United Airlines va rouvrir, à partir du 11 août 2026, sa liaison quotidienne Houston–Caracas, près de neuf ans après avoir quitté le marché vénézuélien, dans le sillage du récent retour d’American Airlines entre Miami et la capitale du pays.

Ce rétablissement de vols passagers directs entre les États-Unis et le Venezuela s’inscrit dans un dégel progressif des liaisons aériennes, étroitement lié aux enjeux énergétiques et à la volonté de Washington de soutenir la reprise de la production pétrolière vénézuélienne.

United de retour au Venezuela après près de neuf ans

United Airlines a annoncé la reprise d’une liaison quotidienne sans escale entre son hub de Houston–George Bush Intercontinental (IAH) et l’aéroport international Simón Bolívar de Caracas (CCS) à compter du 11 août 2026, sous réserve des dernières autorisations gouvernementales. Le transporteur américain avait suspendu ses opérations vers le Venezuela en juin 2017, après plus de vingt ans de présence sur ce marché, sur fond de crise politique, économique et sécuritaire.

Les vols seront opérés en Boeing 737 MAX 8, configurés avec systèmes de divertissement individuels au dossier, connectivité Bluetooth et Wi‑Fi haut débit Starlink à terme, ainsi qu’un espace cabine optimisé pour les bagages cabine. Dans son communiqué, United souligne que cette route « rouvre une porte d’entrée économique clé, crée de nouvelles opportunités d’affaires et facilite les retrouvailles des familles avec leurs proches ». Patrick Quayle, Senior Vice President Global Network Planning and Alliances, se félicite de ce retour : « Après près d’une décennie, United se réjouit de pouvoir reprendre la liaison entre Houston et le Venezuela grâce au leadership et au soutien du Département des Transports et du gouvernement américain. Ce vol contribuera à renforcer les liens culturels et économiques à travers les Amériques et consolide encore le hub de Houston comme une porte d’entrée majeure vers la région. »

Un maillon de plus dans le réseau latino‑américain de United

Le retour à Caracas s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement du pôle latino‑américain de United à Houston, d’où la compagnie propose désormais jusqu’à 100 vols par jour vers plus de 50 destinations en Amérique latine et dans les Caraïbes. Depuis IAH, les passagers peuvent ensuite se connecter vers plus de 180 destinations dans le monde, confirmant le rôle de ce hub comme plaque tournante intercontinentale du réseau de la compagnie.

United met également en avant l’importante transformation de son terminal B à Houston, un projet d’environ 2 milliards de dollars qui doit ouvrir plus tard cette année, avec 22 nouvelles portes pour avions de ligne et le plus grand United Club du réseau.

La liaison Houston–Caracas doit aussi capitaliser sur la forte présence de l’industrie pétrolière et parapétrolière texane, historiquement très liée au Venezuela. Plusieurs analyses sectorielles soulignent que les premiers flux de trafic attendus combinent voyageurs d’affaires du secteur énergétique, membres de la diaspora vénézuélienne installée aux États-Unis et une clientèle « affinitaire » venant rendre visite à des proches, un positionnement différent d’un trafic purement touristique encore limité compte tenu du contexte local.

American Airlines a rouvert la voie entre Miami et Caracas

United devient le deuxième transporteur américain à rétablir un service régulier vers le Venezuela, quelques semaines seulement après le retour d’American Airlines sur la route Miami–Caracas. American a en effet relancé le 30 avril 2026 un vol quotidien sans escale entre l’aéroport de Miami (MIA) et Caracas, opéré en Embraer 175 par Envoy Air, sa filiale régionale, après la levée en 2024–2025 de l’interdiction fédérale visant les vols commerciaux directs entre les deux pays instaurée en 2019.

Pour les passagers vénézuéliens, la réouverture de ces deux axes majeurs – Houston pour United, Miami pour American – offre à nouveau des accès directs à deux des plus grands hubs américains, avec des correspondances possibles vers l’ensemble de l’Amérique du Nord, l’Europe ou l’Asie. À l’échelle du marché, ces deux liaisons structurent un début de reconstruction du réseau long‑courrier international de Caracas, amputé de nombreux opérateurs depuis le milieu des années 2010.

