Un Boeing 787 de Saudia a heurté, dans la nuit du 7 au 8 juillet, la dérive d’un Airbus A320 de Philippine Airlines stationné au sol à l’aéroport international Ninoy Aquino de Manille, entraînant des dommages significatifs sur les deux appareils et l’ouverture d’une enquête de sécurité.

Aucun blessé n’a été signalé, mais le vol Saudia à destination de Djeddah a été annulé et les deux avions ont été immobilisés pour inspection technique.

Les faits : un 787 de Saudia percute un A320 de PAL

Selon les premières informations disponibles, un Boeing 787 de Saudia, opérant le vol SV871 à destination de Djeddah avec 252 passagers prévus à bord, a heurté le plan vertical arrière d’un Airbus A320 de Philippine Airlines, immatriculé RP‑C8612, stationné au Bay 25 (Remote Parking 25) de Ninoy Aquino International Airport (NAIA). Les rapports concordants indiquent que l’extrémité de l’aile gauche du 787 est entrée en contact avec la dérive et la gouverne de direction de l’A320, provoquant des dommages particulièrement visibles sur l’empennage du monocouloir de PAL.

Philippine Airlines a confirmé qu’aucun passager ni membre d’équipage ne se trouvait à bord de l’A320 au moment de l’impact, tandis qu’aucun blessé n’a été signalé parmi les personnes à bord du 787 ou sur l’aire de trafic. L’appareil de PAL a été immédiatement retiré du service « dans l’attente d’une évaluation technique », a indiqué la compagnie, qui précise « coordonner étroitement avec les autorités aéroportuaires et de l’aviation concernées dans le cadre de l’enquête ».

Enquête en cours : trajectoires au sol et limitations de roulage au cœur des questions

L’opérateur de l’aéroport, New NAIA Infra Corp. , a indiqué qu’« une enquête complète est en cours pour déterminer les circonstances entourant l’incident, y compris un examen des communications côté piste, des enregistrements de mouvements d’aéronefs et des autres données opérationnelles pertinentes », selon un communiqué relayé par les médias locaux. NNIC souligne également qu’« aucune infrastructure aéroportuaire ni équipement au sol n’a été endommagé » et que ses équipes « opérations au sol et sûreté » sont intervenues immédiatement après la collision.

Des éléments apparus dans des comptes rendus locaux suggèrent que le 787 se trouvait en phase de roulage après avoir reçu une clairance par l’« Apron Control » pour emprunter le taxiway Lima et s’arrêter avant le point de sortie Golf 8 (G8). Il est évoqué que l’équipage aurait mal compris cette autorisation comme visant le point Golf 3 (G3) et aurait poursuivi son roulage jusqu’à Golf 6 (G6), à hauteur de la position Remote Parking 25 occupée par l’A320, dans une zone où les limitations de roulage ne prévoient normalement que des mouvements pour des avions de code C, à l’exclusion des appareils de code D et E comme le Boeing 787. Ces informations devront toutefois être confirmées ou infirmées par l’enquête officielle des autorités philippines et, le cas échéant, par les rapports finaux du Bureau of Aircraft Accidents Investigation (si saisi) ou de la CAAP.

Des dommages pour les deux appareils

Le vol Saudia SV871 à destination de Djeddah a été annulé à la suite de l’incident, le Boeing 787 impliqué étant immobilisé pour inspection approfondie de l’aile et de la structure adjacente, conformément aux procédures de maintenance après choc.

Côté Philippine Airlines, l’Airbus A320-214 RP‑C8612 présente des dommages importants sur la dérive et la gouverne de direction, ce qui nécessite très probablement des travaux structurels lourds en atelier, voire un remplacement complet de l’empennage vertical. La compagnie a confirmé que l’avion est « retiré du service » dans l’attente de cette évaluation, ce qui réduira temporairement ses capacités de flotte sur le réseau domestique et régional, déjà très dense autour de Manille.

Rappels de sécurité : les collisions au sol, un risque connu mais encadré

Les collisions au sol entre avions, en particulier lors des phases de roulage de nuit ou dans des configurations d’aires de stationnement serrées, sont un risque bien identifié par l’OACI et les autorités nationales. Elles donnent lieu à des recommandations récurrentes sur la clarté des procédures de roulage, la signalisation des limitations de taxiway en fonction des catégories d’appareils (codes OACI A à F) et l’usage accru de moyens d’aide à la navigation au sol, comme les cartes électroniques (EFB) avec positions GPS ou les systèmes de guidage au roulage.