Le premier Yakovlev MC-21-310 produit en série et destiné à un client a effectué le 13 août une liaison sans escale de plus de 4 000 km entre Irkoutsk, en Sibérie, et Joukovski, près de Moscou. Cette étape marque une avancée concrète pour le programme russe de monocouloir, encore engagé dans sa campagne de certification dans une configuration profondément remaniée après le retrait des fournisseurs occidentaux.
Le premier MC-21-310 de série rejoint Joukovski
Le programme MC-21 a franchi une nouvelle étape dans sa longue marche vers le service commercial. Le premier exemplaire de série du MC-21-310, assemblé à l’usine aéronautique d’Irkoutsk et présenté comme entièrement « import-substituted », a rejoint le 13 août l’aérodrome de l’Institut de recherches en vol Gromov, à Joukovski.
Le vol, réalisé sans escale, a duré 5 heures et 50 minutes. L’appareil a parcouru plus de 4 000 kilomètres, évoluant jusqu’à 12 100 mètres d’altitude et atteignant une vitesse maximale de 850 km/h, selon United Aircraft Corporation (UAC), filiale du conglomérat public Rostec. Aux commandes se trouvaient les pilotes d’essais Roman Taskaev et Oleg Kononenko, accompagnés de l’ingénieur d’essais en vol Alexander Popov. La destination de Joukovski ne constitue donc pas encore une livraison. Les équipes de l’UAC doivent désormais procéder à une inspection complète de l’avion après ce convoyage, avant de le préparer à recevoir la livrée de son futur exploitant. Le constructeur n’a pas officiellement révélé l’identité du client concerné.
« Le vol longue distance de l’avion MC-21 issu de la chaîne de production a une nouvelle fois démontré la fiabilité des solutions de conception et des composants et systèmes nationaux intégrés à l’appareil », a déclaré Rostec dans un communiqué repris par l’agence TASS.
Une étape industrielle, pas encore commerciale
Ce déplacement est notable car il concerne un appareil de production et non l’un des prototypes traditionnellement employés pour les essais. Le même avion avait réalisé son premier vol le 3 août à Irkoutsk : une mission de 1 heure et 23 minutes, à 6 000 mètres d’altitude et jusqu’à 600 km/h, consacrée notamment à l’évaluation de la stabilité, de la contrôlabilité et du fonctionnement des équipements embarqués russes. « Nous avons mis en pratique les procédures clés des dernières étapes de production et des opérations de la station d’essais en vol. Cela réduira ensuite le délai entre la délivrance du certificat et le début des livraisons de MC-21 de série », a expliqué Vitaly Naryshkin, concepteur en chef du MC-21, cité par Interfax.
Cette prudence s’impose : le programme de certification de la version actuellement visée n’est pas achevé. Les autorités russes évoquaient au début du mois d’août environ la moitié des essais en vol de certification accomplis. Rostec prévoit désormais une fin de certification et le début de la production en série à partir de 2027.
Le MC-21-310, produit de la substitution aux importations
Initialement conçu avec un large recours à des fournisseurs occidentaux, le MC-21 a dû être largement reconfiguré à la suite des sanctions internationales qui ont limité l’accès de l’industrie russe à de nombreux équipements, systèmes et matériaux aéronautiques. La version MC-21-310 se distingue notamment par ses moteurs Aviadvigatel PD-14, en remplacement des Pratt & Whitney PW1400G initialement proposés sur le programme. La substitution porte aussi sur des systèmes embarqués, des équipements de bord et les matériaux composites nécessaires à la fabrication de la voilure.
Cette « russification » de la chaîne d’approvisionnement explique également une partie des retards accumulés. Le programme, lancé pour positionner la Russie face aux Airbus A320neo et Boeing 737 MAX sur le segment des monocouloirs de moyen-courrier, a vu son calendrier de mise en service repoussé à plusieurs reprises.

DD-Bergeron a commenté :
17 août 2026 - 10 h 49 min
Une belle cible pour les drones Otano-Ukrainiens qui se promènent au dessus de la Russie et causent bien des soucis aux militaires russes.
TJO a commenté :
17 août 2026 - 14 h 29 min
Que signifie exactement votre commentaire simièsque? en quoi l’aviation civile Russe à un rapport avec la guerre en Ukraine? une belle cible pour les drones? est-ce que être pro-Ukrainien de votre genre est une excuse pour raconter de tel connerie?
Greg765 a commenté :
18 août 2026 - 13 h 05 min
On sait qu’Aeroflot, qui a des bureaux dans le monde entier, est utilisé par le Kremlin à des fins de contournement des sanctions, pour importer des composants à usage militaire en russie. Il y a eu une enquête de journalistes là dessus ayant identifié des responsables Aeroflot au Japon notamment.
Donc dire que l’aviation civile pourrait être une cible… ce n’est pas totalement ubuesque.
De nombreuses entreprises aéronautiques ont aussi des programmes défense. Il n’y a qu’à regarder chez nous.
Safran. Dassault. Thales. Airbus. Ils ont tous une activité civile. Mais aussi militaire.
