Les grandes compagnies aériennes américaines, United Airlines, Delta Air Lines et American Airlines en tête, sont en pleine recomposition de leurs réseaux long-courriers, selon un analyse du fournisseur de données aériennes OAG.
Ces dernières années, les compagnies aériennes américaines ont ajusté capacités, fréquences et destinations pour mieux répondre à la demande loisirs, à la concurrence étrangère et aux opportunités géopolitiques. Résultat : une évolution dynamique, avec des gains dans certaines régions et des abandons ciblés ailleurs. Delta et United ont légèrement augmenté le nombre de pays desservis, tandis qu’American opère vers moins de marchés. La comparaison entre les programmes d’été 2025 et 2026 montre des mouvements contrastés : United supprime trois pays, alors que Delta et American en ajoutent de nouveaux, souligne OAG.
Les fréquences évoluent fortement selon les régions. United affiche +36 % de vols vers l’Europe, Delta +9 vols quotidiens supplémentaires sur le Vieux Continent, et American renforce massivement l’Amérique centrale et les Caraïbes.
United mise sur la diversification et les long-courriers
United Airlines se distingue par une expansion large : gains majeurs en Amérique latine et en Europe, avec de nouvelles liaisons saisonnières vers Glasgow et Bari. La compagnie a aussi renforcé l’Afrique (Johannesburg quotidien, Cape Town 6 fois par semaine, Lagos et Accra toute l’année) et le Pacifique Sud-Ouest (plus de 850 vols d’été vers Melbourne, Sydney et Brisbane). Cette stratégie repose sur sa flotte de plus de 80 Boeing 787, qui lui offre un avantage de coûts sur les routes long-courriers. OAG note que United a abandonné « trois marchés nationaux » (dont Cuba et la Suède) pour optimiser ses ressources.
Delta privilégie l’Europe et les partenariats stratégiques
Delta Air Lines concentre ses efforts sur l’Europe, où elle a doublé ses fréquences vers l’Italie et augmenté de 18 % celles vers l’Espagne (avec le nouveau Boston-Madrid). Elle réduit en revanche ses opérations en Allemagne (-25 %). Parmi les nouveautés : Malte en saison estivale, extensions aux Caraïbes et, surtout, l’Arabie saoudite en 2026 dans la perspective d’un partenariat avec Riyadh Air. OAG résume : « Les nouvelles destinations de Delta allient stratégie et opportunités saisonnières. »
American renforce le loisir et l’Amérique latine
American Airlines adopte une approche très orientée loisirs. Elle a ajouté dix destinations aux Caraïbes (Bridgetown, Tortola, Anguilla…) et augmenté de 17 % ses fréquences vers le Mexique et de 33 % vers le Costa Rica. Son hub de Dallas-Fort Worth a gagné 1 500 vols vers l’Amérique centrale depuis 2019. En Europe, les fréquences restent stables, avec des progrès notables au départ de Philadelphie (Milan, Nice, Naples, Copenhague). American ajoute aussi des routes saisonnières vers la République tchèque et la Hongrie, ainsi qu’une ligne unique vers la Nouvelle-Zélande.
Les moteurs de cette recomposition
OAG identifie plusieurs facteurs : la force du dollar américain, la concurrence des transporteurs étrangers, les alliances (SkyTeam pour Delta), la demande loisirs post-pandémie et la disponibilité de nouveaux appareils long-courriers. Les réseaux continueront à évoluer, avec des ajouts et des suppressions selon les tendances de demande, les évolutions géopolitiques et les opportunités de partenariat. Grâce aux importantes commandes d’avions long-courriers, OAG estime qu’« une nouvelle expansion est très probable » dans les prochaines années.
En résumé, l’analyse d’OAG montre que les compagnies américaines ne se contentent plus de reconstruire leur réseau d’avant-Covid : elles le redessinent pour rester compétitives dans un monde où le voyage loisirs domine et où les alliances internationales jouent un rôle croissant. Les passagers bénéficieront de nouvelles options, mais certains marchés historiques pourraient disparaître au profit de destinations plus rentables.

@Newark Liberty International Airport
Aucun commentaire !