Les aéroports du Royaume-Uni ont accueilli 81,16 millions de passagers entre avril et juin 2026, un nouveau record pour un deuxième trimestre. La progression reste toutefois infime sur un an, tandis que les voyageurs se sont nettement reportés vers l’Europe, au détriment du Moyen-Orient affecté par les tensions régionales.

Le trafic aérien britannique a résisté aux turbulences géopolitiques. Selon les données trimestrielles de la Civil Aviation Authority (CAA), 81 158 297 passagers ont embarqué ou débarqué dans les aéroports du Royaume-Uni au deuxième trimestre 2026, contre 81 035 648 un an plus tôt. Le nouveau record ne dépasse donc le précédent que d’environ 122 600 voyageurs, soit une hausse proche de 0,15%.

Les low cost et l’Europe tirent le trafic britannique

Derrière ce record symbolique se dessine un déplacement marqué de la demande. Les compagnies low cost ont joué un rôle central : easyJet, Ryanair et Jet2 ont transporté ensemble 2,25 millions de passagers supplémentaires par rapport au deuxième trimestre 2025. Ryanair et Jet2 affichent chacune une progression annuelle de 9% sur la période avril-juin, selon le ministère britannique des Transports.

Les liaisons européennes de court et moyen-courrier ont constitué le principal relais de croissance. Plus d’un million de voyageurs supplémentaires ont choisi l’Europe occidentale. Madrid a enregistré une hausse de 15% des passagers au départ ou à l’arrivée du Royaume-Uni, Barcelone de 11%. Dublin, Palma de Majorque, Amsterdam, Alicante et Malaga figuraient parmi les destinations les plus fréquentées du trimestre.

Cette dynamique confirme le poids du modèle low cost dans le marché britannique : fréquences élevées, réseaux très denses vers les destinations méditerranéennes et concurrence tarifaire permettent aux transporteurs de capter une large part des flux de loisirs dès le printemps.

Dubaï pénalisée par les tensions régionales

Le record national masque cependant une forte dégradation des flux vers le Moyen-Orient. Alors que le conflit régional perturbait les espaces aériens et les programmes de vols, le Foreign, Commonwealth & Development Office britannique avait recommandé d’éviter les déplacements non essentiels dans la région jusqu’au 18 juin.

Le trafic vers Dubaï a ainsi chuté de moitié sur un an, et les transporteurs du Moyen-Orient ont eux aussi enregistré d’importantes baisses de fréquentation. Plusieurs compagnies avaient réduit, reporté ou suspendu des rotations vers le Golfe et Israël, tandis que les fermetures ou restrictions d’espace aérien rendaient les opérations plus complexes.

Le gouvernement britannique souligne que moins de 1% des vols ont été annulés à brève échéance entre mai et juillet, après un assouplissement des règles permettant aux compagnies de figer plus tôt leurs programmes de vols. « Notre industrie aéronautique continue de démontrer sa force et sa résilience », a déclaré le ministre de l’Aviation, du Maritime et du Fret, Keir Mather, cité par le ministère des Transports.

Cardiff, Newcastle et Inverness progressent

La croissance n’a pas été l’apanage des grands hubs londoniens. Cardiff a enregistré la plus forte progression proportionnelle parmi les aéroports britanniques, avec +16%, devant Newcastle et Inverness, tous deux à +8%.

Pour Ross Lydall, porte-parole de la CAA, « la demande de transport aérien reste forte, les passagers adaptant leurs projets de voyage aux événements mondiaux ». Une formule qui résume le trimestre : l’aviation britannique a absorbé le choc du Moyen-Orient, mais grâce à une recomposition rapide des flux vers les réseaux européens et les compagnies low cost.

Les aéroports britanniques franchissent un record malgré la crise au Moyen-Orient 1 Air Journal

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