Londres-Heathrow a signé le mois de février le plus fréquenté de son histoire, avec 5,8 millions de passagers, soit environ 110 000 de plus qu’un an plus tôt (+1,9%). Ce niveau a été tiré par des vacances scolaires de mi-trimestre très chargées, combiné aux flux liés au nouvel an chinois et au déploiement d’appareils plus gros et mieux remplis par les compagnies.
Cette performance s’inscrit toutefois dans un contexte où Heathrow, proche de la saturation de ses deux pistes, voit sa croissance désormais inférieure à la moyenne européenne : selon les dernières données d’ACI Europe, le trafic passagers sur le réseau européen progresse d’environ 4,6% en début d’année, soit plus du double du rythme observé à Heathrow. Pour le hub londonien, l’enjeu est désormais moins de retrouver les volumes d’avant-crise que de pouvoir absorber une demande qui se déplace vers d’autres plateformes.
Ponctualité élevée et flux passagers fluides
Malgré cette montée en charge, Heathrow met en avant des indicateurs opérationnels en nette amélioration. En février, l’aéroport affirme avoir surpassé l’ensemble des grands hubs européens et des aéroports londoniens en matière de ponctualité, consolidant sa position de hub « le plus fiable d’Europe ». Les contrôles de sûreté sont restés très fluides, avec 98% des passagers franchissant les postes d’inspection filtrage en moins de cinq minutes, selon l’aéroport.
« Chaque jour de février, Heathrow a continué à fournir un excellent service alors que le nombre de passagers atteignait de nouveaux sommets », souligne le directeur général Thomas Woldbye, qui insiste sur la priorité donnée à l’expérience passager. Dans un marché londonien extrêmement concurrentiel, ces performances opérationnelles constituent un argument clef pour les compagnies aériennes long-courriers comme pour le trafic de correspondance.
Fret en hausse, Heathrow reste un poumon commercial
Le trafic cargo de février a lui aussi progressé, avec près de 130 000 tonnes manutentionnées, soit une hausse d’environ 4% sur un an. Cette croissance intervient alors même que le nombre de vols tout-cargo s’est réduit, l’aéroport mettant davantage à profit la capacité en soute (belly-hold) des vols passagers pour acheminer les marchandises. Ce levier confirme le rôle de Heathrow comme principal « port » du Royaume-Uni pour le commerce extérieur en valeur, une position régulièrement mise en avant par l’aéroport et les milieux d’affaires britanniques.
Capacité saturée et bataille de l’extension
Derrière les bons chiffres de février, le discours de Heathrow reste inchangé : le hub est « plein », et la croissance du trafic se heurte désormais aux limites physiques de la plate-forme. L’aéroport rappelle que son infrastructure fonctionne à plus de 95–99% de sa capacité nominale de pistes, une situation qui limite l’ouverture de nouvelles lignes, les gains de fréquence et, selon lui, la concurrence entre compagnies.
Si Heathrow a terminé 2025 comme premier aéroport européen en nombre de passagers, avec 84,48 millions de voyageurs, Istanbul est désormais pratiquement à parité, à 84,44 millions, et devrait selon plusieurs observateurs franchir le cap dans les prochaines années.
En novembre dernier, le gouvernement britannique a tranché en faveur du projet d’Heathrow pour une troisième piste, un scénario « lourd » qui implique de déplacer l’autoroute M25 mais qui est jugé le plus réaliste pour répondre à la saturation du principal hub britannique d’ici le milieu des années 2030.

Niet a commenté :
12 mars 2026 - 9 h 34 min
Au moins, en GB, on se donne les moyens de sa politique. Un véritable plan de croissance pour les 30 prochaines années qui va permettre à Heathrow de rester en tête des classements. On est très loin des médiocres ambitions de CDG qui ne propose que de repousser encore plus les murs de structures (mal) pensées trop petites dès leur conception.
Naha a commenté :
12 mars 2026 - 10 h 39 min
On a 2 doublets ils n’ont que 4 pistes, pas mal comme moyens en place…
Londres restera de toutes façons un point de passage plus plébiscité que Paris
Oui mais faut parler de la même chose quand on veut comparer… a commenté :
12 mars 2026 - 12 h 03 min
A Paris, la non- ambition ( réelle) que vous dénoncez à juste titre, porte sur l’absence de création d’un nouveau terminal suffisamment bien pensé pour etre à la fois efficace pour la gestion des flux à venir et capacités futures ET économique et facile à utiliser sur le plan opérationnel par le principal client de ADP à CDG à qui il était destiné , AF en l’occurrence ( et c’est justement pour la totale absence d’efficacité opérationnelle et donc d’augmentation induite des coûts pour elle, que AF a refusé de se lier les mains en signant pour s’engager sur cette infrastructure dont le projet a depuis été abandonné…et on attend la suite!)…
A LHR, ce côté structure des terminaux n’est pas un problème pour de nombreuses années à venir.
Par contre, à LHR, le plus gros problème réside dans l’hyper saturation des possibilités d’atterrissage /decollages: les fameux slots, qui, étant de nature « droit patrimonial privé « ( ce qui n’est pas le cas à CDG) voient leurs prix exploser, limitant ainsi de fait sur le plan financier aussi,les possibilités pour un nouvel entrant.
Mais ce problème tient au fait que LHR n’a que 2 pistes d’utilisation aujourd’hui saturée : à CDG, ce problème a été largement anticipé, et depuis belle lurette, puisqu’il y a déjà longtemps que les 4 pistes de CDG sont opérationnelles.
Donc, pour revenir à la nature de votre post, il semble que non, à LHR n’est pas su pendant des décennies « se donner les moyens de…. »…et cela va contraindre l’aéroport pour encore au bas mot une nouvelle décennie, et probablement plus…
D’ici là, on peut aussi penser qu’à CDG on remis remis la question du futur terminal 4 en chantier….