un séjour confortable ou luxueux dépasse souvent 250-400 € par jour, notamment avec les hôtels et excursions.
Par ailleurs, la pression touristique est forte sur certaines îles, et le secteur doit éviter le tourisme de masse. La stratégie « Fāri’ira’a Manihini 2027 », élaborée de manière participative, vise à placer la population au cœur du développement, à mieux répartir les retombées entre archipels et à renforcer la durabilité environnementale et culturelle.
L’agence Tahiti Tourisme explore de nouveaux segments : tourisme d’aventure, clientèle asiatique via le Japon ou des charters chinois, et communication et marketing en Australie. Hironui Johnston, directeur des opérations internationales de l’agence, rappelle cependant que le développement touristique doit se faire « à notre rythme », en préservant l’authenticité et l’environnement. Un guide des gestes et recommandations pour un tourisme inclusif et durable a d’ailleurs été diffusé auprès des professionnels du voyage des marchés émetteurs.
Le tourisme reste le principal moteur de croissance économique de la Polynésie française. Sa capacité à s’adapter, en diversifiant ses clientèles et en intégrant pleinement les attentes locales et environnementales, déterminera sa trajectoire dans les prochaines années, qu’il s’agisse de courts séjours, de grands voyages ou de vacances au long cours.

@Air Tahiti
GVA1112 a commenté :
17 février 2026 - 13 h 12 min
Un A350-10000 ULR type Sunrise sous les couleur d’AF ou Air Tahiti… vols direct sans passer par la case “Oncle SAM MAGA..”, le rêve avant la visite de ses iles de rêves.
Mais attention au Sur tourisme, préservons ensemble ce patrimoine national et magnifique pour nos enfants, petits enfants et les suivants..
Raphael a commenté :
17 février 2026 - 13 h 54 min
N’y a-t-il vraiment aucune alternative à l’escale à LAX ? Je pense en particulier à l’Amérique centrale ou bien aux Antilles. Trop éloigné du trajet le plus court je suppose ?
Manfou a commenté :
17 février 2026 - 16 h 00 min
Vancouver ou Mexico sont une alternative. Mais par contre ce serait au détriment de la clientèle américaine importante en Polynésie