Le CDG Express doit entrer en service le 28 mars 2027, avec une liaison directe en 20 minutes entre Paris‑Gare de l’Est et l’aéroport Paris‑Charles de Gaulle. Hello Paris, son exploitant, vient de dévoiler des trains au design spécifique, pensés pour les besoins des voyageurs aériens.
Selon le site officiel du projet, le CDG Express transportera ses premiers passagers le 28 mars 2027, avec un train tous les quarts d’heure, de 5 h à minuit, 7 jours sur 7. Le trajet sans arrêt intermédiaire reliera Paris‑Gare de l’Est au hub de Roissy en 20 minutes, sur une distance de 32 km dont 8 km de voies nouvelles.
Ce train express doit compléter l’offre existante, en particulier le RER B, aujourd’hui fortement sollicité par les usagers du quotidien comme par les passagers aériens. Il s’inscrit dans une logique de délestage des axes routiers et d’amélioration de la desserte de l’aéroport francilien qui a accueilli plus de 70 millions de passagers en 2025.
Un train au look aérodynamique
Hello Paris, la coentreprise réunissant Keolis et RATP Dev, a confié la fourniture du matériel roulant à Alstom. Le constructeur livrera 13 rames issues de la gamme Coradia, entièrement conçues et fabriquées en France, avec un design extérieur et intérieur spécifique au CDG Express.
Le train mise sur une allure moderne et aérodynamique. Sa silhouette extérieure se distingue par une face avant blanche immaculée, contrastée par une large vitre noire qui remonte vers le toit. Les feux rouges, intégrés dans des optiques sombres en forme de gouttes d’eau, lui donnent un regard technologique singulier sur les rails.
Alstom met aussi en avant la dimension vitrine de ces rames. « Ce train sera une vitrine du savoir‑faire français, que des millions de passagers découvriront en arrivant ou en partant de l’aéroport Charles‑de‑Gaulle », souligne Jean‑Baptiste Eyméoud, Senior Vice President France chez Alstom.
Un intérieur pensé pour les bagages
À l’intérieur, la priorité a été donnée à la clarté et à l’optimisation de l’espace. Le mobilier adopte des tons sobres, avec des sièges bicolores mêlant gris perle et bleu marine, réhaussés par des poignées de maintien d’un orange rouge vif qui dynamisent l’ensemble.
Pour répondre aux besoins spécifiques des passagers aériens, l’aménagement prévoit de vastes zones de stockage pour les bagages volumineux, situées à proximité des portes et au centre des voitures. Le site du CDG Express insiste sur la présence d’« espaces bagages élargis » afin de faciliter les flux et d’éviter l’encombrement des allées. Les rames seront accessibles aux personnes à mobilité réduite, avec des cheminements adaptés et des toilettes à bord.
Hello Paris promet un accueil et un service attentionné en gare et à bord, avec du personnel dédié sur le quai et dans les trains. L’objectif est de rendre le parcours le plus fluide possible, dès l’arrivée à la gare de Paris‑Est jusqu’aux terminaux de l’aéroport.
Connectivité et services à bord
L’expérience à bord se veut pleinement connectée. Un système d’écrans numériques diffusera en temps réel des informations sur les vols, en complément des annonces sonores. Le site officiel mentionne une « info vol » disponible tout au long du trajet, permettant de suivre en temps réel l’état des départs et des arrivées depuis le train.
Une connexion Wi‑Fi embarquée doit être proposée à tous les passagers, ainsi que des prises électriques et des espaces de travail confortables. Un salon « Club », identifiable par une signalétique rouge distinctive, offrira une ambiance plus feutrée, avec davantage de confort pour les voyageurs affaires ou les passagers en correspondance.
« Des trains confortables accessibles aux personnes à mobilité réduite et équipés de toilettes seront au cœur de la promesse du futur CDG Express », souligne Hello Paris, qui s’appuie sur l’outil de planification IVU.rail pour organiser l’exploitation de la ligne.
Un service premium, hors Pass Navigo
Ce nouveau service ne sera pas accessible avec le Pass Navigo et se positionne clairement sur un créneau premium. Il viendra en complément du RER B et des autres modes de transport collectifs, en misant sur la rapidité, le confort et la régularité.
Si le tarif définitif n’est pas encore officiellement arrêté, plusieurs communications évoquent un billet sensiblement plus cher que celui du RER B, en ligne avec les grandes liaisons aéroportuaires express internationales. « La plupart des grandes métropoles bénéficient d’une liaison ferroviaire directe et rapide avec l’aéroport le plus proche », rappelle Paris CDG Alliance, qui voit dans le projet un atout supplémentaire pour l’attractivité du hub francilien.
À un an de son inauguration, le CDG Express se présente donc comme un nouveau visage du trajet vers l’aéroport, avec des trains au design soigné, une forte connectivité et un niveau de service inspiré des standards internationaux. Reste à confirmer dans les prochains mois les derniers détails d’exploitation et la grille tarifaire, que l’exploitant doit préciser avant l’ouverture au public.