Un dossier hautement politique et énergétique

Au‑delà de l’aspect purement commercial, le dossier de la reprise des vols américains vers le Venezuela est fortement encadré par Washington. Dans un communiqué distinct, le Département des Transports (DoT) souligne que cette réouverture s’inscrit dans l’agenda du président Donald Trump visant à « élargir les sources d’énergie des États‑Unis afin de faire baisser les coûts pour les consommateurs ».

Le secrétaire aux Transports, Sean P. Duffy, salue ainsi un « nouveau développement réjouissant dans la relation entre nos deux pays », en ajoutant : « Sous la direction du président Donald Trump, mon département est fier de s’associer à United pour faire de cette journée historique une réalité. Ce vol sera crucial pour transporter les travailleurs du secteur de l’énergie dans le pays, alors que les États‑Unis et le Venezuela collaborent pour accroître la production et générer de nouvelles opportunités économiques. » Le sous‑secrétaire aux Transports Ryan McCormack rappelle de son côté que le premier vol commercial américain vers Caracas en plus de sept ans a été opéré plus tôt ce printemps entre Miami et la capitale vénézuélienne, dans le cadre du retour d’American Airlines.

Les autorités américaines insistent sur le fait que ces liaisons « seront essentielles pour développer les opportunités commerciales dans la région et aider les familles à se retrouver », tout en affirmant que la reprise des vols se fait sous condition d’un cadre sécuritaire et réglementaire jugé satisfaisant. Le DoT évoque clairement un soutien assumé aux compagnies américaines pour « renforcer la relation entre les deux pays et offrir aux entreprises comme United l’appui nécessaire pour aider à combler le fossé ».

Un marché encore fragile, mais stratégique

Avant les suspensions successives, le Venezuela occupait une place singulière dans le réseau latino‑américain des majors américaines, combinant trafic affinitaire, flux d’affaires liés à l’énergie et quelques segments loisirs, notamment vers les îles et les plages du pays. La crise économique profonde, l’hyperinflation, les tensions politiques et la détérioration des conditions de sécurité avaient conduit de nombreuses compagnies – américaines, latino‑américaines et européennes – à réduire ou cesser leurs opérations, entraînant une chute drastique de la connectivité aérienne internationale de Caracas.

Liaisons européennes vers Caracas

En parallèle du retour des compagnies américaines, la connectivité entre l’Europe et Caracas se reconstruit autour de quelques transporteurs pivots. Côté européen, Iberia, Air Europa, TAP Air Portugal ou encore Air France mais grâce à son partenariat avec Copa Airlines, sont aujourd’hui les principaux acteurs visibles sur le marché vénézuélien, avec une offre encore en deçà des niveaux d’avant la grande vague de suspensions des années 2010.

Depuis Madrid, Iberia a repris en avril 2026 ses vols vers Caracas après plusieurs mois d’interruption, avec quatre fréquences hebdomadaires (mardi, jeudi, vendredi et dimanche) opérées en Airbus A330-200 loué à Privilege Style, dans l’attente du retour à pleine disponibilité de sa propre flotte long‑courrier. La compagnie indique qu’un retour à un service quotidien pourrait intervenir d’ici le troisième trimestre 2026 si les coefficients de remplissage se maintiennent, confirmant le rôle de Madrid–Barajas comme principal hub Europe–Amérique latine.

Air Europa, également basée à Madrid, propose une desserte de Caracas avec une offre qui reste qualifiée de « limitée » par la presse économique espagnole, après une période de suspension liée aux avertissements de la FAA et de l’AESA. La compagnie a programmé une reprise progressive de la liaison Madrid–Caracas, avec des fréquences encore restreintes.

Au Portugal, TAP Air Portugal commercialise des vols entre Lisbonne et Caracas. Enfin, Air France met en avant sur son site des « vols pour Caracas » au départ de Paris et d’autres villes de province françaises, vendus sous code AF mais opérés avec correspondance par son partenaire Copa Airlines ou via des itinéraires combinés, l’offre directe française restant absente.

Après American, United relance une liaison quotidienne vers Caracas depuis Houston 1 Air Journal

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