Air China s’apprête à inaugurer, le 26 octobre 2026, une nouvelle desserte entre Pékin, Copenhague et Keflavík, opérée trois fois par semaine en Airbus A330-300. Particularité de l’offre : la compagnie chinoise pourra vendre des billets sur le seul segment Copenhague–Keflavík, grâce à des droits de cinquième liberté, ce qui en fera une option inédite et premium pour rejoindre l’Islande depuis le Danemark.
Air China lance une ligne Pékin–Copenhague–Keflavík
Air China a ouvert les réservations pour une nouvelle liaison régulière reliant Pékin-Capitale à Reykjavík-Keflavík via Copenhague, avec un premier vol prévu le 26 octobre 2026, au début de la saison hiver 2026/27. D’après les horaires publiés, le vol CA807 décollera de Pékin à 3h30 pour atterrir à Copenhague à 6h30, avant de repartir à 8h45 vers Keflavík, où il doit se poser à 11h15. Le retour CA808 quittera l’Islande à 13h45, fera escale à Copenhague à 17h55, puis repartira à 20h30 vers Pékin, avec une arrivée le lendemain à 12h20.
Cette ouverture marque un jalon symbolique : Air China deviendra la première compagnie asiatique à servir l’Islande, même si le trajet n’est pas non-stop puisqu’il comprend une escale commerciale au Danemark. Le lancement a été présenté par l’ambassade de Chine en Islande comme « un grand accomplissement dans les relations bilatérales », qui devrait « transformer les voyages entre la Chine et l’Islande, ainsi qu’entre l’Asie et l’Europe ».
Cinquième liberté et marché nord-atlantique
Le point le plus intéressant, du point de vue aéronautique, tient aux droits de trafic : Air China dispose de droits de cinquième liberté sur le segment Copenhague–Keflavík, ce qui lui permettra de vendre des billets uniquement entre le Danemark et l’Islande. En clair, la compagnie ne se contentera pas d’acheminer des passagers entre la Chine et l’Islande ; elle entrera aussi en concurrence directe sur une route européenne très particulière, en captant potentiellement une clientèle point à point.
Ce type d’exploitation reste assez rare dans l’aviation commerciale, car il suppose des accords bilatéraux spécifiques entre États et ouvre la voie à une concurrence sur un marché tiers. Pour les passagers, l’intérêt est immédiat : Air China introduira sur Copenhague–Keflavík une offre long-courrier en cabine Affaires à sièges inclinables à plat, là où les options premium restent limitées sur l’année.
Un A330-300 configuré pour le long-courrier
La liaison sera assurée en Airbus A330-300, un appareil largement utilisé par Air China sur son réseau moyen et long-courrier. Les sources spécialisées concordent sur une configuration de 301 sièges, dont 30 en classe Affaires et 271 en économie, avec une cabine Affaires en 2-2-2 et des sièges-lits entièrement à plat. Cela signifie qu’Air China proposera sur la route vers l’Islande une expérience nettement plus confortable que celle des appareils monocouloirs ou des cabines régionale-premium habituellement vues sur le marché nord-atlantique.
C’est aussi un argument commercial fort en hiver, saison où la demande vers l’Islande ralentit mais où les voyageurs d’affaires, les correspondances et certains flux loisirs haut de gamme restent présents. À ce titre, la compagnie chinoise entend clairement s’inscrire dans une logique de différenciation produit, avec une offre année complète qui tranche avec les services souvent saisonniers observés sur d’autres marchés transatlantiques ou nord-européens.
Copenhague, point de passage stratégique
Le choix de Copenhague comme point intermédiaire n’est pas anodin. Air China renforce déjà sa présence sur l’axe Pékin–Copenhague, avec une montée en puissance de ses fréquences sur ce marché scandinave, ce qui laisse penser à une logique de consolidation du hub danois dans sa stratégie européenne. L’ajout de Keflavík s’inscrit donc dans une géographie cohérente : une route déjà existante vers le Danemark sert de base à une extension vers l’Atlantique Nord.
Pour l’Islande, l’enjeu est double. D’un côté, la destination gagne une nouvelle porte d’entrée depuis l’Asie, un marché encore peu directement connecté au pays. De l’autre, la liaison crée un nouveau concurrent sur le segment Copenhague–Keflavík, susceptible d’élargir l’offre et de faire évoluer la perception tarifaire et qualitative de la desserte.

Yoann a commenté :
27 juillet 2026 - 13 h 55 min
Air China serait “une option premium” ? La blague !
Pauvre Islande… Le surtourisme finira par la défigurer.
Lys a commenté :
28 juillet 2026 - 3 h 19 min
Vu le nombre d’habitants de cette île encore relativement préservée (mais pour combien de temps ?), les dégâts du surtourisme se feront rapidement sentir.
Il serait intéressant de connaître le point de vue du Danemark : cette ligne, même si elle n’a pas une fréquence aussi élevée que les liaisons Copenhague-Reykjavik assurées par SAS, n’en est pas moins une première épine dans le pied pour le transporteur scandinave.
Reste, bien sûr, à savoir si ce genre de ligne a un réel avenir : environ 1800 passagers par semaine si les 3 Airbus sont pleins x 52 semaines = environ 90.000 passagers annuels. A moins qu’elle ne soit que saisonnière ?
Mais après tout, les Chinois, après avoir découvert Paris et ses Tour Eiffel en plastique doré, vont peut-être trouver du charme à cette île que son isolement, son climat, ont jusqu’ici laissée à l’écart des grands courants touristiques…
Question accessoire : combien d’Islandais prendront cette ligne pour visiter Pékin ?
Youms a commenté :
29 juillet 2026 - 9 h 50 min
Les chinois ont déjà trouvé le charme de l’île depuis qq années dont les signes du surtourisme sont déjà présents ( sans être celui de certains endroits heureusement )
Il suffit de voir le nombre très important de touristes chinois qui visitent l’île en bus et qu’on retrouve sur les vols SAS CPH-KEF ( je suis un habitué de la ligne )