Une polémique grandit aux Pays-Bas autour de la rémunération de Marjan Rintel, directrice générale de KLM. Alors que la compagnie aérienne néerlandaise impose des économies à ses salariés, la dirigeante a perçu près de 1,6 million d’euros en 2025, soit une hausse de 32% par rapport à l’année précédente.
Le salaire fixe de Marjan Rintel reste inchangé à 600 000 euros brut par an. C’est la partie variable qui explose : son bonus a augmenté de 400 000 euros pour atteindre près d’un million d’euros. Cette bonification comprend des « phantom shares » (actions fantômes), des actions fictives liées à la valeur des véritables actions Air France-KLM. La hausse de la cote boursière du groupe a donc directement dopé sa rémunération.
La ministre néerlandaise des Finances, Eelco Heinen, a dénoncé un bonus « hors de proportion ». L’État néerlandais, actionnaire à près de 6%, a annoncé formuler une « objection officielle » lors de la prochaine assemblée générale.
Des coûts du personnel parmi les plus élevés d’Europe
La controverse survient alors que KLM fait face à une pression croissante sur politique salariale. Selon The Telegraaf, les coûts du personnel navigant de KLM seraient nettement supérieurs à ceux des concurrentes européennes, avec des dépenses pour le personnel sur long-courrier estimées jusqu’à 38% au-dessus d’Air France et de Lufthansa. KLM défend sa structure salariale, invoquant l’inflation aux Pays-Bas et la nécessité de rester concurrentielle en tant qu’employeur. Mais les syndicats et analystes restent divisés sur la justification de cet écart.
A noter que la rémunération de Marjan Rintel reste inférieure à celle du patron du groupe Air France-KLM, Benjamin Smith, qui a perçu 5,1 millions d’euros en 2025. Elle est également beaucoup moindre que celle du PDG de Lufthansa, Carsten Spohr, dont le salaire a augmenté de 58% pour atteindre 8,3 millions d’euros.
Cependant, la hausse de 32% de la rémunération de Marjan Rintel crée un contraste perçu comme injuste par certains. Si KLM est dans le vert, sa situation est loin d’être confortable : la marge opérationnelle (3,2 %) reste faible et inférieure à celle d’Air France (environ 6,7 %) et à l’objectif du groupe franco-néerlandais (plus de 8 % à moyen terme). KLM elle-même décrit ses résultats comme « stabilisés » mais vulnérables. La direction insiste sur la nécessité de décisions structurelles supplémentaires en 2026 (nouvelles économies, gains de productivité, transformation plus profonde) pour réduire cette vulnérabilité et viser une marge plus solide à long terme.
L’équation difficile de la compétitivité
Le débat aux Pays-Bas soulève des questions sur l’impact des coûts élevés du personnel et sur la compétitivité à long terme de la compagnie aérienne néerlandaise. Les représentants des pilotes de KLM ont contesté certaines données sur les coûts des équipages, tandis que d’autres syndicats reconnaissent la pression, pointant des défis sectoriels plus larges incluant les prix du pétrole et l’instabilité géopolitique.
Marjan Rintel n’a pas encore réagi publiquement aux critiques de la ministre des Finances. L’assemblée générale des actionnaires d’Air France-KLM, où les rémunérations des dirigeants du groupe seront soumises à vote, se tiendra prochainement.

@KLM
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