En Autriche, un huissier de justice a apposé un scellé officiel sur un Boeing 737 de Ryanair à l’aéroport de Linz-Hörsching. Cette mesure inédite fait suite au non-paiement d’une indemnisation de vol retardé, initialement modeste, qui a gonflé avec les intérêts et les frais de justice. L’affaire illustre les difficultés persistantes des passagers à obtenir réparation auprès de la low-cost irlandaise.

Tout commence le 11 juillet 2024. Une passagère autrichienne et deux accompagnants embarquent sur un vol Ryanair au départ de Linz à destination de Majorque. Le décollage, prévu à 8 h 20, n’intervient qu’à 13 h. Selon la réglementation européenne (UE 261), la compagnie aérienne doit verser une indemnisation forfaitaire de 250 à 400 euros par passager. Ryanair rembourse uniquement le prix du billet mais refuse l’indemnisation complémentaire.

La passagère saisit la justice autrichienne, qui condamne la low cost à payer environ 355 euros, plus intérêts et frais. La somme atteint finalement 890 à 892,62 euros, que Ryanair tarde à payer. Le cabinet d’avocats Florianer Anwälte, mandaté par la voyageuse, obtient un titre exécutoire du tribunal de district de Traun. Le lundi 9 mars 2026, un huissier se présente à l’aéroport de Linz-Hörsching devant un Boeing 737 prêt à décoller. L’appareil porte le numéro de série concerné par l’ordonnance.

« L’huissier est monté à bord, a apposé l’autocollant officiel “Saisi” dans la cabine et a interdit à Ryanair de vendre ou de disposer de l’avion tant que la dette n’est pas réglée », explique l’avocat Georg Wageneder au quotidien autrichien Heute.at. L’avion, bien que marqué d’un scellé (« Kuckuck » en autrichien), a été autorisé à quitter l’aéroport de Linz-Hörsching. Il reste opérationnel, mais Ryanair ne peut plus le vendre ni le transférer sans autorisation judiciaire.

Ryanair conteste la saisie effective
Contactée par plusieurs médias, la low cost irlandaise dément formellement. « Aucun de nos avions n’a été saisi », affirme une porte-parole citée par t-online et aeroTELEGRAPH. Selon Ryanair, les informations sont « factuellement incorrectes » et aucun appareil n’a été confisqué. Les avocats de la passagère maintiennent pourtant que la mesure est bien effective : il s’agit d’une saisie-conservatoire (« Pfändung ») qui bloque la libre disposition de l’avion. Si la dette reste impayée, l’appareil pourrait être immobilisé lors de sa prochaine escale en Autriche et, en dernier recours, vendu aux enchères.

Ce cas rare met en lumière les tensions récurrentes entre Ryanair et ses passagers sur les indemnités de retard. La low cost, souvent critiquée pour sa politique de contestation systématique des demandes, fait face à des milliers de procédures chaque année en Europe.

Pour l’instant, aucun paiement n’a été signalé, et le Boeing 737 continue de voler normalement, mais le scellé judiciaire reste en place. L’affaire pourrait se terminer par un règlement amiable ou, au contraire, par une nouvelle intervention des huissiers lors du prochain atterrissage en Autriche. L’histoire de cette voyageuse autrichienne montre qu’avec de la persévérance, même une petite indemnité peut finir par immobiliser symboliquement un avion entier.

Indemnisation impayée : une passagère obtient la saisie d’un Boeing 737 de Ryanair en Autriche 1 Air Journal

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