Les fermetures prolongées des hubs du Golfe redessinent en urgence les liaisons entre l’Europe et l’Asie, au bénéfice de plusieurs compagnies européennes et asiatiques qui récupèrent une partie du trafic… et en profitent pour vendre plus cher leurs billets d’avion.
Depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, plusieurs États du Golfe ont fermé leur espace aérien, mettant à l’arrêt ou au ralenti des plateformes clés comme Dubaï, Doha ou Abu Dhabi. Emirates, Qatar Airways et Etihad ont été contraintes d’annuler ou de suspendre des milliers de vols en quelques jours et une chute brutale de capacité entre l’Europe, l’Asie et l’Océanie. Du 28 février à ce jour, plus de 16 000 vols sur 32 500 programmés au Moyen-Orient ont été annulés.
Capacités sous tension et tarifs en hausse
La fermeture des hubs de ces trois compagnies aériennes du Golfe a fait chuter l’offre de sièges sur l’axe Europe–Asie, provoquant une flambée immédiate des prix. Le Petit Journal Dubaï évoque une « chute drastique de l’offre de sièges » entre l’Asie et l’Europe, accompagnée d’une « forte hausse des tarifs disponibles ». Sur certaines dates, un billet aller simple en classe économie entre l’Europe et Bangkok (Thaïlande) a grimpé à plus de 1 900 euros, soit plus du double d’un niveau habituel pour une réservation anticipée.
Les compagnies aériennes européennes sont contraintes de contourner le Moyen-Orient, ce qui allonge les temps de parcours de jusqu’à 90 minutes sur certains trajets et renchérit la facture de carburant, dans un contexte où les prix du pétrole sont déjà en hausse. Ces surcoûts, combinés à une demande qui reste soutenue, se répercutent sur les billets, alimentant une spirale de tarifs élevés sur la plupart des grandes liaisons Europe–Asie.
Lufthansa et Air France augmentent leurs capacités
Face à ce bouleversement, Lufthansa Group se positionne clairement comme un des grands bénéficiaires européens du détournement de trafic. Son patron Carsten Spohr estime que « la forte concentration des flux de trafic mondiaux via les hubs du Golfe constitue un talon d’Achille géopolitique de plus en plus préoccupant » et annonce une montée en puissance des liaisons directes des compagnies aériennes du groupe vers l’Asie et l’Afrique.
Le groupe aérien allemand, qui compte la compagnie éponyme, ainsi que les filiales Austrian Airlines, Brussels Airlines, SWISS et ITA Airways, prévoit des augmentations de fréquences ou de capacités vers Singapour, Bangkok, Delhi, Shanghai, ainsi que la reprise de Kuala Lumpur, marquant un retour en Asie du Sud-Est. En Afrique, des sièges supplémentaires sont programmés notamment vers Le Cap, tandis que Lufthansa revendique une demande « fortement augmentée » depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Selon ses prévisions, le groupe vise en 2026 une progression du chiffre d’affaires et un EBIT « en hausse significative », porté en partie par ce repositionnement long-courrier.
De son côté, Air France a précisé avoir déployé depuis mercredi « des avions de plus grande capacité sur ses vols au départ de Bangkok, Phuket, Singapour, Delhi, Bombay, Shanghai et Tokyo », dans une déclaration transmise à l’AFP. De même source, « la compagnie ajoute également des vols supplémentaires au départ de Bangkok, Singapour et Delhi. Ces actions se poursuivront dans les prochains jours et les équipes d’Air France sont mobilisées pour les étendre à d’autres destinations ».
D’autres européens à l’affût
Lufthansa et Air France ne sont pas seules sur ce créneau. Les analyses d’Alton Aviation Consultancy citées par Reuters soulignent que les compagnies aériennes offrant des vols sans escale ou utilisant des plateformes en dehors de la région touchée, comme Turkish Airlines, peuvent engranger des « gains à court terme » en récupérant la clientèle qui transite habituellement par le Golfe.
