Deux Boeing 737-800 d’American Airlines ont utilisé simultanément le même indicatif radio près de Phoenix, dans la nuit du 13 au 14 août. L’un arrivait de Chicago, tandis que l’autre venait de décoller de l’aéroport Phoenix-Sky Harbor vers la même destination. Le contrôle aérien de Phenix a rapidement adapté ses instructions pour éviter toute confusion.

Deux « American 2482 » en fréquence
L’incident a concerné le vol American Airlines 2482, rapporte le site de suivi des vols en temps réel Flightradar24. L’appareil venant de Chicago-O’Hare devait initialement se poser à Phoenix, embarquer de nouveaux passagers, puis repartir vers Chicago sous le même numéro de vol. Mais l’arrivée du premier Boeing 737-800 a subi un retard de plus de 90 minutes. Pour éviter de retarder les voyageurs au départ de Phoenix, American Airlines a engagé un autre Boeing 737-800 sur la liaison retour. Les deux appareils se sont alors retrouvés en vol au même moment, avec l’indicatif radio « American 2482 ».
Le vol au départ de Phoenix a décollé à 23h58, alors que l’appareil en provenance de Chicago s’est posé à 0h13. Pendant une partie de cette séquence, les deux équipages se trouvaient sur la même fréquence du contrôle aérien, partageant l’indicatif d’appel « American 2482 » dans les échanges avec la tour de contrôle de Phoenix-Sky Harbor.

Le risque de confusion
Lorsque deux appareils portent le même indicatif dans le même secteur, chaque instruction peut devenir ambiguë. Le risque est qu’un équipage entende un ordre qui ne lui est pas destiné et l’exécute : changement de cap, montée, descente, maintien d’altitude ou instruction de fréquence. La confusion entre indicatifs similaires est un risque connu de sécurité aérienne, car elle peut conduire à une perte de séparation entre deux avions.
Dans le cas de Phoenix, la situation était particulièrement sensible puisque les deux Boeing 737 évoluaient à proximité l’un de l’autre. « Je n’ai jamais vu deux avions pratiquement se rejoindre avec le même indicatif », a déclaré un contrôleur dans un enregistrement de ses échanges radio, relayé par Flightradar24.

Des consignes différenciées
Le contrôle aérien a immédiatement distingué les deux appareils dans ses communications. Il a notamment utilisé les formulations « American 2482 departing » pour le vol au départ et « American 2482 arriving » pour celui à l’arrivée. Cette distinction a permis de donner des consignes claires aux équipages des deux avions. Le contrôleur aérien en poste a maintenu l’appareil arrivant au-dessus de l’avion au départ, tout en limitant la montée de ce dernier. Les équipages ont également été informés de leur trafic réciproque.
La Federal Aviation Administration (FAA) a indiqué que la séparation réglementaire entre les deux 737-800 avait été assurée à tout moment. Le régulateur américain a néanmoins ouvert une enquête.

Deux avions avec le même indicatif « American 2482 » : le contrôle aérien évite une situation dangereuse à Phoenix 1 Air Journal

@Flightradar24

Pourquoi un doublon est possible
Les compagnies aériennes attribuent leurs numéros de vol longtemps à l’avance. Un même numéro peut être utilisé pour une rotation donnée : par exemple Chicago–Phoenix, puis Phoenix–Chicago après l’escale. En temps normal, le premier appareil arrive avant que le second trajet ne commence. Un retard important peut toutefois casser cette mécanique. Si la compagnie aérienne affecte un avion de remplacement afin d’assurer le départ suivant, le vol de remplacement peut conserver le numéro commercial prévu. L’appareil retardé et son remplaçant risquent alors de se retrouver simultanément en opération sous le même numéro.
Les procédures existent pour réduire ce type de risque. Les contrôleurs aériens peuvent avertir les équipages, demander une vigilance accrue sur les collationnements radio et, si nécessaire, imposer temporairement un indicatif différent. Les pilotes doivent, de leur côté, confirmer que toute autorisation leur est bien destinée avant de l’exécuter.
Pour l’incident « American 2482 » à Phoenix, American Airlines a déclaré examiner les circonstances de l’événement. Elle a souligné que « la vigilance et le professionnalisme des contrôleurs aériens et de nos pilotes ont assuré le maintien de la séparation requise », ajoutant que les deux vols avaient continué « en toute sécurité et sans incident ».