Un Boeing 737 MAX affrété pour Wizz Air a frôlé l’accident lors de son décollage à Londres-Luton en avril 2025, selon un rapport publié début juillet 2026 par l’Air Accidents Investigation Branch (AAIB). En cause : une erreur dans la saisie des performances de décollage, qui a conduit l’appareil à quitter le sol à quelques secondes seulement d’une sortie de piste.
Une erreur de calcul aux conséquences critiques
L’incident concerne le vol W9 5411 entre Londres-Luton et Athènes, opéré en wet lease par Ascend Airways. À bord, 162 passagers et 6 membres d’équipage. Initialement, les pilotes avaient planifié un décollage depuis l’extrémité de la piste 25. Mais lors du roulage, ils acceptent une proposition du contrôle aérien d’utiliser une intersection plus proche, réduisant la distance disponible à 1 771 mètres contre 2 116 mètres.
Selon le bulletin de l’AAIB, rendu public le 9 juillet, « l’équipage a accepté une modification du point de décollage prévu, mais n’a pas vérifié que les performances de décollage avaient été correctement saisies dans l’ordinateur de bord ».
Des vitesses mal configurées, une poussée insuffisante, une marge de sécurité quasi inexistante
Cette modification implique normalement un recalcul des vitesses de référence (V1, VR, V2) et de la poussée moteur. Or, les paramètres entrés dans le Flight Management Computer (FMC) sont restés ceux d’un décollage pleine piste. Résultat : la poussée utilisée a atteint 82,1%, alors que 85,2% étaient nécessaires dans cette configuration. L’avion a ainsi accéléré trop lentement sur une distance réduite. Au moment de la rotation (le moment où l’avion décolle de la piste), la vitesse était d’environ 276 km/h, soit inférieure aux performances requises, avec une marge de sécurité fortement dégradée.
L’appareil a quitté le sol alors qu’il ne restait que 162 mètres de piste. Il a franchi l’extrémité à moins de 4 mètres de hauteur, bien en dessous du minimum réglementaire d’environ 10,7 mètres pour le franchissement d’obstacles. Les données radar confirment une montée initiale anormalement faible, l’avion n’atteignant que 274 mètres d’altitude à environ 0,8 mille nautique de l’aéroport. Selon l’AAIB, « cela a entraîné un réglage de puissance inférieur à celui requis, une course au décollage prolongée et une montée initiale lente ».
Le rôle clé des procédures de performance
Dans l’aviation commerciale, les calculs de performance au décollage sont essentiels et systématiquement adaptés à chaque vol. Ils dépendent notamment de la masse, des conditions météo, de la piste et des obstacles. Les décollages à puissance réduite courants pour limiter l’usure moteur, mais uniquement si les marges de sécurité sont respectées. Dans ce cas, l’absence de recalcul a supprimé ces marges. Un point critique souligné par plusieurs experts est la dépendance accrue aux automatismes et aux saisies manuelles dans le FMC, qui restent une source récurrente d’erreurs opérationnelles. Le vol s’est poursuivi normalement jusqu’à Athènes et aucun blessé n’est à déplorer. L’AAIB précise qu’il s’agit d’un « événement isolé » sans défaillance technique.
Wizz Air souligne de son côté que « la sécurité est notre priorité absolue » et rappelle que l’opération était assurée par Ascend Airways, responsable des procédures équipage. La compagnie insiste également sur sa « surveillance rigoureuse des partenaires en wet lease ».
Images issues du système de vidéosurveillance (CCTV) du contrôle aérien (ATC) de LTN. L’image du haut montre l’avion impliqué dans l’incident ; l’image du bas montre un départ représentatif.

enclume a commenté :
13 juillet 2026 - 15 h 19 min
Une enclume, ça ne vole pas très bien 😂.
Amis du fanatique club boys Bing bing, bien le bonjour 🥰.
Greg765 a commenté :
13 juillet 2026 - 22 h 06 min
Ceci dit aucun rapport avec le type d’avion ça peut arriver sur n’importe quelle machine.