@CDG Express
Niet a commenté :
25 avril 2026 - 10 h 28 min
Cette liaison arrive avec plus de 40 ans de retard. Inauguré en 1974, CDG aurait dû intégrer dès l’origine une connexion dédiée. Le RER B — hier comme aujourd’hui — n’ayant dans l’état jamais été une réponse adaptée, puisqu’il n’a pas été conçu à l’origine pour la desserte aéroportuaire.
Certes, mieux vaut tard que jamais, mais difficile d’y voir autre chose qu’un symptôme de déclassement. Si ADP et l’État avaient agi il y a 40 ans, n’importe quelle infrastructure aurait été non seulement amortie, mais largement rentable depuis longtemps.
Deuxième écueil : cette liaison part d’un point excentré et mal connecté. Pour la majeure partie des Parisiens — notamment au sud et à l’ouest — elle est tout simplement hors jeu. Rejoindre la gare de l’Est en taxi ajoute 15 à 20 € au minimum, avec une rupture de charge pénible à la clé. Résultat : un coût global peu compétitif et un gain de temps inexistant face à un trajet porte-à-porte en taxi, d’autant plus pertinent à plusieurs. Autrement dit, une offre mal positionnée qui rate sa cible principale.
La seule option réellement structurante — qui a été étudiée et abandonnée — aurait été l’automatisation du RER B : matériel moderne, vitesse accrue, sécurité renforcée, exploitation sans conducteur limitant fortement les perturbations et risque de grève, et surtout connexion à Châtelet–Les Halles, cœur névralgique du réseau d’une des plus grandes gare d’interconnexion au monde ! En augmentant les fréquences grâce à une réduction des intervalles, on pouvait mécaniquement absorber 25 à 30 % de passagers supplémentaires. Et surtout, un investissement massif dans la rénovation et la modernisation intégrale de la ligne aurait bénéficié à tous : voyageurs vers CDG comme millions d’usagers franciliens au quotidien. Là où le CDG Express ne servira qu’une minorité, cette option aurait eu un impact systémique. Mais c’était sans compter les décisions catastrophiques des Énarques et Polytechniciens qui nous gouvernent…
Au final, ce projet illustre une constante : des décisions tardives, mal calibrées, et déconnectées des usages réels. Une infrastructure pensée à contretemps, pour un public limité, et qui risque de n’améliorer qu’à la marge la desserte de CDG. Difficile, dans ces conditions, d’y voir autre chose qu’une occasion manquée de plus.
Chapeau les communicants ! a commenté :
25 avril 2026 - 11 h 00 min
Un train « au regard technologique singulier sur les rails »: fallait la trouver, celle-là.
Ils l’ont trouvée !
Aviation a commenté :
25 avril 2026 - 14 h 30 min
C’est certainement là que le bas blesse. Les prix risquent d’être au dessus du tarif RER qui est déjà lourd.
Nico a commenté :
25 avril 2026 - 16 h 05 min
Au tarif exorbitant
Momie a commenté :
25 avril 2026 - 16 h 35 min
Vivement 2027, même plus cher que la navigo je prendrai l’abonnement prévu pour les employés de la plate-forme
Nico a commenté :
25 avril 2026 - 19 h 38 min
Hors de prix
Ben Voyons a commenté :
25 avril 2026 - 20 h 10 min
Mieux vaut tard que jamais… mais en l’occurrence, c’est surtout désespérément tard. Le CDG Express, annoncé pour dans un an, arrive avec près d’un demi-siècle de retard. Dès 1974, avec l’ouverture de CDG1, la principale plateforme aéroportuaire d’Europe continentale était dimensionnée pour atteindre 100 millions de passagers. Ne pas avoir, dès cette époque, conçu une liaison directe et performante avec le cœur de Paris relève aujourd’hui d’une faute stratégique majeure : elle aurait été rentabilisée depuis longtemps et aurait généré des bénéfices considérables tout en renforçant l’attractivité internationale de la capitale.
Pire, la solution retenue aujourd’hui cumule les incohérences. Un départ depuis la gare d’Austerlitz, excentrée à l’est et mal connectée aux grands flux, ne concerne qu’une fraction limitée des usagers. Pour beaucoup, cela signifie une rupture de charge supplémentaire, souvent un taxi à l’arrivée, ajoutant 15 à 20 euros au trajet et une perte de temps significative — tout l’inverse d’un service premium censé simplifier l’accès à l’aéroport.
Dans le même temps, la seule option véritablement structurante a été écartée : la modernisation, l’automatisation et la sécurisation du RER B. Une telle transformation aurait permis de supprimer l’impact des grèves (grâce à l’automatisation), d’augmenter les fréquences et la capacité de 25 à 30 %, et surtout de desservir directement Châtelet–Les Halles, cœur névralgique des transports européens. Mais cette solution se heurtait à la complexité institutionnelle et à la multiplicité des opérateurs — un obstacle que les décideurs, technocrates issus des mêmes grands corps, n’ont manifestement pas voulu affronter.
Résultat : un projet coûteux, peu optimal et tardif, qui risque de n’être qu’un succès d’estime. Au-delà du CDG Express, c’est un symptôme plus large : celui d’un pays qui peine à anticiper, à décider et à exécuter des infrastructures à la hauteur de ses ambitions, au risque de s’installer durablement dans le déclassement.