Un nouvel incident de sécurité aérienne aux États-Unis relance les interrogations sur les opérations en zone aéroportuaire dense. Samedi matin, à Boston Logan, deux avions de ligne se sont retrouvés à quelque 300 pieds, soit un peu moins de 100 mètres l’un de l’autre sur des pistes intersectantes, contraignant un équipage à effectuer une remise de gaz d’urgence. Une enquête a été ouverte par les autorités fédérales.

Un croisement critique sur pistes intersectantes

La Federal Aviation Administration (FAA) et le National Transportation Safety Board (NTSB) ont ouvert une enquête après un incident survenu le samedi 21 juin à l’aéroport international Boston Logan, l’un des hubs les plus contraints de la côte Est américaine. Selon les données de suivi de vol Flightradar24, le vol Delta Air Lines DL2351, opéré en Airbus A319, était en phase finale d’approche vers 11h30 locales lorsqu’il a interrompu son atterrissage. Au même moment, le vol American Airlines AA3161 opéré en Boeing 737-800 entamait sa course au décollage, à destination de Charlotte, sur une piste sécante.

Les deux appareils se sont retrouvés à une distance de « quelques centaines de pieds » seulement, selon une analyse de CNN, un écart particulièrement réduit dans un environnement aussi contrôlé. Selon plusieurs médias anglo-saxons, citant une analyse des données Flightradar24, les deux appareils se sont approchés à environ 300 pieds (quelque 90 mètres) l’un de l’autre.

Une remise de gaz décisive

Face à la situation, l’équipage de Delta a exécuté une remise de gaz — procédure standard consistant à interrompre l’atterrissage pour reprendre de l’altitude — avant de se repositionner et d’atterrir sans incident. « Les pilotes ont effectué une manœuvre d’évitement avant que l’appareil n’atterrisse en toute sécurité. Les passagers ont débarqué normalement », a indiqué un porte-parole de Delta Air Lines.

La remise de gaz (« go-around ») est une procédure standard en aviation commerciale. Elle consiste à interrompre une approche pour remonter immédiatement, avant de recevoir de nouvelles instructions du contrôle aérien. Elle permet notamment d’éviter les incursions de piste — situations où un avion, un véhicule ou une personne se trouve à tort sur une piste active — ou de réagir à des conditions défavorables (trafic, météo, instabilité de l’approche). Cette manœuvre, bien que spectaculaire pour les passagers, constitue un élément fondamental de la sécurité aérienne.

Des communications ATC au cœur de l’enquête

Les premiers éléments pointent vers une possible incompréhension dans les instructions du contrôle aérien. Selon des enregistrements audio publiés par ATC.com, un contrôleur a demandé au vol American Airlines sa destination, le pilote répondant avoir reçu l’autorisation de décoller.

American Airlines a renvoyé toute demande de commentaire vers la FAA, qui mène l’enquête principale, en coordination avec le NTSB. L’analyse des échanges radio et des procédures d’autorisation sera déterminante pour établir la chaîne des responsabilités.

L’aéroport de Boston Logan est connu pour sa configuration complexe, avec plusieurs pistes intersectantes, ce qui augmente la nécessité d’une coordination rigoureuse entre pilotes et contrôleurs.