Wizz Air a annoncé le 8 juin 2026 la signature d’un accord avec Starlink, le service Internet par satellites de SpaceX, pour équiper l’intégralité de sa flotte d’Airbus en Wi‑Fi haut débit à partir de 2027.
La compagnie hongroise, positionnée sur le créneau ultra low‑cost, revendique le statut de premier transporteur à bas coûts européen à adopter la solution de connectivité de SpaceX, déjà choisie par plusieurs compagnies américaines et internationales.
Un ultra low‑cost européen bascule dans l’ère du haut débit
Dans son communiqué, Wizz Air affirme être le « premier transporteur ultra low‑cost européen » à s’engager avec Starlink pour une solution de connectivité en vol déployée à l’échelle de la flotte, avec un calendrier de mise en service à partir de 2027. La compagnie, qui exploite une flotte d’environ 240 Airbus de la famille A320 et A321 (y compris ses filiales à Malte, au Royaume‑Uni et à Abu Dhabi), prévoit d’équiper l’ensemble de ses appareils afin de garantir « une expérience homogène à bord, quel que soit l’itinéraire ou la destination ».
Se présentant comme celle qui « renverse les codes », Wizz Air souligne que la connectivité haut débit était jusqu’ici « considérée comme un privilège réservé aux billets premium » et entend l’amener dans l’univers ultra low‑cost. « Le voyage ultra low‑cost a toujours consisté à rendre plus d’opportunités accessibles au plus grand nombre », explique Ian Malin, directeur commercial (CCO) de Wizz Air. « En 2027, nous allons appliquer cette philosophie à l’ère spatiale. Nos clients ne devraient pas avoir à choisir entre des tarifs abordables et un Internet fiable à bord pour rester connectés aux personnes, au travail et aux moments qui comptent le plus. »
Starlink en cabine : promesse de haut débit « comme à la maison »
De son côté, Starlink met en avant la capacité de son réseau satellitaire en orbite basse à offrir un débit élevé, une latence réduite et une couverture continue du décollage à l’atterrissage. « Nous sommes ravis d’embarquer Starlink à bord des avions de Wizz Air et de transformer l’expérience de voyage de millions de ses clients », déclare Jason Fritch, vice‑président des ventes entreprises de Starlink chez SpaceX. « Assurer une connexion fluide des passagers et des équipages à 30 000 pieds, c’est exactement l’objectif de cette technologie. Nous avons hâte de fournir un Internet fiable et à haut débit du départ à l’arrivée. »
Les systèmes Starlink pour l’aviation sont conçus pour permettre le streaming vidéo, les appels vidéo, l’usage des réseaux sociaux et la messagerie professionnelle, avec des performances comparables à une connexion terrestre haut débit, là où les solutions traditionnelles en bande Ku ou Ka restent souvent limitées en débit et sensibles à la congestion. Pour les équipages, cette connectivité ouvre aussi des perspectives en matière d’outils opérationnels, de mise à jour temps réel des plans de vol, des données météo ou de la maintenance prédictive, même si ces usages ne sont pas détaillés à ce stade par Wizz Air.
Un marché de la connectivité en pleine recomposition
Wizz Air arrive sur un segment où plusieurs compagnies, notamment américaines, ont déjà annoncé des accords avec Starlink pour leurs flottes. Aux États‑Unis, United Airlines, Southwest Airlines, Alaska Airlines et American Airlines communiquent sur un déploiement progressif de la solution, privilégiant d’abord les monocouloirs et les flottes régionales.
En Europe, les groupes IAG (maison mère de British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus, etc.) et Lufthansa ont indiqué explorer ou adopter Starlink pour une partie de leurs appareils, dans un paysage où d’autres solutions restent présentes, de Viasat à Inmarsat ou aux futurs systèmes comme Project Kuiper d’Amazon. Air France, SAS, Qatar Airways, Air New Zealand, Zipair ou encore AirBaltic figurent parmi les transporteurs ayant annoncé l’intégration de Starlink ou l’étude avancée de cette solution, confirmant l’attrait du modèle LEO pour l’aviation commerciale.
Pour un acteur comme Wizz Air, très agressif sur les coûts unitaires, le choix d’un système à haut débit traduit la montée en puissance d’une connectivité devenue quasiment standard aux yeux des passagers européens, y compris sur le segment low‑cost, en particulier sur des vols moyens‑courriers de plusieurs heures.
Enjeux économiques et questions encore ouvertes
La compagnie ne précise pas encore si le service Starlink sera facturé aux passagers, inclus dans le prix du billet, ou proposé gratuitement sous conditions, comme l’adhésion à un programme de fidélité, modèle retenu par plusieurs opérateurs. Aux États‑Unis, United propose par exemple un accès gratuit à Starlink aux membres de son programme MileagePlus, tandis qu’Air France, Hawaiian Airlines ou encore Qatar Airways ont opté pour une gratuité ciblée ou totale pour leurs clients.
Pour un ultra low‑cost, la monétisation de cette nouvelle brique de service pourrait passer par différentes options : Wi‑Fi payant, gratuité partielle avec publicité, segmentation par type de trafic (messagerie gratuite, streaming payant)…

Tony de Brest a commenté :
8 juin 2026 - 16 h 33 min
Selon le quotidien national italien Corriere della Sera, qui consacre ce lundi 8 juin un article au même sujet, le service sera payant. Le journal précise que les détails concernant les tarifs et les prestations associées seront dévoilés à l’approche du lancement.
L’auteur de l’article souligne également que Wizz Air prend le contrepied de Ryanair, dont le PDG, Michael O’Leary — en discussions tant avec Starlink qu’avec Amazon — a expliqué qu’il ne voyait aucun intérêt à installer Starlink pour le facturer quelques euros, estimant, dit‑il, que « nos passagers ne seraient pas disposés à payer pour le Wi‑Fi sur un vol d’une heure. »