Qantas accélère la mise en œuvre de son « Project Sunrise » : le deuxième Airbus A350‑1000ULR destiné à ces liaisons ultra-long-courriers est désormais en assemblage final à Toulouse, tandis que le premier appareil entre dans une phase avancée d’essais au sol en vue de ses premiers vols d’essai. Ces appareils doivent permettre à la compagnie australienne d’ouvrir, à partir de 2027, des vols sans escale de près de 22 heures entre la côte est de l’Australie, Londres et New York, redessinant la carte du long-courrier mondial.
Le deuxième Airbus A350‑1000ULR de Qantas a rejoint la chaîne d’assemblage final d’Airbus à Toulouse, où sections de fuselage, ailes et empennage vertical ont été réunis, marquant une étape clé de l’intégration structurelle avant le début des essais systèmes. Cette annonce via le compte LinkedIn de Qantas intervient alors que le premier appareil du programme « Project Sunrise » a quitté la ligne d’assemblage initiale en novembre et se trouve désormais en phase avancée de tests au sol, en préparation de son programme d’essais en vol dans les prochains mois.
Selon plusieurs sources australiennes, cette montée en cadence coordonnée permet pour l’instant de maintenir le calendrier global du programme, avec une première livraison attendue fin 2026. Qantas prévoit ensuite de lancer en 2027 des liaisons commerciales sans escale au départ de la côte est australienne vers Londres et New York, qui deviendraient les plus longs vols commerciaux réguliers au monde. Qantas n’a pas encore dévoilé quelle ville – Londres ou New York – inaugurera la première liaison sans escale au départ de l’Australie.
Un A350‑1000ULR taillé pour l’ultra long-courrier
Pour atteindre des durées de vol allant jusqu’à 22 heures, l’A350‑1000ULR de Qantas reçoit des aménagements spécifiques, à commencer par un réservoir supplémentaire de 20 000 litres dans la partie arrière du caisson central, ainsi que des systèmes optimisés pour les opérations à très long rayon d’action. Le constructeur et la compagnie indiquent que cette architecture permet de couvrir sans escale les liaisons depuis Sydney ou Melbourne vers l’Europe et l’Amérique du Nord, tout en conservant des marges opérationnelles.
Qantas affirme que ces nouveaux vols directs permettront de réduire jusqu’à quatre heures les temps de trajet actuels entre l’Australie et l’Europe ou l’Amérique du Nord, en supprimant l’escale intermédiaire et les correspondances. À l’échelle du réseau long‑courrier, l’arrivée de l’A350‑1000ULR s’inscrit dans une profonde réorganisation de la flotte, marquant un basculement progressif d’un long‑courrier majoritairement opéré par Boeing vers une structure dominée par Airbus.
Une cabine à 238 sièges et une « Wellbeing Zone »
La cabine de l’A350‑1000ULR a été conçue « depuis la feuille blanche » pour les vols extrêmes de Project Sunrise, avec comme fil conducteur le confort et la santé des passagers. Chaque A350-1000 comportera un total de 238 sièges répartis en quatre classes : six luxueuses suites de Première classe (en 1+1+1), 52 sièges-lits en classe Affaires (1+2+1), 40 sièges en classe économique Premium (2+4+2) et 140 sièges en classe économique (3+3+3). La configuration de la classe économique offrira un espacement plus spacieux de 84 cm, supérieur à la norme actuelle de nombreuses compagnies aériennes, offrant ainsi aux passagers un confort accru sur ces longs vols.
Une zone de bien‑être (« Wellbeing Zone ») dédiée sera aménagée entre les cabines Premium Economy et Économie, accessible à tous les passagers, avec poignées d’étirement, programmes d’exercices guidés sur écran, station d’hydratation et assortiment de rafraîchissements.
Le bien‑être au cœur du concept cabine
Qantas insiste sur le fait que « chaque élément de la cabine a été développé spécifiquement pour les opérations ultra long-courrier, le bien-être des passagers constituant le principe central de conception ». La compagnie a travaillé avec le Centre Charles Perkins de l’université de Sydney, des spécialistes du design et de la gastronomie pour intégrer éclairage étudié, séquences de service, rythmes de repas et consignes d’activité physique visant à atténuer les effets du jetlag.
Les vols d’essai « Project Sunrise » réalisés en 2019, avec des passagers volontaires équipés de capteurs, ont servi de laboratoire pour affiner ces protocoles de sommeil, d’alimentation et de mouvement en cabine. Pour Qantas, la réduction du nombre de sièges et la création de cette zone de bien‑être doivent permettre de « transformer la façon dont les passagers vivent l’ultra long‑courrier », dans un marché où les différences se jouent de plus en plus sur l’expérience plutôt que sur le seul temps de vol.
Mise en service, formation équipage et enjeux pour le long‑courrier
Avant d’être engagés sur les liaisons emblématiques vers Londres et New York, les premiers A350‑1000ULR de Qantas devraient être utilisés sur des vols plus courts, notamment vers la Nouvelle‑Zélande, afin de permettre la montée en compétence des équipages et la validation opérationnelle des procédures spécifiques à ces durées extrêmes. Cette phase de rodage, combinée à un programme d’essais en vol jugé « intensif » à partir de 2026, conditionnera le respect de l’échéance de 2027 pour l’ouverture des routes Sunrise.

Aucun commentaire !