Ryanair va nettement réduire ses opérations en Belgique en transformant une vingtaine de liaisons annuelles en routes purement saisonnières, en les supprimant pendant l’hiver. La low cost irlandaise met directement en cause la taxe aérienne fédérale belge, appelée à augmenter, qu’elle juge « punitive » pour l’aérien belge.

Ryanair va « saisonnaliser » pas moins de 20 liaisons aujourd’hui opérées à l’année au départ de Charleroi-Bruxelles Sud et Brussels Airport (Bruxelles-National), selon plusieurs médias belges. Concrètement, ces routes ne seront plus proposées en continu, mais concentrées sur la haute saison estivale, avec un arrêt pendant la saison hiver 2026‑2027.

Cette réorganisation s’inscrit dans un plan plus large comprenant le retrait de cinq avions (Boeing 737-800 ou 737 MAX 8-200) basés à Charleroi-Bruxelles Sud, faisant passer la flotte locale de la low cost de 18 à 14 appareils. Elle entraîne la suppression d’environ un million de sièges sur le marché belge pour l’hiver 2026‑2027, soit une baisse d’environ 22% du trafic de passagers de Ryanair dans le pays. À terme, la low cost évoque même une réduction de plus de deux millions de sièges sur deux ans, si le cadre fiscal ne s’améliore pas.

« Les prévisions que nous avons reçues de la part de Ryanair pour cet hiver ne sont pas bonnes du tout », confirme au site Mobilithib Christophe Segaert, CEO de BSCA, la société gestionnaire de Charleroi-Bruxelles Sud.

Augmentation de la taxe aérienne fédérale
Au cœur de la décision, Ryanair pointe la taxe d’embarquement belge, entrée en vigueur en 2022 et appelée à augmenter encore. Depuis son introduction, chaque billet d’avion émis pour un départ d’un aéroport belge est soumis à une surtaxe comprise entre 2 et 10 euros selon la distance de vol, avec un niveau maximal pour les trajets de moins de 500 km.

Un accord budgétaire prévoit en outre de porter cette taxe à 10 euros pour tous les vols au départ de 2027, avec de nouvelles hausses programmées pour les court‑courriers les années suivantes. « À la suite de cette deuxième augmentation en seulement cinq mois, Ryanair a été contrainte de réduire de 22% son trafic à Bruxelles et de retirer 5 avions basés à Charleroi », souligne la low cost dans ses communications aux médias belges.

« Taxes stupides » et perte d’attractivité
Michael O’Leary, le patron de Ryanair, dénonce des « taxes stupides » qui « nuisent à la compétitivité de la Belgique » face à d’autres marchés européens. Il estime que ces prélèvements rendent les billets au départ de la Belgique plus chers que dans les pays voisins, au détriment des passagers et des aéroports locaux. Lors d’une conférence de presse à Bruxelles, il a prévenu que sa compagnie à bas coût « continuera à réduire » ses capacités tant que ces taxes resteront en place, et n’exclut pas de futures coupes supplémentaires si, en plus de la taxe fédérale, certains aéroports ou villes ajoutent leurs propres redevances sur les passagers.

Un bras de fer avec les autorités belges
Du côté du gouvernement fédéral, la taxe aérienne est défendue comme un outil à la fois budgétaire et environnemental, visant à faire contribuer davantage le transport aérien et à inciter à des alternatives bas carbone pour les courts trajets. La Cour constitutionnelle a déjà validé le principe de cette taxe, rejetant les recours des compagnies aériennes.

Les aéroports belges, eux, s’inquiètent de l’impact de ces décisions sur leur attractivité, alors que Ryanair reste un acteur majeur du trafic à Charleroi-Bruxelles Sud et un contributeur important aux flux low cost à Bruxelles. La « saisonnalisation » de 20 lignes et la suppression de plus d’un million de sièges dès l’hiver 2026‑2027 devraient mécaniquement peser sur le trafic, l’emploi local et les recettes aéroportuaires.

Belgique : Ryanair réduit de 22% son trafic et saisonnalise 20 lignes à cause de la taxe aérienne 1 Air Journal

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