Donc la question est pertinente. Frapper ces appareils ce serait aussi ralentir leur certification, augmenter les dépenses côté constructeurs, menacer l’équilibre financier (probablement de précaire) de ces programmes et donc impactée l’économie russe un peu plus. Peut être pas autant que Wildberries mais vu que ce sont potentiellement des entreprises impliquées dans la défense, ça peut avoir des effets de bord sur leurs activités militaires et capacités de financement.
strider_on a commenté :
17 août 2026 - 15 h 03 min
que l’ukraine essaye déjà de relancer son économie après son opération de 40 jours sensé ramener poutine à la table des négociations et qui a lamentablement raté.
@DD a commenté :
17 août 2026 - 16 h 10 min
Alors que pendant ce temps là, des immeubles ukrainiens, parfois habités, se déplacent pour ce placer sur l’exacte trajectoire des missiles russes…
Tilo a commenté :
17 août 2026 - 16 h 12 min
Oui avec l’aide matériel et informatique de l’europe .
Vercher François a commenté :
17 août 2026 - 17 h 35 min
Bien si cet avion est sur.
Pour le reste le Dombas a toujours été russe. Traîté de Péréeislav.
Sans le Tsar les cosaques n’auraient pas de pays. C’est l’histoire qui le dit.
N'importe quoi... a commenté :
18 août 2026 - 9 h 15 min
Un traité qui a disparu, dont personne n’a la trace et dont les clauses demeurent très hypothétiques… Arrêtez de rapporter n’importe quoi ! Enfin, dans cette logique, les Malouines seraient toujours Argentines, une partie de la France appartiendrait au Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne n’existeraient pas en tant que nations…
Bref, à toujours vouloir réécrire l’histoire, on en finit par dire n’importe quoi…
Greg765 a commenté :
18 août 2026 - 12 h 59 min
+1
Les frontières de l’Ukraine reconnues par la communauté internationale (y compris la russie à l’époque) sont les seules qui vaillent.
Le reste ne sont que des tentatives de justifier une agression illégale.
Bencello a commenté :
17 août 2026 - 22 h 37 min
On ne pourra pas dire que les russes ne communiquent pas sur le moindre jalon de leur (longue) russification de l’appareil.
J’attends avec impatience la première utilisation des toilettes, ou encore le premier changement de pneumatiques (de chez Point SMO bien sûr)
Ben Voyons a commenté :
18 août 2026 - 18 h 15 min
On peut toujours rigoler, mais dans 10 ou 15 ans (c’est à dire demain), l’industrie civile russe, comme celle chinoise (avec un peu plus d’avance) viendra “voler” des PDM à Airbus et Boeing. Ils commenceront par équiper leurs flottes nationales – ce qui constitue, ces deux pays réunis, des milliers d’avions – en moins pour les occidentaux. Puis ils grignoteront petit à petit d’autres PDM ailleurs, Inde, Afrique, Asie…. et là, ceux qui rigolent en Europe et aux EU, commenceront à pleurer… Les américains étaient comme les commentateurs d’Air Journal, sarcastiques et méprisants à l’égard du premier Airbus A300. Nous devrions tous nous en souvenir et en tirer les leçons. Sanctionner de grandes nations a toujours été, dans l’histoire, un puissant déclencheur pour qu’elles s’autonomisent beaucoup plus rapidement que prévus, au grand dam de ceux qui pensaient les faire faiblir. En fait, les sanctions, à long terme, ne font que renforcer les victimes qui se mobilisent pour acquérir une souveraineté et une indépendance qu’ils n’avaient pas. L’histoire ne trompe pas, sauf les gogos qui s’agitent sur leurs deux pieds en pensant être les maîtres du monde…
petit rappel historique a commenté :
19 août 2026 - 21 h 29 min
Lorsque l’URSS était au maximum de son expansion territoriale, politique et économique, elle a réussi à fabriquer un très honnête Tupolev 154 qui a été exporté dans toute l’orbite de sa sphère d’influence.
Et au final… et bien la production totale de ces avions a atteint la moitié du nombre de Boaing 727 construits.
Bencello a commenté :
20 août 2026 - 13 h 00 min
Vouloir comparer une Russie qui tire toute sa puissance des matières premières, à une Chine qui est devenu leader dans à peu près toutes les technologies d’avenir, c’est sous-estimer la résilience et la patience nécessaire pour arriver à la Chine que nous connaissons actuellement…
La Chine a établi des plans quinquénaux dans à peu près tous les domaines, et s’y tient en investissant des centaines de milliards comme dans l’aéronautique.
Rien de tout cela du côté russe.
Si vraiment Vladimir Poutine avait eu des ambitions technologiques, il se serait abstenu de cette “Opération Militaire Spéciale” qui avale les ressources financières, matérielles et humaines du pays, et les fait littéralement disparaitre dans le tonneau de danaïdes, tout cela pour un rayonnement politique hasardeux.
La Chine qui a éjecté la Russie du programme C929 l’a bien compris: rien de moderne à attendre du côté russe dans l’aéronautique