Les pilotes d’easyJet basés en France sont appelés à cesser le travail les dimanche 13 et lundi 14 septembre 2026. Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) dénonce une « instabilité chronique » des plannings, qu’il juge préjudiciable à la vie personnelle des équipages comme à leurs conditions de récupération. Le mouvement intervient moins d’un mois après une grève des personnels navigants commerciaux, conclue par un accord sur la protection de certains jours de planning.

EasyJet France : le SNPL appelle les pilotes à la grève les 13 et 14 septembre

La rentrée sociale s’annonce agitée chez easyJet France. Dans un communiqué daté du 4 septembre, la section easyJet du SNPL appelle l’ensemble des pilotes basés dans l’Hexagone à une grève les 13 et 14 septembre, faute d’accord avec la direction sur la stabilité de leurs programmes de travail. Le préavis couvre la période allant du dimanche 13 septembre à 4 h 59 au lundi 14 septembre à 23 h 59. Il avait été transmis à la compagnie dès le 27 août, mais sa publication aurait été retardée afin de préserver une dernière possibilité de négociation.

À ce stade, easyJet n’a pas communiqué de programme de vols annulés ni d’estimation précise des perturbations attendues. L’ampleur effective du mouvement dépendra du nombre de pilotes grévistes et des solutions opérationnelles que la compagnie pourra déployer, notamment par réorganisation de ses rotations ou mobilisation d’équipages disponibles.

Le cœur du conflit : des plannings jugés trop mouvants

Le SNPL affirme discuter depuis quatre mois avec la direction d’easyJet afin d’obtenir des garanties concrètes contre les modifications répétées des tableaux de service. Pour les pilotes, l’enjeu ne se limite pas à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale : il touche directement à la prévisibilité du repos dans une activité soumise à des règles strictes de limitation des temps de vol et de service. « Il est impossible d’organiser normalement sa vie familiale, ses rendez-vous ou simplement son repos lorsque son emploi du temps peut être modifié plusieurs fois par semaine », écrit le syndicat dans son communiqué. L’organisation de pilotes décrit des changements qui peuvent, selon elle, se succéder jusqu’à la veille d’un vol : « Il est régulier qu’un pilote se retrouve en fin de mois avec un emploi du temps qui n’a pas une seule journée identique à celle en début de mois, parfois avec une journée pouvant changer 10 fois la veille du vol », avance le SNPL.

Ces affirmations relèvent du syndicat et n’ont pas été accompagnées, à ce stade, de données publiques détaillées permettant de mesurer précisément le nombre moyen de modifications par pilote ou par base. Elles rejoignent toutefois le grief déjà exprimé cet été par les personnels de cabine de la compagnie, qui dénonçaient eux aussi des programmes modifiés à court préavis et des rotations difficiles à anticiper.

Pour les navigants, la question revêt également une dimension aéronautique. Les réglementations européennes encadrent les limitations de temps de vol, de service et de repos ; elles ne remplacent pas pour autant la nécessité d’une planification stable, qui facilite la récupération et la préparation personnelle avant les prises de service. Le SNPL estime ainsi que l’instabilité des programmes « affecte directement la récupération, la vigilance et les conditions dans lesquelles [les pilotes] doivent assurer la conduite et la sécurité du vol ».

L’accord PNC, point de comparaison

La mobilisation des pilotes survient après un épisode social particulièrement coûteux pour easyJet France. Les hôtesses et stewards avaient fait grève durant le week-end du 15 août, au plus fort de la saison estivale, sur une revendication très proche : la stabilisation des plannings et la limitation des changements tardifs. Le conflit avait provoqué des annulations importantes, un bilan ultérieur évoquant 98 vols annulés au départ de la France les 15 et 16 août.

Un accord a finalement été validé au début du mois de septembre entre easyJet et les syndicats représentatifs des PNC — SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT. Il prévoit notamment cinq jours de planning « intangibles » par mois pour chaque membre d’équipage de cabine, ainsi qu’une indemnisation lorsque la modification d’un planning dépasse deux heures. Cette mesure est annoncée avec un effet rétroactif au 1er avril 2026.

C’est précisément ce précédent qui nourrit la colère du SNPL. « Curieusement ce qui était “impossible” est devenu possible après la grève des PNC », affirme le syndicat, qui réclame pour les pilotes des protections comparables. Le SNPL relève que pilotes et personnels de cabine opèrent sur les mêmes rotations et sont confrontés à des contraintes opérationnelles proches : retards, ajustements de programme, repositionnements d’équipage ou modifications liées à l’exploitation quotidienne. Il dénonce donc une différence de traitement, alors que les mesures obtenues par les PNC pourraient, selon lui, inspirer un accord pilote.

Un risque de perturbations sur les bases françaises

L’expérience de la grève des PNC montre qu’un mouvement social touchant les équipages peut rapidement affecter le programme. Les voyageurs disposant d’un billet easyJet pour les 13 et 14 septembre ont donc intérêt à surveiller les notifications de la compagnie, leur réservation dans l’application ou sur le site d’easyJet, ainsi que l’état de leur vol auprès de l’aéroport de départ. En cas d’annulation, la compagnie devra proposer, selon les circonstances, un remboursement ou un réacheminement ; les droits à indemnisation forfaitaire au titre de la réglementation européenne dépendront notamment de la qualification juridique de l’événement et du respect des délais d’information.

Une issue encore possible avant le 13 septembre

Le SNPL assure que les négociations relatives à la rémunération avaient progressé, mais que la signature d’un accord achoppe désormais sur l’absence d’engagement du département chargé des plannings. Le syndicat estime que des solutions existent déjà dans l’entreprise, en France comme dans d’autres pays où easyJet est implantée. « La direction peut encore éviter cette grève prévue les 13 et 14 septembre », souligne la section easyJet du SNPL, qui se dit toujours ouverte au dialogue.

La direction de la compagnie n’avait pas, au moment de l’appel, fait connaître publiquement sa position détaillée sur les demandes des pilotes. Le calendrier laisse toutefois moins d’une dizaine de jours aux deux parties pour trouver un compromis, dans un contexte où l’accord récemment conclu avec les PNC constitue à la fois un précédent social et un point de référence particulièrement sensible pour les personnels de cockpit.

EasyJet France : après les PNC, au tour des pilotes de menacer d’une grève, les 13 et 14 septembre 1 Air Journal

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