Israël va relever ce dimanche le plafond de passagers autorisés à bord des vols au départ de Tel Aviv-Ben Gourion, dans un espace aérien encore largement sous contraintes. L’Etat hébreu tente de relancer progressivement le trafic, après une réduction drastique liée aux risques de frappes de missiles iraniens.
À partir de dimanche, le ministère israélien des Transports prévoit d’autoriser jusqu’à 90 passagers sur les vols au départ de l’aéroport Ben Gourion, contre 50 précédemment. Selon le dispositif présenté par les autorités, 70 sièges seront ouverts à la vente et 20 places réservées à des cas humanitaires sur chaque vol.
Ce nouveau cadre « n’est pas encore définitif » et reste susceptible d’ajustements selon l’évaluation de la situation sécuritaire, précisent les médias israéliens. La ministre des Transports Miri Regev cherche à trouver un équilibre entre impératif de sécurité et nécessité de permettre des départs, notamment pour les personnes bloquées ou en situation d’urgence.
Les limitations restent toutefois très strictes : le nombre de décollages et d’atterrissages est plafonné à un mouvement par heure à Tel Aviv-Ben Gourion, dans un ciel encore quasi fermé aux vols commerciaux réguliers. Aucune restriction n’est en revanche imposée sur le nombre de passagers à l’arrivée, ce qui facilite les opérations de rapatriement vers Israël. « Une mesure prudente, encore sujette à ajustement, dans un contexte sécuritaire toujours tendu », résume la chaîne i24NEWS à propos de cette phase d’assouplissement.
Un trafic passagers déjà réduit à la portion congrue
Cette légère hausse du plafond de passagers intervient après une réduction sans précédent du trafic aérien israélien. Face au risque de missiles balistiques iraniens visant le centre et le sud du pays, le gouvernement israélien a progressivement fermé son espace aérien et imposé de fortes restrictions sur Ben Gourion.
Le 22 mars, les autorités ont décidé de limiter le trafic à un seul vol par heure, au départ comme à l’arrivée, avec un maximum de 50 passagers par vol au départ, contre environ 120 auparavant. Des passagers ont été évacués vers des abris à plusieurs reprises, après le déclenchement de sirènes et de tentatives d’interception de missiles.
La situation a conduit à la suspension quasi totale des liaisons commerciales régulières, la plupart des compagnies aériennes étrangères annulant leurs vols ou les reportant sine die. Selon la presse israélienne, la compagnie nationale El Al n’opère plus qu’environ 5% de ses capacités habituelles, essentiellement pour des vols de rapatriement ou quelques liaisons stratégiques.
Un ciel israélien pris dans la guerre régionale
La réduction du trafic aérien s’inscrit dans un contexte de guerre régionale, marquée par des échanges de tirs entre Israël et l’Iran, ainsi que des menaces répétées contre les infrastructures stratégiques. Plusieurs missiles balistiques ont visé la zone de Tel Aviv, certains impacts ayant été signalés dans l’agglomération, ce qui a ravivé les inquiétudes sur la vulnérabilité de l’aéroport.
Les autorités israéliennes affirment que les mesures de restriction visent à « prévenir tout risque pour les passagers » et à adapter les opérations aux capacités de la défense antimissile. Dans ce contexte, la réouverture progressive de l’espace aérien reste conditionnée à l’évolution des combats et aux évaluations des services de sécurité. La prolongation de la fermeture partielle de Ben Gourion jusqu’au 16 avril a ainsi été notifiée aux compagnies aériennes, avec la possibilité d’une révision selon la situation sécuritaire.
Une normalisation encore lointaine
Pour l’instant, la hausse du plafond à 90 passagers par vol au départ ressemble davantage à un ajustement technique qu’à un retour à la normale. Les fréquences restent extrêmement réduites, et la priorité est donnée aux vols de rapatriement et aux situations humanitaires, en coordination étroite avec El Al.
La ministre Miri Regev a détaillé un plan par étapes pour augmenter le nombre de vols, en passant d’un avion par heure avec environ 200 passagers à deux monocouloirs par heure, voire un gros-porteur, si les conditions de sécurité le permettent. Mais ces scénarios restent hypothétiques tant que la menace de nouvelles frappes iraniennes n’est pas écartée.
« La normalisation du trafic dépendra étroitement de l’évolution de la situation militaire », soulignent les médias israéliens, qui évoquent une reprise « graduelle » et « réversible » en fonction des besoins de sécurité. Les passagers, eux, doivent encore composer avec un ciel très restreint et un aéroport qui fonctionne au ralenti.

@AJ/DR
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