Boeing a conclu un accord avec Archer Aviation pour lui céder plusieurs activités liées aux aéronefs électriques, autonomes et sans pilote. En échange, l’avionneur américain prendra une participation pouvant atteindre 20% dans la startup californienne spécialisée dans les taxis aériens.
L’opération illustre l’intérêt grandissant de l’aviation civile pour la mobilité aérienne urbaine. Elle intervient alors que les autorités américaines cherchent à accélérer l’arrivée sur le marché des aéronefs électriques à décollage et atterrissage vertical, ou eVTOL.
Wisk Aero, SkyGrid et Insitu concernés
L’accord prévoit le transfert à Archer Aviation de Wisk Aero, filiale de Boeing spécialisée dans les taxis aériens autonomes, de SkyGrid, actif dans la gestion du trafic pour les aéronefs autonomes, ainsi que d’Insitu, une société connue pour ses drones civils et militaires. Archer récupérera ainsi des compétences en vol autonome, en intelligence artificielle, en gestion du trafic aérien et en systèmes sans pilote. Boeing conservera un accès aux technologies développées par Wisk, dans le cadre d’une collaboration et d’un partage technologique entre les deux groupes.
« Il s’agit d’un tournant décisif pour Archer et pour l’avenir de l’intelligence artificielle physique dans l’aérospatial et la défense », a déclaré Adam Goldstein, directeur général et fondateur de la startup, dans un communiqué commun. Les modalités financières précises de l’opération n’ont pas été détaillées. Boeing pourrait toutefois détenir jusqu’à 20% du capital d’Archer à l’issue de la transaction.
La promesse des taxis aériens
Les eVTOL sont des aéronefs électriques capables de décoller et d’atterrir verticalement, comme un hélicoptère. Leurs promoteurs les présentent comme une solution pour relier rapidement les centres-villes, les quartiers d’affaires et les aéroports, sur des trajets courts aujourd’hui ralentis par les embouteillages au sol.
Archer développe le Midnight, un appareil destiné à transporter quatre passagers et un pilote. La société envisage notamment des liaisons entre Manhattan et les aéroports new-yorkais, avec un temps de trajet annoncé inférieur à quinze minutes. Elle vise également une démonstration de ses capacités industrielles à l’occasion des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
La mobilité aérienne urbaine reste toutefois confrontée à plusieurs conditions avant un déploiement commercial de masse : certification des appareils, formation des pilotes, création de vertiports, gestion du bruit, acceptation sociale et intégration sûre dans l’espace aérien existant.
Les États-Unis veulent accélérer
La Federal Aviation Administration (FAA) a lancé un programme pilote afin de faciliter le déploiement des eVTOL. Le régulateur américain associe huit entreprises partenaires dans 26 États et doit fournir des données utiles à l’élaboration des règles de certification et d’exploitation. « Nous voulons nous assurer que nos normes ne sont pas trop contraignantes et que nous laissons le secteur être le moteur de l’innovation », a déclaré Chris Rocheleau, administrateur adjoint de la FAA, à Reuters. L’objectif est d’intégrer ces nouveaux appareils dans le trafic aérien national « de manière sûre et efficace », a-t-il ajouté.
Pour Adam Goldstein, le patron d’Archer Aviation, le lancement des eVTOL pourrait se faire progressivement, ville par ville, à l’image du déploiement des véhicules autonomes. « Le programme pilote donne au secteur des eVTOL la possibilité de déployer cette technologie dans quelques villes d’une zone délimitée », a-t-il expliqué.
Un enjeu industriel pour Boeing
Pour Boeing, l’accord offre une manière de rester présent dans le segment des nouvelles mobilités aériennes sans porter seul les coûts de développement, de certification et d’industrialisation. L’avionneur conserve un lien technologique avec les activités cédées tout en misant financièrement sur Archer. Pour Archer, l’apport de Wisk Aero, SkyGrid et Insitu peut accélérer le développement de son offre et renforcer sa crédibilité face aux autres acteurs du secteur, notamment Joby Aviation, qui progresse lui aussi vers la certification de ses appareils.
La réussite de cette alliance dépendra désormais de la capacité d’Archer à obtenir les autorisations de la FAA, à produire ses appareils à un rythme industriel et à démontrer que les taxis aériens peuvent être exploités à un coût accessible, avec un niveau de sécurité équivalent aux standards de l’aviation commerciale.

©Archer
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