Un Boeing 737 de United Airlines et un hélicoptère militaire Black Hawk se sont dangereusement rapprochés mardi soir à l’atterrissage à Santa Ana, en Californie, au point de déclencher une alerte anticollision en cockpit et d’ouvrir une enquête de la Federal Aviation Administration (FAA).

L’incident survient alors que l’autorité américaine resserre justement les règles encadrant le trafic des hélicoptères à proximité des grands aéroports, après plusieurs quasi-collisions et un crash meurtrier près de Washington en 2025.

Un « near miss » sur l’approche de John Wayne Airport

Mardi 24 mars au soir, le vol United 589, un Boeing 737‑800 en provenance de San Francisco, était en approche finale sur l’aéroport John Wayne de Santa Ana (comté d’Orange), vers 20 h 40 locales. L’appareil, qui transportait 162 passagers et six membres d’équipage, descendait à travers 2 000 pieds lorsqu’un hélicoptère UH‑60 Black Hawk de la Garde nationale de Californie a croisé sa trajectoire à plus basse altitude.

Selon les données de FlightRadar24, les deux aéronefs se sont retrouvés à seulement 525 pieds (environ 160 mètres) de séparation verticale et 1 422 pieds (environ 430 mètres) de séparation latérale au plus près. Cette proximité a déclenché une alerte de résolution du système anticollision (TCAS RA) à bord du 737, poussant l’équipage à interrompre sa descente.

Réaction des pilotes et des contrôleurs

Avant même l’alarme, les contrôleurs de John Wayne avaient prévenu l’équipage de United de la présence d’un hélicoptère militaire opérant à proximité de l’aéroport et l’avaient enjoint de « faire attention » à ce trafic. Lorsque l’alerte TCAS s’est déclenchée, les pilotes ont fait cesser la descente et stabilisé l’avion en palier jusqu’à ce que le Black Hawk ait dégagé la trajectoire d’approche.

United Airlines a indiqué que « les pilotes ont observé l’hélicoptère et reçu une alerte de trafic, les amenant à stabiliser l’appareil », avant de poursuivre l’approche et d’atterrir sans incident. D’après un enregistrement audio d’ATC diffusé par le site LiveATC.net, un contrôleur a commenté après coup : « Nous allons traiter ça, parce que ce n’était pas bien. »

Le point de vue de l’armée et de la FAA

L’hélicoptère impliqué, identifié sous l’indicatif « Knife 25 », appartenait à la Garde nationale de Californie et revenait d’une mission d’entraînement vers sa base de Los Alamitos. Dans un communiqué, la composante aérienne de la Garde nationale a précisé que « l’appareil retournait vers le terrain de Los Alamitos en suivant une route VFR établie, à une altitude assignée, tout en restant en communication avec le contrôle aérien », ajoutant qu’« un examen approfondi sera mené en coordination avec les agences compétentes ».

La FAA a confirmé avoir ouvert une enquête pour déterminer dans quelles conditions le Black Hawk a pu « traverser devant » le Boeing de United en approche, et si cet événement entre dans le champ de ses nouvelles règles limitant la séparation visuelle assurée par les pilotes d’hélicoptère dans l’environnement des grands aéroports. L’agence devra notamment établir si les instructions de contrôle et le suivi radar étaient conformes à ces prescriptions récentes.

Un contexte de vigilance accrue autour des hélicoptères

Cet incident survient quelques jours seulement après la publication par la FAA d’un ordre imposant aux contrôleurs d’utiliser activement le radar pour suivre les hélicoptères lorsqu’ils traversent les trajectoires de décollage et d’atterrissage des avions dans les aéroports très fréquentés. Jusqu’ici, les pilotes d’hélicoptère pouvaient, dans de nombreuses situations, être responsables de la séparation visuelle avec les autres aéronefs selon le principe du « see and avoid » (« voir et éviter »).

Le précédent dramatique de Washington

Le renforcement du cadre réglementaire autour des hélicoptères est largement lié à un accident survenu le 29 janvier 2025 près de l’aéroport Reagan National, à Washington. Ce jour‑là, un Black Hawk de l’armée américaine en mission d’entraînement était entré en collision avec un avion régional d’American Airlines lors d’une phase d’atterrissage, provoquant la mort de 67 personnes, la pire catastrophe aérienne aux États‑Unis depuis près de vingt ans. Le NTSB a révélé que ce drame était largement prévisible, pointant la négligence et les failles du système aux Etats-Unis.

Après le crash de Washington, une proche collision entre un 737 de United et un hélicoptère Black Hawk met la pression sur la FAA  1 Air Journal

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