Le transporteur turc, dont le hub d’Istanbul n’est pas concerné par les fermetures, se retrouve en position de force sur les axes Asie–Europe, avec des vols très remplis et des tarifs orientés à la hausse. En Asie, Cathay Pacific, Singapore Airlines, Thai Airways ou encore EVA Air profitent aussi de ce report de la demande, en particulier sur les liaisons vers le Royaume‑Uni et l’Europe continentale, où les billets se vendent désormais à des niveaux largement supérieurs aux prix habituels.

@AJ/DR
nickel a commenté :
7 mars 2026 - 10 h 36 min
En effet mon vol de lundi AF116 vers Shanghai est passé d’un 777-200 à un 777-300. Les “modules” utilisés vers l’Asie passe à un emport supérieur, quand cela est possible.
Pas si Cool a commenté :
7 mars 2026 - 11 h 57 min
C’est là qu’on va voir toute la pertinence des gros LC, tel que A380, B777-300, B747-8, A350-1000 etc…
Malheureusement, le B777X arrivera trop tard, après la guerre..
Celui-là, il perd beaucoup de batailles..
Ablo a commenté :
7 mars 2026 - 19 h 01 min
Il n’y a pas de quoi fouetter un chat. dès que la tension va baisser , tout va redevenir normal.
Ah Bon ? a commenté :
7 mars 2026 - 11 h 14 min
Les compagnies du golfe pourront envoyer la facture à l’adresse suivante:
D Trump
Résidence Bunker Bling Bling Mar-a-lago
Palm Beach – USA
Il parait que c’est la même personne qui les a “incité” à commander du Boeing
Yoann a commenté :
7 mars 2026 - 17 h 27 min
+1
Niet a commenté :
7 mars 2026 - 17 h 52 min
Tous ceux qui ont voulu économiser 200 ou 300€ sur leur vol Europe – Asie en passant par Dubai ou Doha grâce à Emirates ou Qatar Airways ont fait un choix qui va leur coûter très cher ! Bloqués en Europe ou à l’autre bout du monde ils auraient mieux fait de prendre un bon vieux vol direct ! MDR !
Assigame a commenté :
7 mars 2026 - 19 h 04 min
comme s’ils avaient vu venir ce conflit !
Ben Voyons a commenté :
8 mars 2026 - 12 h 34 min
Le problème n’est pas de voir venir ou non un conflit, le problème est de vouloir faire une “pseudo” économie de 200 euros pour prendre des risques inutiles en favorisant une escale (longue, inconfortable) dans des pays à risque. Cela s’appelle une fausse économie…
pas de petite économie a commenté :
8 mars 2026 - 16 h 29 min
si pour vous 200€ ce n’est pas rien pour d’autres ça représente une économie. multiplier par 4 pour 4 personnes ça fait 800€. si tout le traffic aérien devrait reposer sur des vols non-stop même les compagnies comme airfrance n’aurait pas assez de passagers pour alimenter bon nombre de vols long-courrier !
@ben voyons a commenté :
8 mars 2026 - 17 h 57 min
Pays à risque qui font tourner les usines Airbus & Boeing. Au fait, elle est où la compagnie qui a pris presque autant d’A380 à elle seule que tous les autres ensemble ? Emirates : 123 sur 251.
GREFF a commenté :
7 mars 2026 - 19 h 32 min
Commentaire de parisien. Tout le problème d’Air France qui se recentre sur son marché de niche et n’a aucun hub en province. NCE/CDG/BKK est identique à NCE/DXB/BKK. Emirates a encore de beaux jours devant elle. Merci M. Smith et l’avantage c’est qu’on vient nous chercher en voiture devant chez nous en Business Golfe !
Le problème ? Où ça un problème ? a commenté :
8 mars 2026 - 11 h 22 min
Air France fait ses choix stratégiques avec les critères qui sont les siens.
Vous faites les votres avec les critères qui sont les votres.
