Le trafic aérien mondial a progressé de seulement 0,2% en juillet 2026 par rapport à juillet 2025, selon l’Association du transport aérien international (IATA). Derrière cette quasi-stagnation, la crise au Moyen-Orient continue de peser lourdement sur les grands hubs du Golfe et les liaisons long-courriers, tandis que les compagnies européennes, latino-américaines et africaines ont conservé une dynamique positive au cœur de la saison estivale.

Le trafic aérien mondial progresse de 0,2% en juillet

Le mois de juillet, traditionnel point culminant de la saison estivale dans l’hémisphère Nord, aura finalement livré une image contrastée du transport aérien mondial. La demande de passagers, mesurée en passagers-kilomètres payants (RPK), n’a augmenté que de 0,2% sur un an. Dans le même temps, l’offre de sièges, exprimée en sièges-kilomètres offerts (ASK), a gagné 0,3%.

Le coefficient d’occupation moyen des avions s’est ainsi établi à 85,2%, en recul très limité de 0,1 point par rapport à juillet 2025. Ce niveau demeure néanmoins élevé pour un mois de pointe estivale, signe que les compagnies continuent d’ajuster prudemment leurs programmes de vols à une demande devenue plus hétérogène selon les régions.

Le bilan global masque surtout l’effet du Moyen-Orient. En excluant cette région, la demande mondiale aurait progressé de 1,2% sur un an. Sur les seuls marchés internationaux, la demande recule de 0,1%, mais aurait augmenté de 1,5% sans les transporteurs du Golfe.  « La haute saison des voyages d’été dans l’hémisphère Nord est globalement une histoire positive pour le transport aérien », a déclaré Marie Owens Thomsen, vice-présidente principale chargée du développement durable et économiste en chef de l’IATA. « La croissance globale de 0,2% en juillet a été obtenue malgré des baisses annuelles combinées chez les transporteurs nord-américains et du Moyen-Orient. »

Le Moyen-Orient continue de freiner les statistiques mondiales

Les compagnies du Moyen-Orient ont enregistré la plus forte baisse régionale en juillet : leur trafic total a diminué de 10% sur un an, tandis que leur capacité reculait de 6,2%. Leur coefficient d’occupation a perdu 3,4 points, à 80,7%. Sur les réseaux internationaux, le trafic des transporteurs de la région a chuté de 9,5%, avec une capacité en baisse de 5,8% et un coefficient d’occupation ramené à 80,9%.

Cette contre-performance reste toutefois moins sévère que celle observée au printemps. En juin, le trafic des compagnies moyen-orientales avait encore reculé de 13,9%, après une chute de 28,8% en mai, dans un contexte de perturbations liées au conflit iranien, de restrictions de vol et de flambée du prix du carburant.

Le rôle des plateformes de correspondance du Golfe explique l’ampleur de l’impact sur les statistiques mondiales. En 2025, environ 10% de tous les RPK internationaux mondiaux transitaient par les aéroports de la région. Lorsque les opérations de ces hubs sont perturbées, les effets se propagent bien au-delà de leurs marchés locaux, notamment sur les flux Europe-Asie, Afrique-Asie ou Amériques-Asie.

L’IATA relève néanmoins que le trafic via les hubs du Golfe « poursuit sa trajectoire de reprise ». Les réservations pour la période estivale avaient déjà montré un redressement progressif après l’effondrement enregistré en mars, lorsque les réservations à destination du Moyen-Orient avaient plongé de 63% à la suite de l’escalade du conflit à la fin février.

Les compagnies européennes tirent leur épingle du jeu

Dans ce paysage irrégulier, l’Europe apparaît comme l’un des principaux soutiens de la croissance. Les compagnies européennes ont vu leur trafic total progresser de 2,1% en juillet, pour une capacité en hausse de 2,3%. Leur coefficient d’occupation atteint 87,7%, soit l’un des niveaux les plus élevés de toutes les régions.

Sur les seules liaisons internationales, les transporteurs européens affichent une progression plus nette encore : +3,1% de trafic et +3,2% de capacité. Le coefficient d’occupation s’est maintenu à 87,1%, à seulement 0,1 point de son niveau de juillet 2025.

Le fait marquant réside dans la vigueur du corridor Europe-Asie : le trafic y a bondi de 12,1% sur un an, ce qui en fait la liaison intercontinentale majeure la plus dynamique du mois. Cette hausse prolonge une tendance déjà visible en juin, lorsque cette même relation affichait une croissance de 11%.

