Près de 250 élus nationaux et locaux, issus de tous les horizons politiques, montent au créneau. Dans une tribune publiée le 18 février dans Le Monde, ils exigent l’abandon immédiat du projet d’optimisation et d’extension de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle (Roissy-CDG). Parmi eux, une cinquantaine d’élus de Seine-Saint-Denis, notamment les maires d’Épinay-sur-Seine, de L’Île-Saint-Denis et de Stains. À leurs yeux, ce plan de 6 milliards d’euros tourne le dos aux engagements climatiques de la France.
De son côté, Groupe ADP (Aéroports de Paris) défend ce programme depuis la fin 2025, dans le cadre du contrat de régulation économique 2027-2034. L’objectif affiché est de faire passer la capacité de Roissy de 76 millions de passagers (fin 2024) à 90 millions par an à l’horizon 2034-2035, soit 14 millions de voyageurs supplémentaires.
Le tout sans construire de nouvelle piste ni ressusciter le Terminal 4, abandonné en 2021 pour des raisons environnementales. Le gestionnaire mise sur la densification et l’optimisation des installations existantes :
-Extension de satellites et de zones d’embarquement (en particulier aux terminaux 2E et 3)
-Création de nouveaux postes de stationnement, à distance ou au contact
-Renforcement des contrôles frontières et des systèmes bagages
-Aménagements modulaires pour améliorer la fluidité des passagers
Groupe ADP prévoit une augmentation modérée du trafic, avec +7% de mouvements d’avions par rapport à 2019, soit environ 34 000 vols supplémentaires par an selon ses estimations. Le groupe promet parallèlement une baisse de 23% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035, grâce à la modernisation des infrastructures et au recours aux carburants d’aviation durables.
Au total, l’enveloppe d’investissement atteint 8,4 milliards d’euros sur huit ans pour les aéroports parisiens, dont une part majeure consacrée à Roissy.
Pourquoi les élus disent non
Pour les signataires de la tribune, portée par Eugénie Ponthier, présidente du Collectif d’élus pour le climat contre le Terminal 4, et le député Romain Eskenazi (Val-d’Oise), ce projet constitue un « contresens historique ».
Ils avancent plusieurs critiques :
-Impact sur la santé et la qualité de vie : les riverains – des millions de Franciliens sous les trajectoires aériennes – subiraient, selon leurs calculs, 74 000 vols supplémentaires par an, soit 200 avions de plus par jour. Ils redoutent une explosion des nuisances sonores et de la pollution de l’air.
-Incompatibilité climatique : à rebours du discours d’ADP, une étude de l’ONG Transport & Environnement anticipe une hausse des émissions de CO₂ jusqu’en 2034. Les opposants estiment que le projet contrevient à l’accord de Paris.
-Modèle économique dépassé : ils dénoncent un choix consistant à « sacrifier la santé au profit d’un toujours plus d’avions ».
Les élus signataires de la pétition réclament notamment :
-Un plafonnement immédiat du nombre de vols, aligné sur les objectifs climatiques
-La suppression totale des vols de nuit
-L’abandon pur et simple du projet
-Une pétition en ligne recueille déjà près de 30 000 signatures.
Un débat qui fait écho au passé
Paris-CDG est loin d’en être à sa première polémique. En 2021, le gouvernement avait déjà enterré le projet de Terminal 4, face à la mobilisation d’élus et d’associations. Les opposants considèrent aujourd’hui que le nouveau plan, présenté comme plus « sobre », n’est qu’une extension déguisée.
Groupe ADP met en avant, de son côté, la nécessité de préserver la compétitivité du premier aéroport français, hub d’Air France-KLM, ainsi que les 90 000 emplois directs du site, tout en affirmant engager l’aéroport dans la transition écologique.
Le gouvernement et le régulateur sont désormais appelés à trancher. La tribune transpartisane, qui dépasse largement le seul périmètre de la Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise, confirme que le sujet reste hautement sensible à l’approche des prochaines échéances électorales locales.
Habitants, voyageurs et salariés de la plateforme attendent désormais des décisions claires : jusqu’où la France est-elle prête à faire croître son principal aéroport tout en respectant ses objectifs climatiques ? Le débat est relancé.

@AJ/DR
Pas si Cool a commenté :
1 mars 2026 - 11 h 43 min
La première action que devraient faire ces députés, c’est de décourager les français à prendre l’avion.
Mais comme en France, c’est plus facile d’interdire que de convaincre et que tous les français pensent d’abord à leur droits avant de penser à leur devoirs de citoyens .
Quand je lis que 130’000 français vont en Australie (à l’autre bout du monde) chaque année, quel est le bilan écologique de ces français .. pire que de moderniser un aéroport.