Un problème pour Air France? En quoi? Où est précisément le problème pour elle? N’êtes vous pas certains que le problème n’est pas plutôt pour vous ? Vous allez probablement me répondre que non: alors tant mieux: vous: pas de problème. Air France: pas de problème non plus.
Tout le monde est content.
PS: j’habite en région loin, très loin de l’Ile de France: inutile donc de balancer des réponses type “ post typique d’un parisien »
Ben Voyons a commenté :
8 mars 2026 - 12 h 39 min
AF n’a strictement aucun intérêt d’ouvrir des lignes point à point au départ de villes de province distantes de, grand maximum, 800km de CDG, puisque la stratégie d’AF est d’avoir constituer le hub le plus puissant d’Europe. Le principe du hub étant de faire venir un maximum de passager sur un lieu unique d’où ils repartent vers des destinations plus lointaines. Exactement ce que fait Emirates au départ de Dubai, Etihad au départ d’Abu Dhabi, Turkish au départ d’IST et bientôt Ryadh Air au départ de Ryadh… Personnellement, j epréfère faire un Nice/Marseille/Toulouse Cdg Asie, plutôt que de faire un Nice Dubai Asie… A chacun ses choix et surtout à chacun ses risques. Ceux qui ont voulu faire une économie de bout de chandelle en passant par Dubai, Abu Dhabi ou Doha se trouvent coincé. Their choice ! La prochaine, ils repenseront leur parcours.
Anna Stazzi a commenté :
7 mars 2026 - 20 h 17 min
Bien d’accord avec vous..
7 mars 2026 - 21 h 28 min
y a rien de drole .au depart de nice pour bali vous n avez pas trop le choix ….et j ai pris qatar car ayant un probleme de lombaires je ne voulais pas d un vol de 11H ou +…….mais la mon retour le 18 je pense pas que qatar va decoller et j ai la chance de pouvoir rester une dizaine de jours en plus .Air France comme d autres en profite en affichant un vol Singapour /paris a 2200€…alors qu une semaine avant on etait dans les 800€ comme singapour airlines .la Air France comme Malaysia rajoute des vols sur singapour Bangkok et Kuala Lumpur a des prix corrects …j attends de voir
Tilo a commenté :
7 mars 2026 - 18 h 27 min
Ah bah bien évidemment les compagnies aériennes profitent de cette aubaine pour augmenter les prix des billets 😂
Louis a commenté :
7 mars 2026 - 20 h 04 min
Bien pour les compagnies européennes.
Diabolo a commenté :
7 mars 2026 - 21 h 07 min
Air France qui a cessé l’exploitation de l’A 380 doit s’en mordre les ailes dans le contexte des conséquences des perturbations affectant sérieusement les compagnies du Golfe alors que Lufthansa a bien misé sur le maintien et le retrofit de ses A380, permettant au transporteur allemand d’augmenter, grâce à ce géant de l’air, ses capacités pour servir les destinations asiatiques.
nickel a commenté :
8 mars 2026 - 12 h 32 min
AF a suffisamment de 777200 et 300 et de 350 qui ne sont justement pas utilisés pour desservir les pays du MO actuellement incapables d’ouvrir leurs aéroports pour répondre à la demande – marginale et ponctuelle – en provenance d’Asie. AF ne se “mort – absolument pas – les aîles” d’avoir retirer de sa flotte des 380 qui coûtaient une blinde en consommation de carburant, en coûts d’exploitation et de maintenance, et qui étaient bien plus souvent bloqués au sol pour des raisons techniques, que ses bimoteurs long-courriers. Bref, vous racontez n’importe quoi.
Pas si Cool a commenté :
8 mars 2026 - 13 h 41 min
AF n’a jamais trouvé la recette pour que ses A380 soient profitable financièrement.. Alors, il lui ont trouvé tous les défauts 😒pour s’en séparer.
Etonnant, BA, LH, .. ont trouvé la bonne équation !!