Donald Trump n’aurait pas réellement quitté Ankara en Turquie à bord du Boeing 747 présidentiel qu’il avait ostensiblement rejoint devant les caméras le 8 juillet. Selon le Washington Post, confirmé par le New York Times, le président américain aurait été discrètement transféré, via un véhicule de catering aéroportuaire, vers un Boeing C-32A de l’US Air Force. Le VC-25A transportant les journalistes et une partie de la délégation aurait ainsi servi de leurre jusqu’à RAF Mildenhall, au Royaume-Uni.
À Ankara, un Boeing 747 pour les caméras, un 757 pour le président
La séquence, révélée un mois après les faits, tient à la fois de l’opération de protection rapprochée et de la guerre de l’information. À l’issue du sommet de l’OTAN organisé à Ankara, Donald Trump est monté sous l’œil des caméras à bord de l’un des deux VC-25A, les Boeing 747-200B historiques de la flotte présidentielle américaine, reconnaissables à leur livrée bleu clair.
L’itinéraire affiché devait conduire l’appareil à RAF Mildenhall, base britannique utilisée par les forces américaines, avant de poursuivre vers Washington. Le président avait lui-même expliqué qu’il souhaitait reprendre l’ancien appareil « pour le bon vieux temps ».
Mais, selon les récits concordants du Washington Post et du New York Times, ce scénario n’était qu’une façade. Quelques minutes après son embarquement, Donald Trump et un petit nombre de proches auraient quitté le VC-25A par le côté opposé à l’accès réservé à la presse. Un conteneur élévateur de restauration aéroportuaire aurait été amené au niveau de la porte, puis abaissé avant de transporter le président sur le tarmac, hors du champ des observateurs.
Le véhicule l’aurait conduit à un C-32A de l’US Air Force, stationné à proximité. C’est à bord de ce biréacteur dérivé du Boeing 757-200 que le président aurait effectué le véritable trajet vers le Royaume-Uni.
Le C-32A, un 757 discret devenu Air Force One
Le C-32A n’est pas un appareil clandestin au sens strict : l’US Air Force en exploite quatre pour le transport de très hauts responsables américains, notamment le vice-président, des membres du gouvernement, des délégations du Congrès ou des émissaires présidentiels. Il s’agit d’une version militaire et spécialement aménagée du Boeing 757-200, dotée notamment d’espaces de communication, d’une cabine d’État et d’une capacité officielle de 45 passagers.
Sur le plan aéronautique, l’emploi d’un C-32A présente plusieurs avantages : plus petit, plus agile au sol et bien moins identifiable visuellement qu’un Boeing 747 présidentiel, il peut se fondre plus facilement dans un dispositif militaire classique. L’US Air Force lui attribue un rayon d’action de 5 500 milles nautiques sans ravitaillement, soit largement assez pour relier Ankara à la Grande-Bretagne.
Précision importante: « Air Force One » n’est pas le nom exclusif des deux VC-25A. Il s’agit d’un indicatif radio réservé à tout appareil de l’US Air Force transportant le président des États-Unis.
Presse à bord du leurre et volets fermés
Pendant ce temps, le VC-25A a décollé d’Ankara avec les journalistes du pool présidentiel et certains membres du personnel de la Maison-Blanche, qui croyaient accompagner Donald Trump. Ils auraient reçu pour instruction de maintenir les stores des hublots baissés pendant le vol.
Le New York Times rapporte que le Boeing 747 est arrivé à RAF Mildenhall à 22 h 16 locales. Donald Trump serait ensuite remonté à bord du VC-25A, avant d’en descendre devant les journalistes quarante minutes plus tard, rétablissant ainsi l’apparence d’un voyage effectué à bord de l’appareil historique. Il a ensuite traversé le tarmac pour rejoindre le Boeing 747-8 offert par le Qatar, lequel a assuré le vol transatlantique vers Joint Base Andrews, près de Washington.
Cette mise en scène aurait ainsi permis de préserver, jusqu’au bout, l’incertitude sur la localisation exacte du président. Elle révèle également la place persistante des mesures de déception dans la protection aérienne des chefs d’État, même lors d’un déplacement officiel dans un pays allié de l’OTAN.
Une menace iranienne jugée crédible
D’après deux hauts responsables américains cités par le New York Times, l’opération aurait été décidée après l’évaluation d’une menace iranienne contre Donald Trump et contre l’avion présidentiel. Elle est intervenue dans un contexte de nouvelles frappes et tensions militaires entre Washington et Téhéran. Le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, n’a pas démenti le principe de la diversion. Il avait déclaré au début de juillet : « Nous utilisons tous les outils à notre disposition — y compris la distraction et la désinformation — pour répondre à ces menaces ».
Un précédent sous Bill Clinton
La manœuvre n’est pas sans précédent. En mars 2000, Bill Clinton s’était rendu au Pakistan à bord d’un jet exécutif non marqué, tandis qu’un appareil aux couleurs et marquages officiels d’Air Force One jouait le rôle de leurre. L’avion présidentiel factice avait atterri avant le véritable transport du président à Islamabad.

GVA1112 a commenté :
12 août 2026 - 7 h 31 min
J’aurai aimer voir la tête de M. Trump utilisant un camion de Catering pour changer d’appareil.. Son Ego (avec un E majuscule) a du prendre un sérieux coup !
Trimballer dans un camion 😒.