Pour les compagnies européennes, cette vigueur des flux vers l’Asie compense en partie un environnement plus difficile sur l’Atlantique Nord. Les transporteurs nord-américains ont en effet vu leur demande internationale reculer de 2,3% en juillet. Le corridor transatlantique a diminué de 2,2%, avec des baisses notables depuis le Royaume-Uni, la France et l’Espagne, selon l’IATA.

Amérique latine et Afrique en forte hausse

L’Amérique latine et les Caraïbes ont signé la meilleure performance parmi les grandes régions en juillet. Le trafic total des compagnies de la zone a progressé de 6,1%, porté notamment par une hausse de 7,1% sur les marchés internationaux. La capacité internationale a toutefois augmenté quasiment au même rythme, de 7,2%, ce qui a limité le coefficient d’occupation à 85,7%, en très léger recul sur un an.

Les transporteurs africains ont également confirmé leur bonne dynamique, avec une hausse de 5,2% du trafic total et de 6,4% sur leurs liaisons internationales. La capacité a cependant progressé plus vite, respectivement de 7,3% et 9%, entraînant une baisse du coefficient d’occupation international à 74,1%.

L’Asie-Pacifique affiche pour sa part un tableau plus nuancé. Au total, les compagnies de la région ont gagné 1% de trafic, pour une capacité en hausse de seulement 0,3%. Mais leur trafic international a reculé de 0,7%, alors que la capacité diminuait plus fortement, de 1,7%. Ce resserrement de l’offre a permis une amélioration de 0,9 point du coefficient d’occupation, à 84,5%.

Les marchés domestiques repartent, mais de façon inégale

La demande intérieure mondiale a augmenté de 0,6% en juillet, après une chute de 3% en juin.  Cette amélioration mondiale repose principalement sur la Chine et le Brésil. Le trafic intérieur chinois a gagné 5,3%, avec une capacité en hausse de 4,7%, tandis que le marché brésilien a progressé de 6%, malgré une offre en hausse plus rapide, de 8%.

À l’inverse, plusieurs grands marchés restent sous pression :

-Aux États-Unis, le trafic domestique a reculé de 0,5%, malgré une baisse de capacité de 1,4%, ce qui a porté le coefficient d’occupation à 86,7%.

-En Inde, la demande intérieure s’est contractée de 6,3%, pour une réduction de capacité de 6%.

-En Australie, le trafic a baissé de 0,5%, tandis que l’offre progressait de 1,2%.

-Le Japon fait figure d’exception parmi les marchés développés, avec une modeste progression de 0,9%.

La faiblesse américaine est particulièrement significative : le marché intérieur des États-Unis représente à lui seul 13,6% des RPK mondiaux, devant le marché intérieur chinois, qui en pèse 11,3%.

Des perspectives prudentes pour la fin de l’année

La modeste progression de juillet intervient après trois mois difficiles. Le trafic mondial avait reculé de 1,7% en juin, après des contractions déjà enregistrées en avril et en mai. Le mois de juillet marque donc un retour à la croissance, même si celui-ci reste fragile et très dépendant de la normalisation des opérations au Moyen-Orient.

Le contexte économique demeure contraignant. L’IATA souligne l’effet combiné des coûts élevés du carburant, de l’incertitude économique et des tensions géopolitiques. Le prix mondial du kérosène a atteint un pic en avril 2026, après une hausse de 121% sur un an, selon les données de l’organisation.  Malgré cela, les programmes de vols annoncés pour septembre témoignent d’un certain optimisme : les compagnies prévoient une augmentation proche de 3% de leur capacité en sièges. « Malgré les coûts élevés de carburant, l’incertitude économique et les tensions géopolitiques, les compagnies expriment leur confiance dans la demande pour la dernière partie de l’année », a souligné Marie Owens Thomsen.

L’IATA reste cependant prudente dans ses prévisions annuelles. L’organisation anticipe désormais une croissance mondiale du trafic passagers de 2,1% en 2026, un rythme nettement inférieur aux années précédentes et révisé à la baisse sous l’effet des hostilités au Moyen-Orient et du choc énergétique.

Le trafic aérien mondial fait du surplace en juillet, freiné par le Moyen-Orient 1 Air Journal

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