Des restes d’oiseaux ont été relevés dans le moteur droit du Boeing 737 NG de Ryanair victime, le 10 juillet au départ de Thessalonique, d’une rupture de pale suivie d’une dépressurisation. L’enquête préliminaire du NTSB américain ne conclut pas encore à un lien de causalité, mais confirme que la piste d’une ingestion aviaire est désormais examinée avec attention.

Une pale rompue et une cabine dépressurisée

Le vol Ryanair reliant Thessalonique, dans le nord de la Grèce, à Memmingen, près de Munich, avait dû faire demi-tour peu après son décollage le 10 juillet. Une pale de soufflante du moteur droit — le moteur n°2 — s’était rompue, projetant des éléments qui ont endommagé le fuselage et brisé un hublot de la cabine.

La décompression qui a suivi a partiellement aspiré vers l’extérieur un passager assis près de la fenêtre endommagée, avant que d’autres voyageurs ne parviennent à le ramener dans la cabine. L’équipage a ensuite effectué un atterrissage d’urgence. Le NTSB précise que l’appareil avait signalé un « problème moteur droit et une dépressurisation cabine ».

Des indices aviaires dans le CFM56

Dans son rapport préliminaire, le Bureau national de la sécurité des transports américain indique avoir retrouvé des restes d’oiseaux dans le moteur concerné, un CFM56-7B fabriqué par CFM International, la co-entreprise de Safran et GE Aerospace. Cette découverte constitue un indice important, mais ne permet pas, à ce stade, d’affirmer qu’un impact aviaire a provoqué la rupture de la pale.

L’enquête relève également quatre signalements d’impacts aviaires présumés sur ce même moteur au cours des douze mois précédant l’accident. « Des restes d’oiseaux auraient été retrouvés dans deux de ces cas », précise le NTSB, tout en soulignant qu’aucun dommage n’avait alors été identifié lors des opérations de maintenance.

Les pales de soufflante du moteur avaient fait l’objet d’inspections par ultrasons en novembre 2025 puis en mai 2026, sans anomalie détectée. Cette donnée sera centrale pour déterminer si une fragilisation antérieure, une ingestion d’oiseau au décollage ou une combinaison de facteurs a conduit à la perte de la pale.

Une enquête technique encore ouverte

Le NTSB, qui dirige l’enquête à la suite de la délégation de l’autorité grecque d’enquête de sécurité, rappelle que son rapport est préliminaire : il établit les faits connus, non la cause probable. La Grèce participe aux travaux conformément aux règles internationales de l’Annexe 13 de l’OACI.

Les enquêteurs étudient notamment d’éventuelles similitudes avec des événements antérieurs impliquant ce type de moteur et ayant entraîné des dégâts sur la nacelle ou le fuselage. « L’équipe d’enquête a connaissance d’événements précédents […] ayant causé des dommages aux entrées d’air ou aux capots moteurs ainsi qu’aux structures du fuselage », écrit le NTSB. « La détermination d’éventuelles similitudes pertinentes reste en cours. »

Le précédent Southwest dans les esprits

La comparaison renvoie inévitablement à l’accident du vol Southwest Airlines 1380, en avril 2018 : une pale de soufflante rompue sur un Boeing 737-700 avait entraîné la rupture du capot moteur, puis l’impact de débris sur un hublot. La dépressurisation avait causé la mort d’une passagère. Mais le patron de la FAA, Bryan Bedford, a estimé que les premiers éléments ne suggéraient pas que l’événement Ryanair « reproduise » ce scénario.

Les collisions avec des oiseaux restent un risque opérationnel particulièrement concentré autour des aérodromes, lors des phases de décollage et d’atterrissage. Elles ne provoquent qu’exceptionnellement une défaillance grave, mais l’ingestion d’un oiseau dans une soufflante peut endommager les aubes et entraîner une perte de poussée. Les normes de certification imposent d’ailleurs aux motoristes des essais de résistance à l’ingestion aviaire.

Pour Ryanair, Boeing, Safran et GE Aerospace, l’enjeu est désormais d’attendre l’analyse métallurgique de la pale, l’examen des débris et l’exploitation complète des données de vol. La présence de restes d’oiseaux éclaire la chronologie de l’événement ; elle ne constitue pas encore son explication définitive.

Ryanair : des restes d’oiseaux retrouvés dans le moteur après l’incident de dépressurisation de Thessalonique 1 Air Journal

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