Safran et la start-up française Aura Aero franchissent un nouveau cap dans leur coopération autour de l’ERA, l’avion régional hybride-électrique de 19 places du constructeur toulousain. L’accord signé entre Safran Helicopter Engines et Aura Aero porte sur le développement et l’intégration des turbogénérateurs du prototype, avec un objectif clair : sécuriser la trajectoire vers le premier vol, la certification puis l’entrée en service de l’appareil.
Safran et Aura Aero franchissent une étape clé
Safran Helicopter Engines et Aura Aero ont officialisé une nouvelle étape de leur partenariat sur l’ERA, futur avion régional hybride-électrique de 19 places. L’accord signé prévoit le développement et l’intégration des turbogénérateurs Safran destinés au prototype, un jalon important sur la route du premier vol et de la certification de l’appareil.
Cette annonce prolonge un protocole d’accord conclu en 2023 et s’inscrit dans un mouvement plus large de structuration industrielle autour du programme. Aura Aero indique désormais viser un début des essais du premier prototype d’ici fin 2026, pour un premier vol en 2027 et une mise sur le marché avant 2030.
Une architecture hybride
Le système propulsif de l’ERA reposera sur huit unités de propulsion électrique alimentées par deux turbogénérateurs TG600, chacun capable de fournir 600 kW d’électricité. Ces groupes sont développés à partir du moteur Arrano de Safran Helicopter Engines et associent deux générateurs électriques GENeUS fournis par Safran Electrical & Power, qui livrera aussi les moteurs ENGINeUS.
Safran explique que cette architecture a été conçue pour concilier fiabilité, performances opérationnelles et sobriété énergétique, tout en répondant aux contraintes d’une exploitation commerciale et d’une production en série. Pour l’industriel français, l’enjeu dépasse le seul démonstrateur : il s’agit de préparer une filière de propulsion hybride-électrique industrialisable.
Un programme sous pression
Aura Aero présente l’ERA comme une réponse aux besoins du transport régional, avec un appareil destiné à remplacer des avions plus anciens sur certaines lignes tout en réduisant l’empreinte carbone. Le constructeur revendique jusqu’à 80% de réduction des émissions de CO₂ par rapport aux avions thermiques de même catégorie, ainsi qu’un rayon d’action annoncé de 900 nautiques, soit 1 500 km.
Le calendrier reste toutefois ambitieux. Le programme est toujours en phase de certification, avec une entrée en service visée en 2030 sur le site de la marque, alors que le marché de l’aviation régionale bas carbone demeure encore largement prospectif.
Commandes et crédibilité commerciale
Aura Aero affirme avoir enregistré environ 700 précommandes pour l’ERA, un niveau qui traduit un intérêt commercial réel mais qui doit être lu avec prudence, comme c’est souvent le cas dans les programmes d’aéronefs en développement. Une première commande ferme a par ailleurs été annoncée en mars 2026 par Pan Européenne Air Service, ce qui renforce la crédibilité du dossier commercial.
Pour le secteur, cet accord avec Safran est aussi un signal industriel. Il montre qu’un grand motoriste européen accepte de s’engager au-delà du démonstrateur, à mesure que les programmes hybrides-électriques cherchent à passer du discours technologique à la phase de préindustrialisation.
Cédric Goubet, président de Safran Helicopter Engines, a salué une « étape importante » dans le partenariat avec Aura Aero et assuré que la TG600 serait « un composant clé » du système hybride de l’ERA. Il a ajouté que les équipes des deux entreprises travailleraient désormais ensemble vers le premier vol du prototype.
Jérémy Caussade, président et cofondateur d’Aura Aero, a pour sa part évoqué un partenariat qui incarne une aviation « décarbonée et souveraine ». Il a estimé que l’expertise de Safran en turbogénérateurs et en moteurs électriques de nouvelle génération posait les bases d’un système « fiable » et « performant » adapté au transport régional de demain.

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