Les passagers de l’aéroport de London Southend peuvent désormais emporter jusqu’à deux litres de liquides en bagage cabine et laisser leurs appareils électroniques dans leur sac, grâce à l’installation de nouveaux équipements de contrôle C3.

Cette évolution s’inscrit dans le vaste programme britannique de modernisation des contrôles de sûreté, qui voit progressivement disparaître la contrainte emblématique des flacons de 100 ml dans plusieurs aéroports du pays.

Un nouvel aéroport londonien passe au « 2 litres »

London Southend Airport annonce la mise en service de postes de contrôle de sûreté dotés d’équipements de type C3, basés sur l’imagerie 3D par tomographie, permettant de relever le plafond des liquides en cabine à deux litres par passager. Dans le même temps, les voyageurs n’ont plus à sortir leurs ordinateurs portables, tablettes ou autres appareils électroniques de leur bagage à main lors du passage au contrôle.

L’aéroport, présenté comme l’un des plus dynamiques du réseau britannique avec une forte croissance de ses vols et de nouvelles lignes easyJet annoncées pour l’été 2025, se positionne ainsi parmi les plateformes pionnières de la région de Londres à adopter intégralement ces nouveaux systèmes. Marc Taylor, directeur général par intérim de London Southend, se félicite de cette avancée : « Nous sommes déterminés à offrir à nos passagers l’expérience de voyage la plus sûre et la plus opérationnellement efficace qui soit et sommes ravis de faire partie des rares grands aéroports londoniens à avoir franchi cette étape dans notre service de sûreté. »

Des scanners C3 au cœur de la nouvelle doctrine de sûreté

Les équipements C3 s’inscrivent dans la catégorie des scanners CT (computed tomography), capables de générer une image volumétrique en 3D du contenu des bagages cabine, bien plus détaillée que les images 2D des systèmes traditionnels. Cette précision accrue permet aux équipes de sûreté d’identifier plus rapidement les menaces potentielles, tout en réduisant le besoin de sortir liquides et électroniques, ce qui contribue à fluidifier les files d’attente.

Le ministère britannique des Transports rappelle que « le processus de contrôle des passagers fait l’objet d’améliorations constantes, et l’introduction de cette nouvelle technologie pour les bagages cabine aidera les aéroports à rendre ces contrôles aussi efficaces que possible ». Cette modernisation fait partie d’un programme national estimé à près d’un milliard de livres, lancé en 2024 et visant un déploiement complet des nouveaux systèmes de sûreté d’ici à mi‑2026 dans l’ensemble des aéroports concernés.

La fin des 100 ml : un déploiement encore inégal au Royaume-Uni

Avec Southend, plusieurs grands aéroports britanniques, comme Heathrow, Birmingham ou Édimbourg, ont déjà obtenu le feu vert des autorités pour relever la limite de liquides à deux litres dans les bagages cabine dès lors que les scanners CT sont pleinement opérationnels. À Heathrow, qui revendique être le plus grand aéroport au monde doté de cette technologie sur l’ensemble de ses terminaux, les voyageurs peuvent garder leurs liquides jusqu’à deux litres dans leur sac, sans sacs plastiques transparents ni retrait des appareils électroniques.

Le déploiement demeure toutefois progressif et crée une certaine mosaïque de règles : certains aéroports, comme Manchester ou Luton, maintiennent encore des limitations plus strictes tant que leurs équipements ne sont pas homologués par le Department for Transport. Les autorités britanniques insistent donc sur la nécessité pour les passagers de vérifier, avant chaque voyage, les règles de l’aéroport de départ, au risque de devoir abandonner des contenants de plus de 100 ml dans les plateformes qui n’ont pas encore basculé vers le nouveau standard.

London Southend met en garde les voyageurs : de nombreux aéroports à l’étranger n’ont pas encore installé ces technologies, ni adopté les mêmes règles sur les liquides. Les passagers arrivant au Royaume-Uni depuis d’autres pays doivent donc s’informer auprès de leur compagnie aérienne et de l’aéroport de départ pour connaître les contraintes applicables au vol retour.

Corps entiers scannés : entre efficacité et débats sur la vie privée

L’upgrade de la sûreté à London Southend ne concerne pas seulement les bagages cabine : l’aéroport annonce la généralisation de scanners corporels pour l’ensemble des passagers. Ces dispositifs, déjà présents depuis plusieurs années dans de grandes plateformes britanniques, permettent de détecter sur le corps des objets qui échapperaient à un portique métallique ou à une fouille superficielle, renforçant ainsi la détection d’armes ou d’explosifs.

L’usage de scanners corporels n’est toutefois pas exempt de controverses. Des organisations de défense des droits civiques ont régulièrement dénoncé le caractère potentiellement intrusif de ces images, invoquant des atteintes à la vie privée et à la dignité, notamment lorsque les systèmes produisent une représentation détaillée du corps. Les autorités britanniques avancent de leur côté des garanties techniques – anonymisation des images, impossibilité de les sauvegarder ou de les transmettre – et insistent sur la nécessité de ces dispositifs pour faire face à l’évolution de la menace dans le transport aérien.

London Southend, un petit aéroport qui veut jouer dans la cour des grands

Au‑delà de la seule dimension sécuritaire, l’investissement dans les scanners C3 et les body scanners s’inscrit dans la stratégie de montée en gamme de London Southend. L’aéroport met en avant un « parcours terminal rapide et fluide », avec une station ferroviaire intégrée, des temps de correspondance raccourcis et une croissance annoncée de 133% des vols par rapport à l’été 2024, portée notamment par la reprise et le renforcement des opérations d’easyJet.

Dans un environnement londonien très concurrentiel, où Heathrow, Gatwick, Luton, Stansted et City investissent eux aussi dans la prochaine génération de contrôles de sûreté, Southend entend capitaliser sur la combinaison d’une technologie de pointe et d’une expérience passager présentée comme plus simple et plus « humaine » que dans les grands hubs saturés. 

Liquides jusqu’à 2 litres en cabine : London Southend déploie les scanners C3 1 Air Journal

©Southend Airport