Plus de 74 millions de passagers ont fréquenté les aéroports du réseau VINCI Airports au premier trimestre 2026, soit une progression de 1,5% par rapport à la même période de 2025. Une performance portée par les grands aéroports internationaux, en particulier en Amérique latine, au Portugal, en Serbie ou au Cap-Vert, qui compense les difficultés des plateformes régionales françaises et l’impact des tensions au Moyen-Orient ainsi qu’entre la Chine et le Japon.
Un réseau international qui confirme sa résilience
Selon le communiqué publié le 16 avril, « plus de 74 millions de passagers ont fréquenté les aéroports du réseau VINCI Airports au premier trimestre 2026, soit une augmentation de 1,5% par rapport à la même période en 2025 ». Le groupe souligne que ce résultat « illustre la résilience et la diversité géographique du réseau, dans un contexte marqué par les perturbations géopolitiques ».
Les chiffres trimestriels montrent que la croissance reste modeste mais régulière après les fortes reprises post‑Covid, VINCI Airports ayant déjà dépassé ses niveaux de trafic de 2019 dès 2024, avec plus de 318 millions de passagers annuels. En mars seul, la progression atteint 1,6% par rapport à 2025, confirmant une tendance comparable sur l’ensemble du trimestre.
Amérique latine, principal moteur de croissance
En dehors de la France, c’est en Amérique latine que le réseau international de VINCI Airports enregistre les plus fortes progressions au premier trimestre. Au Brésil, l’aéroport international de Salvador Bahia affiche une hausse « à deux chiffres » de son trafic passagers, à +12% sur le trimestre, portée par l’expansion des capacités de GOL, Azul et LATAM, ainsi que par une demande soutenue sur le long‑courrier vers l’Europe via TAP Air Portugal.
Cette dynamique est également visible au Mexique, où l’aéroport de Monterrey enregistre une « très bonne » croissance, tirée principalement par le marché domestique, tandis qu’en République dominicaine, la fréquentation progresse nettement grâce à la montée en puissance de la low‑cost Arajet à Saint‑Domingue. Le Costa Rica, autre destination touristique clé du portefeuille latino‑américain de VINCI Airports, « consolide son attractivité internationale », ce qui se traduit par des flux soutenus de passagers en provenance d’Amérique du Nord et d’Europe.
Seule exception notable dans la région, l’aéroport de Santiago au Chili voit son trafic reculer, en raison de problèmes d’allocation de flotte affectant SKY Airline, l’un des principaux opérateurs de la plateforme. Cette difficulté demeure toutefois largement localisée et ne remet pas en cause le rôle de l’Amérique latine comme moteur du réseau.
Cap-Vert, Portugal et Balkans en forte progression
Autre zone en pleine accélération pour VINCI Airports : l’archipel du Cap‑Vert, où les aéroports du réseau enregistrent une hausse de trafic de 17% au premier trimestre. Cette performance est liée à une diversification de l’offre de connectivité, avec l’arrivée de nouvelles liaisons opérées notamment par easyJet et Transavia, depuis la France, le Royaume‑Uni et le Portugal pour la saison hiver.
En Europe continentale, plusieurs plateformes internationales poursuivent leur trajectoire de croissance. L’aéroport de Belgrade (Serbie) voit son trafic progresser de 10% en mars et de 8,8% sur le trimestre, ce dynamisme étant soutenu par le développement des liaisons vers l’Europe de l’Ouest. À Édimbourg, en Écosse, la hausse se poursuit, portée par la demande vers les destinations méditerranéennes, particulièrement prisées pour les courts séjours.
Le Portugal constitue un autre pilier de croissance : les aéroports gérés par ANA (filiale de VINCI Airports) affichent une augmentation de 4,4% du trafic en mars et de 4,0% sur l’ensemble du trimestre par rapport à 2025. À Lisbonne, cette progression est tirée par l’essor des vols long‑courriers de TAP vers le Brésil et les États‑Unis, tandis que Porto bénéficie d’une forte activité sur les liaisons transatlantiques et vers l’Espagne, le Royaume‑Uni et l’Italie.
Gatwick et la France pénalisés par le contexte
Toutes les plateformes internationales du réseau ne profitent toutefois pas de la même dynamique. À Londres‑Gatwick, la « réorganisation de l’offre moyen‑courrier » conjuguée aux annulations de vols liées au conflit au Moyen‑Orient a atténué la bonne performance d’easyJet et de British Airways sur le trimestre, limitant la progression globale du trafic au Royaume‑Uni à +0,6% en mars et même à une légère baisse de 0,6% sur le trimestre.
En France où Vinci gèrent une dizaine d’aéroports dont Lyon Saint-Exupéry et Nantes pour les principaux, ce sont surtout les plateformes régionales et le marché domestique qui souffrent. Le trafic y recule de 3,1% en mars et de 2,0% sur le trimestre, dans un contexte de hausse de la fiscalité aérienne, en particulier de la taxe de solidarité, qui renchérit le prix des billets et pèse sur la compétitivité des lignes intérieures. Un rapport parlementaire souligne que la croissance du trafic français s’est nettement essoufflée depuis 2025, alors qu’elle restait dynamique dans le reste de l’Europe, en partie en raison de cette hausse de fiscalité.
Moyen-Orient, Chine–Japon : un impact géopolitique contenu
Le communiqué de VINCI Airports souligne que « le conflit au Moyen‑Orient et les tensions entre la Chine et le Japon ont affecté certains aéroports de manière localisée, [mais que] leur impact sur la dynamique globale du réseau […] est resté limité ». La suspension de certaines liaisons vers le Moyen‑Orient a ainsi pesé sur le trafic de l’aéroport de Budapest, sans empêcher celui‑ci d’enregistrer une hausse de 1,1% en mars et de 3,5% sur le trimestre, grâce au renforcement des offres de Ryanair et easyJet vers l’Italie, l’Espagne et la France.
En Asie, les tensions diplomatiques entre Pékin et Tokyo ont entraîné un fort repli des flux entre la Chine et le Japon, avec jusqu’à 40% des vols supprimés fin 2025 et plus de 1 900 rotations annulées en un mois, sous l’effet d’un boycott touristique chinois. Les autorités chinoises ont demandé aux compagnies nationales de réduire leur offre vers le Japon au moins jusqu’en mars 2026, ce qui a pesé sur les résultats globaux des aéroports japonais du réseau VINCI Airports.
Le groupe souligne cependant que « le marché régional [japonais] a maintenu une forte dynamique, avec un trafic en nette progression, notamment depuis la Corée du Sud », permettant de limiter l’impact de ces tensions sur le volume global de passagers.

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