Roberto a commenté :
1 mars 2026 - 14 h 06 min
« Quand je lis que 130’000 français vont en Australie (à l’autre bout du monde) chaque année, quel est le bilan écologique de ces français .. pire que de moderniser un aéroport. »
Et tu voulais qu’ils y aillent comment? À dos d’âne, de chameau? Et même si ils voulaient (pour se donner bonne conscience) il y’a les associations de défense des animaux qui monteraient au créneau. On est encore en France avec la liberté de déplacement et je n’ai pas à rougir ni culpabiliser d’utiliser l’avion pour aller aux quatre coins du globe si l’envie m’enchante
jeloag a commenté :
2 mars 2026 - 18 h 39 min
Entièrement d’accord, je ne vais pas me priver de voyager pour quelques illuminés qui ne savent pas de quoi ils parlent.
Je serais curieux de savoir où et comment ils passent leurs vacances, c’est à cause de tels abrutis que la france s’enfonce jour après jour et ne s’en relèvera jamais.
Les écolos ne devraient pas exister et les politicards devraient arrêter de les suivre pour gagner des voix.
@ Pas si cool a commenté :
1 mars 2026 - 14 h 10 min
Un bilan écologique ne saurait EN AUCUN CAS se limiter a des déplacements aériens.
Cela va du pot de yaourt que vous consommez, à tous les plastiques et matériaux que vous utilisez au quotidien (comme votre ordinateur ou votre smartphone).
Votre voiture, les déplacements en transport en commun…les croisières….les aliments et biens d’équipements qui viennent en navires conteneurs depuis l’autre bout de la planète…
Alors oui, interdisons tout et ne vivons plus !
Bref la liste est sans fin.
Mais certains aiment leurs oeillères confortables, qui leur permettent de se focaliser uniquement sur l’aérien et faire preuve de cécité sur tout le reste…
Quant à ces “fameux” élus, chiche…qu’on les blackliste pour l’aérien…
(Ce sont parfois les mêmes qui critiquent hypocritement mais qui voyagent confortablement en first ou business).
D’autre part, sen prendre à ses concitoyens de rendant en Australie, c’est quoi le problème ? Jalousie parce que vous ne quittez pas vos pantoufles ?
La France est le premier pays en nombre de touristes dans le monde.
Que leur dites vous à tous ceux – là ?
Rentrez chez vous ?
Je trouve mesquin, facile et très lâche de sen prendre à une catégorie de ses concitoyens ! ! !
Vous avez choisi un pseudo qui vous va comme un gant !
Bien vu... a commenté :
1 mars 2026 - 18 h 15 min
“L’arbre qui cache la forêt”…Joli résumé de tous les aspects de notre vie quotidienne qui mériteraient d’être pris en compte lorsque l’on évoque la pollution, ses effets délétères sur la flore, la faune, les océans, la couche d’ozone, les maladies respiratoires…
Personne ne se penche semble-t-il, sur ces camions qui encombrent les routes, et dont les conséquences (voir la vallée de Chamonix, mais pas seulement) sur les habitants ne sont jamais vraiment prises en compte à hauteur de leurs effets néfastes.
Si l’on y ajoute le “flygkskam” Suédois, cette honte de prendre l’avion (?), et les attaques récurrentes des lobbies écologistes qui ne savent qu’attaquer, interdire, bloquer… bref, dicter à nos concitoyens comment il faut “bien se conduire”, en matière de logement, nourriture, achat de vêtements, jouets, voitures, déplacements… il devient difficile aujourd’hui d’envisager de grands projets, et ce, même si les contreparties, garanties de toutes sortes, garde-fous et contraintes réglementaires permettent d’établir un équilibre précis entre les aspects bénéfiques du projet, et les éventuelles conséquences auxquelles il faudra veiller.
Si la croissance à tout prix a vécu, la décroissance ne doit pas pour autant têtre le seul mantra de notre société.
Et le problème, c’est que dans notre pays, celui qui est “contre” les projets, l’augmentation, l’accroissement, le développement (même modérés) braille toutjours plus fort que celui qui considère que ne pas avancer, c’est faire du sur-place, et pire, parce que c’est la suite logique, c’est reculer.
Du coup, imprégné d’idées culpabilisantes, je me pose cette question : j’ai prévu un voyage à Naples au printemps… Avion ? Train ? Voiture ? Moto ? Vélo ? Co-voiturage ? Auto-stop ? Ou bien je renonce et je vais visiter une de nos belles villes de France ?
Ben non : des milions de touristes viennent nous voir, pourquoi n’aurais-je pas le droit (oui, le droit) d’aller visiter la Spaccanapoli, le Palazzo reale, et faire le tour du Vésuve ?
