Pour la première fois depuis les frappes américaines et israéliennes du 28 février, des vols comerciaux ont de nouveau décollé ce week end de Téhéran vers Istanbul, Mascate et Médine, marquant une étape symbolique vers la normalisation du trafic aérien iranien. Mais cette reprise reste partielle, dans un ciel moyen-oriental toujours sous tension et sur fond de risque de pénurie de carburant aérien en Europe lié au blocage du détroit d’Ormuz.

Téhéran rouvre son grand hub international

Samedi 25 avril, l’aéroport international Imam-Khomeini, principal hub long-courrier de l’Iran situé au sud de Téhéran, a officiellement repris ses opérations commerciales. Selon la télévision d’État iranienne et l’agence IRNA, des vols sont repartis vers Istanbul (Turquie), Mascate (Oman) et Médine (Arabie saoudite), premières destinations internationales remises en ligne après 56 jours d’arrêt.

L’agence de presse ISNA, citant l’Organisation de l’aviation civile iranienne, avait déjà annoncé quelques jours plus tôt que les autorités donnaient leur feu vert à la reprise des vols passagers à Imam-Khomeini et à l’aéroport de Mehrabad, l’autre grand aéroport de la capitale dédié surtout au domestique. « L’autorisation d’exploiter des vols passagers aux aéroports Imam-Khomeini et Mehrabad a été délivrée à compter du 20 avril 2026 », indiquait ainsi ISNA, marquant la fin d’une fermeture de plus d’un mois.

Iran Air relance son réseau domestique et régional

Iran Air, la compagnie nationale, a opéré un premier vol de reprise entre Téhéran et Machhad, deuxième ville du pays et important centre religieux, après une interruption de 56 jours. Ce vol inaugural, largement relayé par les médias officiels, symbolise la volonté de remettre en marche un réseau domestique stratégique pour la mobilité intérieure et le pèlerinage chiite.

Selon IRNA, d’autres liaisons sont programmées dans les jours à venir vers Bakou (Azerbaïdjan), Nadjaf et Bagdad (Irak), ainsi que Doha (Qatar), confirmant une reprise graduelle des flux religieux et de transit dans la région. « Nous donnons la priorité au redémarrage des liaisons les plus essentielles, qu’il s’agisse des grandes villes iraniennes ou des principales destinations de pèlerinage », indiquent les autorités aéroportuaires, citées par les médias

Des aéroports de province érigés en nœuds de transit

Mohammad Amirani, directeur général d’Iran Airports and Air Navigation Company, a expliqué que la partie orientale du pays – frontalière du Turkménistan, de l’Afghanistan et du Pakistan – sera priorisée pour les vols domestiques et de transit. Cette stratégie vise à reconstruire des couloirs de survol et de correspondance en s’appuyant sur des plateformes régionales moins exposées que la capitale aux tensions militaires.

Plusieurs aéroports provinciaux – Machhad, Zahedan, Kerman, Yazd ou encore Birjand – doivent ainsi devenir de véritables nœuds de redirection du trafic. L’Autorité de l’aviation civile a par ailleurs annoncé la reprise progressive des vols passagers dans d’autres villes comme Urmia, Abadan, Kermanshah, Shiraz, Rasht, Gorgan ou Kerman, dessinant une remise en service par vagues de l’ensemble du maillage aéroportuaire iranien.

Un ciel moyen-oriental encore convalescent

La reprise des vols à Téhéran s’inscrit dans un contexte de ciel moyen-oriental encore profondément perturbé par le conflit déclenché fin février. Le 28 février, les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, suivies de représailles iraniennes, ont entraîné la fermeture partielle ou totale de l’espace aérien d’au moins huit pays, dont l’Iran, Israël, la Jordanie, le Qatar, Bahreïn, le Koweït, les Émirats arabes unis et la Syrie.

Si l’Iran a commencé à rouvrir ses aéroports, les autorités reconnaissent avoir entamé des consultations avec des compagnies étrangères pour clarifier les routes et tenter de réattirer le trafic de transit. Ces discussions s’effectuent alors qu’une trêve fragile reste en vigueur avec les États-Unis et que des émissaires américains se rendent au Pakistan pour des discussions jugées décisives pour de possibles pourparlers de paix.

Pour les transporteurs internationaux, la reprise d’escales en Iran et du survol de la région reste étroitement conditionnée aux évaluations de risque, aux recommandations des autorités de sûreté et aux polices d’assurance. Depuis le 28 février, l’Agence de sécurité aérienne de l’Union européenne (EASA) a par exemple recommandé d’éviter certaines zones du Moyen-Orient, entraînant de longs contournements, notamment via le Caucase, la Méditerranée orientale ou la péninsule arabique.

L’aéroport Imam-Khomeini reprend vie, l’aviation iranienne en mode redémarrage 1 Air Journal

@Kam Air