Il y a pas si longtemps un Embraer d’Air Serbia (de mémoire) avait été gravement endommagé après une excursion de piste au décollage.
SERGE13 a commenté :
14 juillet 2026 - 8 h 36 min
Vous portez bien votre pseudo.
Il y a des milliers de vol par jour avec des 737Max. Des MILLIERS.
A moins que vous ne sachiez lire, ce n’est pas le Max qui est un problème dans ce cas..
Prenez vos comprimés en urgence. Merci
Jack a commenté :
14 juillet 2026 - 10 h 15 min
C’est vrai que le 737 max a déja suffisamment de problèmes sans devoir en rajouter.
Mais , à ma connaissance, n’y a-t-il pas eu denièrement un A320 qui a eu une panne de moteur en plein décollage, en V1 ?
Il a décollé “normalement ” sur UN SEUL MOTEUR, sans problème.
premier degré a commenté :
15 juillet 2026 - 12 h 02 min
Oh les gars, ce n était pas à prendre au premier degré, c était juste pour faire une (mauvaise, je le concède) moquerie sur cet avion….
Des 737, dont des max8, j en vois décoller tous les jours depuis ma fenêtre (la piste est à 2 ou 300 m). En plus de la compagnie chérie de @Serge13, qui doit être un peu plus stressé en ce moment, allez , relax, tout va bien (ou presque).
GVA1112 a commenté :
14 juillet 2026 - 7 h 28 min
Max ou autre, cette nécessité de configurer un décollage par ordinateur ne permet plus de piloter à vue. C’est à dire de s’adapter aux demandes de dernières minutes.
En cas de changements de trajectoire, de taxiways, de longueur de piste, etc .. si on ne demande pas l’autorisation à l’ordinateur, il en fait qu’a sa tête.. !! Il reste figer.
Le Pilote ne pourrait plus mettre une poussée plus grande car ce serait contraire aux calculs de Monsieur !!
Il me semble qu’un pilote doit rester maitre à bord, sans être contraint d’avoir une poussée limitée parce qu’il anticipait un décollage autrement.
En fait , il perd sa marge de manœuvre, de réajustement en dernière minute et de décision.
En fait on arrive à un dilemme, qui de l’ordinateur ou du pilote a le dernier mot pour assurer la sécurité.
CkoiSbinz a commenté :
14 juillet 2026 - 11 h 17 min
Bonjour,
en effet c’est louable de mettre un automatisme qui permet de réduire usure, bruit et consommation, mais en cas d’erreur comme cette fois, on court un risque qui n’est peut être pas proportionné à l’avantage.
Le bulletin de l’AAIB est assez succinct, et ne détaille pas comment l’incident grave (‘Serious Incident’) a été détecté, ni par qui.
Si ce sont les pilotes qui s’en sont aperçu, alors quand ? Et pourquoi n’ont il pas immédiatement réagi ( interruption du décollage (RTO) ou augmentation des gaz ) ?
Je ne suis pas sûr que l’AAIB poursuivra son enquête : pourtant ce bulletin ne suffit pas ( c’est genre ‘Ah ben le gars il a oublié de corriger les données dans l’ordi. Circulez y’a rien d’autre à dire ‘).
Un rapport approfondi serait le bienvenu.
Bon vol !
Jmp a commenté :
14 juillet 2026 - 7 h 46 min
J’ai volé sur l’enclume en janvier 2022 entre Anchorage et Seattle … un très belle machine !
temp.fictive a commenté :
14 juillet 2026 - 13 h 03 min
ça sent la grosse erreur de l’équipage qui
– n’a pas modifié les paramètres de poussée réduite en fonction de la réduction de la longueur de piste
– n’a pas réalisé au cours du décollage le manque de poussée nécessaire et n’a pas rétabli la pleine poussée en poussant sur les manettes …
compagnie à éviter , sous-traitant d’une low cost ( on en a pour son argent )