L’Arabie saoudite va injecter 2 milliards de dollars dans la modernisation du transport aérien syrien, avec en ligne de mire la remise à niveau des aéroports d’Alep et le lancement d’une nouvelle compagnie aérienne à bas coût.
Selon le ministre saoudien de l’Investissement Khalid al‑Falih, Riyad va mobiliser 7,5 milliards de riyals saoudiens, soit environ 2 milliards de dollars, pour développer deux aéroports dans la ville d’Alep, dans le nord de la Syrie. Le projet sera réalisé par étapes et doit permettre de remettre à niveau des infrastructures gravement endommagées par plus d’une décennie de guerre civile. Ces investissements s’inscrivent dans un programme plus large de plusieurs milliards de dollars couvrant les secteurs de l’aviation, de l’énergie, de l’immobilier et des télécommunications.
Modernisation des aéroports d’Alep
Le cœur du dispositif porte sur la transformation d’Alep en véritable pôle aérien au nord de la Syrie. Les fonds saoudiens doivent financer le développement de deux plateformes aéroportuaires dans la ville, avec une mise à niveau aux standards internationaux, l’extension des terminaux et l’augmentation de la capacité passagers. Le projet de réaménagement de la principale plateforme, l’aéroport international d’Alep, vise à pouvoir accueillir à terme jusqu’à 12 millions de passagers par an.
Pour Riyad, il s’agit de faciliter la reprise du trafic civil et commercial, de reconnecter la Syrie aux grands flux régionaux et de soutenir l’activité économique d’une région particulièrement touchée par le conflit. « La modernisation des aéroports d’Alep doit contribuer à relancer le trafic aérien, favoriser les échanges et accompagner la reprise économique du nord de la Syrie », a insisté Khalid al‑Falih en présentant le projet.
Une nouvelle compagnie low‑cost syro‑saoudienne
Parallèlement aux infrastructures, Damas et Riyad ont conclu un accord pour créer une nouvelle compagnie aérienne commune, positionnée sur le segment low‑cost. Le projet, annoncé par le chef de l’Autorité syrienne de l’investissement Talal al‑Hilali, prévoit une « compagnie aérienne low‑cost syro‑saoudienne » destinée à renforcer les liaisons régionales et internationales depuis la Syrie.
Cette nouvelle entité, baptisée pour le moment « Flynas Syria », doit prendre la forme d’une coentreprise entre la low‑cost saoudienne Flynas et l’Autorité syrienne de l’aviation civile. D’après plusieurs sources, la structure du capital prévoit 51% de participation syrienne et 49% pour la partie saoudienne, avec un démarrage des opérations envisagé au quatrième trimestre 2026 sur un réseau couvrant le Moyen‑Orient, l’Afrique et l’Europe. « Cette compagnie aérienne vise à offrir des liaisons abordables et à reconnecter la Syrie avec sa diaspora et les principaux marchés régionaux », souligne un responsable syrien de l’aviation civile.
Effet levier sur le transport aérien et le tourisme
Les autorités syriennes voient dans ce partenariat un levier pour redessiner la carte du transport aérien national après des années d’isolement et de sanctions. En plus de la nouvelle compagnie aérienne à bas coût, des projets complémentaires dans les télécommunications – à hauteur d’environ 1 milliard de dollars – doivent améliorer la connectivité numérique et soutenir l’écosystème des transports et du tourisme.
Pour les analystes, l’investissement saoudien dans les aéroports et l’aviation syrienne s’inscrit dans une stratégie d’influence régionale, Riyad cherchant à se positionner comme acteur central de la reconstruction du pays. « C’est à la fois un pari économique et un signal politique fort, qui montre la volonté saoudienne d’accompagner la réintégration de la Syrie dans les dynamiques régionales », résume un observateur du secteur aérien au Moyen‑Orient.

@Flynas
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