Un conteneur de bagages destiné au vol British Airways BA585 entre Milan-Malpensa et Londres-Heathrow a pris feu dimanche 16 août, peu avant son chargement dans la soute d’un Airbus A321neo. Si une batterie au lithium a d’abord été évoquée, les informations disponibles lundi orientent désormais l’enquête vers un incident électrique sur l’équipement de piste.

Le feu s’est déclaré sur l’aire de trafic de Milan-Malpensa, alors que les bagages devaient être acheminés vers l’Airbus A321neo immatriculé G-NEOT, programmé vers Londres-Heathrow. Les pompiers de l’aéroport ont rapidement maîtrisé le sinistre. Selon British Airways, « un petit nombre de bagages enregistrés a été endommagé par le feu au sol », sans blessé ni perturbation plus large du programme de vols. La compagnie précise travailler avec ses partenaires pour établir l’origine exacte de l’événement.

Le BA585 a néanmoins quitté Malpensa avec plus de deux heures de retard. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient une épaisse fumée noire s’échappant du conteneur, tandis que les équipes au sol écartaient les autres unités de chargement afin d’empêcher toute propagation.

Piste lithium : prudence nécessaire

Les premières informations relayées dimanche faisaient état d’un appareil alimenté par batterie au lithium, possiblement une batterie externe, ayant pris feu dans une valise. Cette hypothèse ne peut cependant pas être présentée comme établie. Des sources aéroportuaires citées lundi par plusieurs médias italiens indiquent au contraire qu’un court-circuit au niveau du chariot à bagages lui-même pourrait être à l’origine du feu, plutôt que le contenu des bagages. Si les températures élevées ont pu contribuer à ce dysfonctionnement, des analyses techniques permettront d’établir avec certitude le déroulement des faits.

Cette réserve est essentielle : un feu de bagages au sol et un départ de feu dans une soute ne relèvent pas du même scénario opérationnel. En vol, les soutes cargo sont protégées par des systèmes de détection et d’extinction, conçus pour contenir ou ralentir le sinistre jusqu’à l’atterrissage. Mais l’équipage ne peut y accéder directement, ce qui rend un emballement thermique de batterie particulièrement préoccupant.

Batteries en soute : des règles strictes

L’incident rappelle néanmoins une règle claire : chez British Airways, les batteries de rechange et batteries externes sont interdites en bagage enregistré et doivent voyager en cabine. Les appareils contenant une batterie peuvent être placés en soute sous conditions — éteints complètement et protégés contre l’activation ou les chocs — mais les power banks (batteries externes) doivent rester accessibles au passager.

La compagnie limite par ailleurs les batteries externes à deux exemplaires par voyageur, de 100 Wh maximum, et demande qu’elles soient rangées sous le siège ou dans la pochette du siège, non dans les coffres à bagages. Le risque tient au phénomène d’« emballement thermique » : une cellule endommagée, défectueuse ou surchauffée peut entraîner la surchauffe en chaîne des cellules voisines. L’eau permet de refroidir un appareil en cabine ; dans une soute, la réponse dépend au contraire de systèmes automatiques et d’un déroutement éventuel.

Des précédents récents

La multiplication des appareils portables complexifie la prévention. La FAA américaine recense les événements impliquant fumée, feu ou chaleur extrême liés aux batteries au lithium, tout en soulignant que sa base ne prétend pas à l’exhaustivité.

Parmi les précédents les plus marquants figure l’incendie d’un Airbus A321 d’Air Busan, en janvier 2025 à Gimhae : le feu, parti d’une batterie externe dans un bagage cabine pendant l’embarquement, avait entraîné l’évacuation de l’avion et sa destruction. Le 19 mai dernier, un vol easyJet Hurghada-Londres Luton avait, lui, effectué un déroutement préventif vers Rome-Fiumicino après qu’un passager eut signalé avoir laissé un téléphone raccordé à une batterie externe dans son bagage de soute.

À Malpensa, l’incendie a été circonscrit avant le chargement. C’est la bonne nouvelle de cet épisode ; elle ne dispense pas d’attendre les conclusions de l’enquête avant de désigner une batterie au lithium comme responsable.

Un autre incident quelques jours avant sur l’aéroport de Milan-Linate

À noter qu’un autre incident de piste a récemment affecté le système aéroportuaire milanais, à Milan Linate. Le 10 août, vers 11 h 19, un véhicule de l’assistance au sol a heurté le nez d’un Hawker Beechcraft 400A d’affaires immatriculé I-AERB, alors que l’appareil roulait dans la zone d’aviation générale. Aucun blessé n’a été signalé, mais les opérations ont été suspendues pendant environ 40 minutes : deux arrivées ont notamment dû être déroutées, un Airbus A220 d’ITA Airways vers Bergame-Orio al Serio et un A321neo de KLM vers… Milan-Malpensa.

L’enquête doit encore préciser les circonstances de cette collision entre un véhicule et un aéronef en mouvement.