El Al vient d’enregistrer sa première perte depuis trois ans, sous l’effet direct de la guerre avec l’Iran et de la fermeture temporaire de l’espace aérien israélien. Malgré ce retour dans le rouge, la compagnie aérienne israélienne anticipe un redressement dès le deuxième trimestre 2026, portée par la reprise progressive du trafic et la faiblesse de la concurrence étrangère.

Après trois exercices bénéficiaires, El Al replonge dans les pertes sur les trois premiers mois de 2026 : une perte nette de 67 millions de dollars au premier trimestre, contre un bénéfice net d’environ 96 millions de dollars un an plus tôt. Cette contre‑performance contraste avec les résultats record annoncés fin 2025, lorsqu’elle se targuait de bénéfices historiques, portés par une forte demande et par la réduction de la concurrence internationale. El Al avait alors dégagé environ 410 millions de dollars de bénéfice net sur un an, avec un taux de remplissage proche de 94% sur certaines périodes.

Un conflit qui coûte cher
La direction d’El Al attribue cette brusque dégradation au conflit entre les États‑Unis, Israël et l’Iran, qui a fortement perturbé le ciel du Moyen‑Orient. La fermeture de l’espace aérien israélien à partir du 28 février a entraîné l’annulation de nombreux vols, des déroutements et une hausse des coûts d’exploitation.

Selon les chiffres communiqués par la direction, les 40 jours de guerre avec l’Iran ont provoqué à eux seuls environ 145 millions de dollars de pertes. Sur la période janvier‑mars 2026, le chiffre d’affaires a ainsi reculé de 27%, pour tomber à 562 millions de dollars, contre 774 millions un an plus tôt.

Baisse de revenus, hausse des coûts
La fermeture temporaire de l’espace aérien israélien a non seulement réduit l’offre de vols, mais aussi renchéri les routes encore opérationnelles. Les avions ont dû contourner certaines zones, rallongeant les temps de vol et augmentant la consommation de carburant, dans un contexte de prix du pétrole déjà élevé.

En parallèle, El Al a dû faire face aux coûts supplémentaires liés aux annulations, aux remboursements et à la réorganisation de son programme de vols. Dès le début des tensions avec l’Iran, elle avait d’ailleurs assoupli ses conditions d’annulation, offrant davantage de flexibilité à ses clients, ce qui a aussi pesé sur les recettes.

Cependant, si la guerre a fragilisé les comptes, elle a aussi laissé El Al en position dominante sur le marché israélien pendant plusieurs semaines. Durant les restrictions de trafic, seules les compagnies aériennes locales El Al, Arkia et Israir étaient autorisées à opérer, tandis que de nombreuses compagnies aériennes étrangères suspendaient leurs vols vers Tel‑Aviv. Cette situation a soutenu la demande pour les vols de la compagnie nationale El Al, qui a vu ses lignes rester très fréquentées dès que l’espace aérien a été partiellement rouvert.

Un redressement attendu dès le deuxième trimestre
Malgré la perte enregistrée au premier trimestre, la direction d’El Al se montre optimiste pour la suite de l’année. Elle anticipe un retour aux bénéfices dès le deuxième trimestre 2026, grâce à la reprise intégrale des opérations et au maintien d’une concurrence étrangère encore réduite vers Israël.

Les commandes d’appareils long‑courriers, notamment des Boeing 787 supplémentaires, témoignent également de la volonté d’El Al de poursuivre son expansion une fois la situation géopolitique stabilisée. La compagnie nationale israélienne mise sur une demande toujours forte et sur la possibilité d’ouvrir de nouvelles routes, y compris vers des marchés lointains comme l’Amérique latine.

Des perspectives encore dépendantes du contexte régional
Reste que la trajectoire d’El Al demeure étroitement liée à l’évolution du conflit au Moyen‑Orient. Toute nouvelle fermeture de l’espace aérien israélien, ou tout regain de tensions avec l’Iran, pourrait à nouveau perturber gravement ses opérations et peser sur ses comptes.

Guerre au Moyen-Orient : El Al replonge dans le rouge après trois ans de profits interrompus 1 Air Journal

Tel Aviv @AJ/DR