Au dixième jour d’une nouvelle flambée de tensions au Moyen‑Orient, Air France et Lufthansa prolongent l’interdiction de vols vers plusieurs destinations clés de la région, notamment Tel‑Aviv, Beyrouth, Dubaï et Téhéran. Sous la pression des avertissements de l’EASA et des autorités nationales, d’autres compagnies européennes comme KLM, British Airways ou Wizz Air réduisent elles aussi fortement leur exposition à un espace aérien jugé « à haut risque ».

Air France prolonge l’arrêt de ses vols vers Tel‑Aviv, Beyrouth et le Golfe

Air France a suspendu dès le 1er mars tous ses vols de et vers Tel‑Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad, une mesure prolongée à plusieurs reprises à mesure que se confirmait la fermeture ou la restriction de larges portions de l’espace aérien moyen‑oriental. La compagnie française explique agir « en coordination avec la DGAC et l’EASA » et dit « suivre en temps réel l’évolution de la situation sécuritaire et des contraintes d’espace aérien » pour ajuster son programme.

La suspension concerne l’ensemble des liaisons passagers entre Paris‑CDG et les quatre destinations concernées, avec une information aux clients et des possibilités de remboursement ou de report sans frais. Les opérations cargo sont également affectées, Air France devant rallonger ses routes vers l’Asie pour éviter les régions les plus sensibles, ce qui se traduit par des temps de vol plus longs et une consommation de carburant en hausse. Pour les passagers, Air France met en avant la possibilité de modifier sans pénalité leurs dates de voyage ou de demander un avoir, conformément aux pratiques des majors européennes dans ce type de situation.

Lufthansa coupe ses vols vers sept villes du Moyen‑Orient

Le groupe Lufthansa a annoncé le 9 mars, une nouvelle extension de son dispositif de suspension vers plusieurs métropoles du Moyen‑Orient. Les liaisons de et vers Dubaï, Abou Dhabi et Dammam sont suspendues jusqu’au 15 mars, celles vers Amman et Erbil jusqu’au 15 mars également, tandis que les vols reliant Beyrouth sont annulés jusqu’au 28 mars et ceux de et vers Tel‑Aviv repoussés au 2 avril. Téhéran, enfin, ne sera pas desservie avant le 30 avril.

« En raison de la situation actuelle au Moyen‑Orient et des restrictions massives sur le trafic aérien, les compagnies du groupe Lufthansa ajustent leur offre et prolongent la suspension de certaines liaisons pour garantir le plus haut niveau de sécurité », indique le transporteur dans une note. Au total, plus de 3 400 vols de passagers et de fret sont supprimés ou détournés sur la première semaine de mars, avec un impact significatif sur le programme long‑courrier de Lufthansa, Swiss, Austrian et Eurowings Discover.

Le groupe a déclenché une politique permettant aux agences et aux passagers de reprogrammer sans frais leurs trajets, voire de changer de destination dans un périmètre donné, reflet de l’ampleur du bouleversement sur son réseau. Comme Air France, Lufthansa reconfigure ses routes vers l’Asie et l’Afrique de l’Est en contournant les FIR de Téhéran et de Bagdad, ce qui conduit à des temps de bloc plus longs et à un repositionnement complexe des équipages.

Les autres compagnies européennes réduisent aussi la voilure

Air France et Lufthansa ne sont pas isolées : d’autres grandes compagnies européennes ont pris des mesures similaires, sous l’effet combiné des restrictions d’espace aérien et des recommandations de l’EASA. KLM a suspendu ses vols d’Amsterdam vers Dubaï, Dammam et Riyad jusqu’au début mars, et a « gelé » son programme vers Tel‑Aviv pour le reste de la saison hiver, tout en évitant les survols de l’Iran, de l’Irak et d’Israël. British Airways, de son côté, a annulé ses vols vers Tel‑Aviv au moins jusqu’au 9 mars. 26 Wizz Air a interrompu toutes ses liaisons vers Israël, Dubaï, Abou Dhabi et Amman jusqu’au 7 mars, évoquant « un niveau de risque inacceptable pour des opérations commerciales régulières ». D’autres acteurs comme Iberia ou Vueling, moins présents sur le corridor Levant‑Golfe, ajustent à la marge leurs vols en évitant certains couloirs de survol, parfois au prix d’escales supplémentaires techniques.

Pour rappel, dans son avis 2026-03-R2, l’Agence européenne de la sécurité aérienne rappelle que les compagnies doivent « éviter ou contourner » certaines zones et adapter leurs procédures de gestion du risque de survol, sur fond de tensions militaires impliquant notamment l’Iran et plusieurs pays du Golfe. La validité du CZIB, initialement fixée au 2 mars puis prorogée au 6 mars, a été étendue au 11 mars 2026 après une nouvelle revue par les États membres, la Commission européenne et EASA. Le CZIB ne constitue pas une interdiction absolue de vol, mais un cadre de précaution qui conduit de facto de nombreuses compagnies à suspendre les survols ou à allonger leurs routes, avec des coûts opérationnels et environnementaux significatifs.

Moyen‑Orient : Air France et Lufthansa prolongent la suspension de leurs vols vers Tel‑Aviv, Beyrouth et plusieurs villes du Golfe 1 Air Journal

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