Bertlondon a commenté :
14 mars 2026 - 21 h 27 min
@ Pas si cool: Donc, vous voulez que les Français arrêtent de voyager pendant que le reste du monde continue à toujours plus prendre l’avion ? Mais alors, quel sera l’impact pour la planète ? Je vais vous le dire : l’impact sera N-U-L. On se sera juste encore davantage enfoncé dans le déclassement, donc appauvri, et par ricochet notre poids politique continuera de sombrer. Ceux qui pensent naïvement que le climat va changer parce que les Français arrêtent de prendre l’avion, ont-ils en fait compris quelque chose au poids de notre pays dans le climat du monde ? Ceux qui pensent que ça aura un impact sur le climat car les Français ont le devoir de montrer au reste du monde le chemin à suivre (oui car nous sommes “la-France-le-pays-des-droits-de-l’Homme”)… Ne seraient-ils pas un peu naïfs ? Voire même arrogants de penser une chose pareille ? Enfin, ceux qui pensent que, peu importe si le reste du monde suit, mais on se DOIT de faire quelque chose pour la planète, ne seraient-ils pas mieux inspirés de réfléchir à une action vraiment plus efficace pour la planète ?
GAST CDG a commenté :
1 mars 2026 - 13 h 04 min
Il y a une erreur de chiffre dans l’article:
Fin 2024 le trafic passager à CDG était de 70,3 millions et fin 2025 (non cité dans l’article) 72 millions: chiffres officiels DGAC
Alain Nguyen a commenté :
1 mars 2026 - 13 h 29 min
Bonjour, il s’agit de la capacité et non du nombre de passagers accueillis.
Bubu a commenté :
1 mars 2026 - 14 h 40 min
Bonjour. Si extension il y aurait, forcément ce serait pour viser une augmentation du trafic,qui ainsi viendrait amortir la dépense occasionnée. Sinon à quoi bon!?
Bubu a commenté :
1 mars 2026 - 14 h 23 min
Il est plus rassurant de dire que ce sont quelques élus franciliens qui s’opposent à l’extension de CdG plutôt que dire que de toute façon aucun élu non-francilien et représentant en tout premier les plus grandes métropoles qui de cette extension n’en veulent pas,bien sûr au nom de l’aménagement du territoire, l’augmentation du trafic devant ainsi se fait au seul profit des aéroports en région. En clair, la France dit non à Paris.
Bertlondon a commenté :
14 mars 2026 - 20 h 59 min
@Bubu “la France dit non à Paris” ? Pas si sûr. Certes, 8,4 milliards d’investissements sur 8 ans pour les aéroports parisiens, c’est énorme et ça peut susciter qq incompréhensions. Ca fait plus de 1 milliard/ an, et cela paraît disproportionné par rapport aux besoins existants en province. Si je prends comme exemple l’aéroport de Nantes, calibré pour accueillir 3M de passagers et qui en accueille 7M, dans quelques années peut-être 9 ou 10, et qui doit se contenter d’une plateforme dépassée datant du 20e siècle: c’est sans doute près de 1 milliard qu’il faudra mettre sur la table pour remettre à niveau l’aéroport principal de l’Ouest, mais on sait très bien qu’on aura, à l’heure venue, les mêmes élus s’opposant à ces investissements pourtant nécessaires (et dont ils sont eux mêmes responsables suite à l’abandon du projet NDDL). Mais ces gens-là ne sont pas à une contradiction près. Et il y a d’autres besoins de modernisation en province, en cours ou à l’étude: Bordeaux, Lille, Nice… Il ne faut pas opposer les projets de ces métropoles à Paris, mais privilégier un financement privé me paraît normal.
Nico a commenté :
1 mars 2026 - 16 h 18 min
250 trouduc qui vont faire leur loi devant des millions de voyageurs, des centaines de milliers d’employers et des milliards pour l’économie locale.
Des champions ceux là.
Superecolo a commenté :
1 mars 2026 - 16 h 31 min
Chers amis écologistes, vous vous trompez de combat.
En effet réduire la croissance de CDG n’a aucun impact sur le climat.
Il faut taper à la source. Demandez la fermeture d’Airbus. S’il n’y a plus d’avion, plus besoin d’agrandir des aéroports !
Réduire le trafic à Paris n’a aucun sens, si l’on vend des avions qui iront polluer partout dans le monde…
Tant que j’y suis, arrêtez de taper des bêtises sur votre clavier, ça crée du CO2.
D’ailleurs, je m’arrête là 😜
niet a commenté :
2 mars 2026 - 13 h 43 min
Le premier contre-sens historique, ce sont ces élus… qui vont finir dans les poubelles de l’histoire… Bref, aucun intérêt…