Le motoriste britannique Rolls-Royce a signé une année 2025 exceptionnelle, avec une hausse de 40% de son bénéfice d’exploitation sous-jacent, porté par la performance de sa division aéronautique civile et des économies issues de sa profonde transformation engagée depuis deux ans.
Selon les résultats publiés le 26 février 2026, le groupe a dégagé un bénéfice d’exploitation ajusté de 3,5 milliards de livres sterling (4,3 milliards d’euros), contre 2,4 milliards de livres (2,9 milliards d’euros) en 2024. « Nous atteignons désormais des performances qui étaient jusque-là hors de portée. Grâce à notre état d’esprit renouvelé et à nos nouvelles capacités, nous avons su surmonter les défis liés à la chaîne d’approvisionnement et aux politiques tarifaires, tout en posant les bases d’une croissance durable », s’est félicité Tufan Erginbilgic, directeur général du motoriste britannique.
Objectif 2026 : encore une année record en vue
Rolls-Royce vise, pour 2026, un bénéfice d’exploitation compris entre 4,0 à 4,2 milliards de livres (4,7 à 4,9 milliards d’euros). Le groupe estime qu’il atteindra d’ici deux ans les objectifs initialement fixés à moyen terme pour 2028 — preuve, selon la direction, de la vitesse de redressement du groupe. Cette performance s’explique aussi par la progression des marges contractuelles sur les moteurs civils et une reprise complète de l’activité après-Covid, notamment autour des familles Trent XWB-97 et Trent 7000, équipant respectivement les Airbus A350-1000 et A330neo.
Le cœur de métier de Rolls-Royce — la propulsion aéronautique civile — a vu son bénéfice d’exploitation ajusté grimper à 2,6 milliards d’euros en 2025, soit 41% de plus qu’en 2024. La firme a livré 483 moteurs au total, dont 259 gros moteurs pour avions long-courriers et 224 moteurs destinés à l’aviation d’affaires. Si le nombre de livraisons totales recule de 9% sur un an, Rolls-Royce indique que cette baisse découle des difficultés persistantes des chaînes d’approvisionnement, partagées avec d’autres acteurs du secteur comme Airbus, Safran ou Pratt & Whitney.
En parallèle, la demande reste soutenue : 638 gros moteurs ont été commandés en 2025, contre 494 l’année précédente, grâce notamment aux commandes de Riyadh Air, IndiGo et du groupe IAG, maison mère de British Airways. Le carnet de commandes atteint désormais 2 207 moteurs, en hausse de 20% sur un an.
Une fiabilité accrue pour les moteurs Trent
Rolls-Royce poursuit par ailleurs un vaste programme baptisé Time on Wing, visant à doubler la durée de vie en service des moteurs Trent actuellement en production d’ici fin 2027. Plus de la moitié de cet objectif aurait déjà été atteint, selon l’entreprise. Le motoriste a précisé que le programme spécifique de prolongation de durée de vie du Trent XWB-84, utilisé par l’Airbus A350-900, sera achevé en 2026. Ce chantier d’amélioration vise à renforcer la disponibilité opérationnelle des flottes clients et à réduire les coûts de maintenance.
Pour 2026, Rolls-Royce prévoit également que les heures de vol des gros moteurs atteindront 115 à 120% des niveaux de 2019, avec 550 à 600 livraisons et jusqu’à 1 550 passages en atelier.
Le pôle défense, qui fournit notamment les moteurs des avions de transport militaires et des sous-marins nucléaires britanniques, a généré un bénéfice d’exploitation de 933 millions de dollars, soit 9% de plus qu’en 2024.

Bencello a commenté :
27 février 2026 - 14 h 39 min
Le redressement de RR est spectaculaire. Après avoir enchainé les pertes et les licenciements pendant des années, en 3 ans l’entreprise est revenue dans la course aux motoristes.
Avec en ligne de mire, d’après le CEO, le retour sur le marché des moteurs des monocouloirs pour la prochaine génération.
Le programme ToW va permettre de soutenir les ventes de l’A350, qui affiche déjà des taux de disponibilité remarquables. RR qui a pu être un frein à certaines commandes d’Airbus, va-t-il devenir un atout ?