L’intersyndicale des personnels navigants commerciaux (PNC) des compagnies aériennes opérant en France met la pression sur le gouvernement Lecornu autour de la réforme du cumul emploi‑retraite (CER). Elle attend un arbitrage d’ici la fin du mois sur les nouvelles règles applicables au 1er janvier 2027 et prévient qu’en l’absence de réponse favorable, des arrêts de travail pourraient être déclenchés.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit de durcir les conditions du cumul entre pension de retraite et revenus d’activité à partir de 2027. Le nouveau dispositif organise un écrêtement des pensions en fonction de l’âge et des revenus, avec un plafond d’environ 7 000 euros annuels au‑delà duquel la pension de retraite est partiellement réduite. Ces règles s’appliqueront aussi aux personnels navigants commerciaux, hôtesses et stewards, percevant une pension de la Caisse de retraite du personnel navigant (CRPN), lorsqu’ils reprennent une activité ou perçoivent d’autres revenus y compris des allocations chômage.
Pour les syndicats, cela revient à fragiliser un modèle de retraite spécifique, construit pour tenir compte des contraintes du métier de navigant et des carrières souvent écourtées. « Concrètement, c’est la suppression partielle ou totale de votre pension », alerte l’UNSA PNC dans une note adressée à ses adhérents, dénonçant une réforme qui « vise les personnels navigants percevant une pension CRPN » et qui pourrait pénaliser les hôtesses et stewards aux pensions modestes ayant besoin d’un complément de revenu.
Départ à 55 ans : un régime spécifique pour les navigants
Pour bénéficier d’une retraite CRPN à 55 ans, un PNC doit en pratique remplir des conditions de durée et de taux plein : « avoir un taux plein et au moins 55 ans » ou, à défaut, « avoir 60 ans et justifier d’un minimum de 20 annuités » au régime des navigants, rappelle la documentation syndicale.
L’UNSA PNC souligne que, peu avant 55 ans, l’entreprise informe l’intéressé de ses options : partir, avec une prime de cessation d’activité et ouverture des droits à pension (CRPN et éventuellement régime général), ou demander à rester en activité, sous réserve d’une reconduction annuelle et de l’obtention de l’aptitude médicale. Les syndicats, eux, rappellent que cet âge plancher de 55 ans tient compte de la pénibilité du métier (travail de nuit, décalages horaires, exposition aux rayonnements, contraintes physiques) et des carrières souvent interrompues avant l’âge légal de droit commun, ce qui justifie un régime dédié pour les navigants.
Beaucoup de PNC qui cessent leur activité en vol à 55 ans ne « s’arrêtent » pas vraiment de travailler. En pratique, nombre d’entre eux choisissent d’exercer un emploi complémentaire – souvent au sol, dans l’aérien ou le tourisme, ou dans un tout autre secteur – afin de cumuler leur pension de navigant avec un revenu d’activité.
Ce recours au cumul emploi‑retraite s’explique par plusieurs facteurs : pensions parfois insuffisantes pour maintenir le même niveau de vie, carrière interrompue plus tôt que dans les autres professions, et volonté de rester actifs, notamment dans des fonctions de formation, de vente, d’accueil ou de support opérationnel.
Ces activités peuvent être exercées en CDI, en CDD, en intérim ou comme indépendants, et s’ajoutent aux pensions versées par la CRPN et, le cas échéant, par les régimes de base et complémentaires de droit commun.
Les objectifs affichés par le gouvernement
De son côté, le gouvernement met en avant la volonté de mieux encadrer un dispositif jugé parfois trop avantageux et de limiter certains « effets d’aubaine » du cumul emploi‑retraite. Les nouvelles règles ne s’appliqueront qu’aux pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027 et ne sont pas rétroactives pour les retraités déjà en cumul, qui conserveront le bénéfice des anciennes modalités.
Les pouvoirs publics rappellent aussi que le cumul intégral reste possible à partir de 67 ans, sans plafond, avec la possibilité d’acquérir une seconde pension, ce qui est présenté comme un levier pour encourager le maintien en activité des seniors. La suppression du délai de carence de six mois chez le même employeur figure parmi les éléments mis en avant par certains experts comme une simplification du dispositif.
Une intersyndicale élargie autour de la CRPN
Face à cette réforme, les organisations représentatives des PNC ont constitué une intersyndicale élargie autour de la CRPN. Elle rassemble notamment le SNPNC, l’UNSA PNC, l’UNAC et le SNGAF, rejoints par des syndicats de pilotes et de navigants techniques. « Nous exigeons l’exclusion des personnels navigants du nouveau cumul emploi‑retraite applicable au 1er janvier 2027 », affirme cette intersyndicale dans un courrier adressé au premier ministre Sébastien Lecornu et au ministre des Transports Philippe Tabarot.
Un arbitrage attendu d’ici la fin du mois
Les représentants des PNC ont été reçus début juillet au ministère des Transports pour exposer leurs revendications. À l’issue de cette rencontre, ils ont indiqué que le gouvernement s’était engagé à leur apporter une réponse avant la fin du mois de juillet sur une possible exclusion des personnels navigants du nouveau dispositif de cumul emploi‑retraite.
« Le gouvernement a bien entendu notre message », assure le SNPNC, qui évoque « la force de l’unité des syndicats PNC défendeurs de la CRPN ». En parallèle, les organisations professionnelles multiplient les démarches auprès des parlementaires pour défendre le régime spécifique des navigants et limiter l’impact de la réforme sur les pensions.
Menaces d’arrêts de travail
Si aucun compromis n’est trouvé, l’intersyndicale ne cache pas qu’elle pourrait passer à l’action. Les syndicats envisagent des arrêts de travail ciblés pour peser sur les discussions, sans exclure des mouvements plus larges si la réforme était maintenue en l’état. Ils mettent en avant le risque de déstabiliser un secteur où les conditions de travail restent exigeantes et où les carrières sont parfois interrompues précocement.
Pour l’intersyndicale, la réforme du cumul emploi‑retraite doit tenir compte de ces spécificités et préserver la capacité des personnels navigants à compléter leurs pensions de retraite sans être lourdement pénalisés. Les pouvoirs publics soulignent de leur côté que le CER reste possible, mais dans un cadre plus strict, et que cette évolution s’inscrit dans un ajustement plus large des règles de retraite pour l’ensemble des Français.

@easyJet
Réponse a commenté :
18 juillet 2026 - 13 h 05 min
Tous savent que l’on ne peut plus rien payer, on est tous d’accord concernant les déficits et autre dette, mais que personne ne fasse le moindre effort. Surtout pas! Voilà la france
Kyle a commenté :
18 juillet 2026 - 13 h 16 min
Donc en gros ils veulent le beurre, l’argent du beurre et le sourrire de la crémière.
Toucher la retraite beaucoup plus tot et continuer à travailler, le tout aux frais du contribuable qui va continuer à se saigner pour le leur payer via ses impôts, sachant qu’l paye aussi de plus en plus cher pour un service de plus en plus médiocre.
Cf.Air France qui semble avoir récemment réduit le service à bord en europe et réduit la franchise des bagages cabines (sans tambours ni trompettes bien sur).
Qu’ils fassent grève et continuent ainsi, Ryanair et autres compagnies du Golfe prendront la relève.
Ils feront moins les arrogants quand ils seront chez Pole Emploi.