Un Airbus A350-1000 de British Airways a été immobilisé durant neuf jours à Bridgetown, à la Barbade, après avoir été heurté par un élévateur destiné aux passagers à mobilité réduite. L’impact a percé un carénage composite situé sous le fuselage, imposant des inspections approfondies avant le convoyage de l’appareil vers Londres-Heathrow.

Un Airbus A350-1000 endommagé lors de l’escale à Bridgetown

Ce n’est pas un incident en vol, mais bien une collision sur le tarmac qui a immobilisé pendant plus d’une semaine un long-courrier de British Airways. L’Airbus A350-1000 immatriculé G-XWBK est resté cloué au sol à l’aéroport international Grantley-Adams de Bridgetown, à la Barbade, du 18 au 27 août 2026, à la suite d’un choc avec un véhicule d’assistance aéroportuaire. Les circonstances précises restent à établir. D’après les informations publiées par le média spécialisé Gate Checked, un ambulift — un véhicule élévateur utilisé pour embarquer ou débarquer les passagers à mobilité réduite — aurait heurté le côté droit de l’A350. Une partie du garde-corps de sa plateforme aurait perforé le carénage ventral, près de la porte R2, à l’avant de l’aile droite.

British Airways et GCG Ground Services, le prestataire d’assistance au sol présent à Bridgetown, n’avaient pas publié, au moment des informations disponibles, de description détaillée de l’étendue des dégâts. Les deux entreprises auraient néanmoins ouvert une enquête sur l’événement.

Un carénage ventral composite, mais une inspection indispensable

Les images diffusées après l’incident montrent que l’atteinte se situe au niveau du  carénage ventral. Cette vaste enveloppe aérodynamique recouvre la partie inférieure du fuselage central, à la jonction entre la voilure et le fuselage. Elle réduit la traînée et protège des équipements ainsi que des zones techniques sensibles situées autour du caisson central de voilure, des puits de trains principaux et de plusieurs réseaux de l’avion.

En elle-même, une perforation localisée du carénage ne signifie pas nécessairement que la cellule pressurisée est atteinte. Il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une brèche dans la cabine ou dans le fuselage pressurisé. Mais une telle collision ne peut être traitée comme une simple dégradation cosmétique : les équipes de maintenance doivent déposer ou inspecter les éléments endommagés, contrôler les structures de support et vérifier l’absence d’atteinte aux conduites, aux câblages, aux équipements ou aux éléments voisins dissimulés derrière le carénage.

Cette précaution est d’autant plus importante sur l’A350, appareil dont une part majeure de la structure fait appel aux matériaux composites. Airbus indique que la structure extérieure de l’A350 comporte largement des composants composites, notamment en polymère renforcé de fibres de carbone. Les carénages constituent eux aussi des ensembles composites, dont la réparation exige des procédés et des contrôles adaptés.

Des passagers réacheminés et un avion de relève envoyé

L’immobilisation du G-XWBK a perturbé la rotation Londres–Barbade de British Airways. Les passagers du vol retour BA254 ont dû être hébergés pour la nuit, tandis que la compagnie a acheminé dès le lendemain un autre Airbus A350-1000 afin d’assurer le transport des voyageurs affectés vers Londres-Heathrow. La compagnie a ensuite continué à desservir Bridgetown avec d’autres A350-1000 de sa flotte.  L’emploi temporaire de l’A350-1000 sur cette route s’inscrivait dans un renforcement estival de capacité.

Retour à Londres après neuf jours de travaux

Après les réparations et les contrôles techniques effectués à Bridgetown, le G-XWBK a finalement quitté la Barbade le 27 août. La durée de l’immobilisation illustre les conséquences potentiellement lourdes d’un choc entre un aéronef et un équipement de piste, même lorsqu’aucun passager n’est blessé et que la structure pressurisée ne semble pas concernée.

Dans cette affaire, l’enquête devra déterminer la séquence exacte ayant conduit le véhicule à entrer en contact avec l’A350 et préciser la nature définitive des réparations réalisées. British Airways a, pour sa part, pu remettre son appareil en mouvement neuf jours après l’incident — une indisponibilité longue, mais cohérente avec l’exigence de prudence qui prévaut dès qu’un avion composite subit un impact au voisinage de zones techniques et structurales.