Une panne technique du contrôle aérien britannique a entraîné l’annulation de plus de 2 100 vols en deux jours au Royaume-Uni. Le gestionnaire National Air Traffic Services (NATS) affirme avoir écarté l’hypothèse d’une cyberattaque, tandis que le gouvernement ouvre une enquête indépendante sur la fiabilité du système.

Les perturbations ont commencé mardi 8 septembre, en début d’après-midi. Elles ont affecté le système de traitement des données de vol de NATS, l’organisme chargé du contrôle aérien pour une grande partie du Royaume-Uni. L’incident a désorganisé les programmes de vols de plusieurs grands aéroports, dont Londres-Heathrow, Londres-Gatwick, Manchester, Birmingham, Édimbourg et Londres-Stansted. Des liaisons vers ou depuis Dublin ont aussi été touchées.

Une panne résolue, mais un trafic désorganisé
NATS a annoncé avoir identifié puis résolu le dysfonctionnement mardi soir. Selon Reuters, l’organisme a indiqué que la sécurité des vols n’avait pas été compromise. Le système était de nouveau opérationnel à 18 h 34 GMT. Mais le rétablissement informatique n’a pas suffi à normaliser le trafic. Les avions, les équipages et les passagers se trouvaient parfois au mauvais endroit. Des membres d’équipage ont aussi atteint leurs limites réglementaires de temps de service.

« La reprise après le problème système d’aujourd’hui a pris plus longtemps que nous l’espérions », a reconnu NATS. L’organisme a ajouté : « Notre problème système est désormais résolu, nous fonctionnons normalement et travaillons aussi dur que possible pour résorber le retard de vols. » Selon le cabinet Cirium, 1 746 vols ont été annulés mardi. Mercredi, 399 annulations supplémentaires ont été recensées, surtout au départ ou à l’arrivée de Londres-Heathrow.

L’association Airlines UK, qui représente le secteur aérien britannique, a évalué à plus de 330 000 le nombre de passagers affectés sur les deux journées. Parmi eux, 155 000 ont vu leur vol supprimé et près de 180 000 ont subi des retards.

La la piste d’une cyberattaque écartée
Le directeur général de NATS, Martin Rolfe, a exclu la piste d’une attaque informatique. « À ce stade, nous avons écarté la piste cyber. Nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’une cyberattaque », a-t-il déclaré sur BBC Radio 4. La cause précise de l’incident n’est toutefois pas encore connue. Martin Rolfe a promis une enquête « très, très approfondie » pour déterminer l’origine de la défaillance.

Le dirigeant de NATS a aussi insisté sur le fait que les limitations imposées au trafic relevaient d’une logique de sécurité. « Nous ne faisons jamais cela à la légère. Nous le faisons seulement lorsqu’il y a un problème qui ne peut pas être résolu rapidement et que nous devons agir pour garantir la sécurité des personnes en vol », a-t-il expliqué à la BBC.

La piste d’un plan de vol militaire
Selon des sources européennes citées par le quotidien italien Corriere della Sera, la panne du système de traitement des plans de vol de NATS aurait été déclenchée par l’enregistrement d’un plan de vol militaire comportant des données erronées au centre de contrôle de Swanwick, dans le Hampshire. Les mêmes sources estiment que le dysfonctionnement présente des similitudes avec celui survenu en août 2023, lorsqu’une erreur de traitement d’un plan de vol avait déjà fortement perturbé le trafic aérien britannique.

L’incident survenu cette semaine reproduit pratiquement celui de 2023, à ceci près qu’à l’époque c’était un plan de vol civil qui avait fait basculer le système de navigation aérienne britannique. Cette hypothèse n’a toutefois pas été confirmée publiquement par NATS, qui a écarté la piste d’une cyberattaque mais n’a pas encore communiqué la cause technique précise de la panne.

British Airways et Ryanair impactées
British Airways a été l’une des compagnies les plus pénalisées par la panne. Elle a annulé près de 550 vols, dont 200 mercredi, affectant environ 85 000 de ses clients. IAG, maison mère de British Airways, Iberia, Aer Lingus, Vueling et Level, a été cité parmi les groupes exposés à ces perturbations. L’impact est particulièrement fort à Londres-Heathrow, principal hub de British Airways et l’un des aéroports les plus fréquentés d’Europe.

Ryanair a, de son côté, déclaré que plus de 200 de ses vols avaient été annulés. La low cost irlandaise a également estimé que près de 150 000 de ses passagers avaient été confrontés à des retards pouvant atteindre huit heures. Elle a vivement critiqué NATS. Son directeur des opérations, Neal McMahon, a demandé le départ de Martin Rolfe, accusant le gestionnaire du contrôle aérien d’avoir « laissé tomber les voyageurs britanniques ».

Une enquête sous pression
La ministre britannique des Transports, Heidi Alexander, a demandé à NATS de lui remettre ses premières conclusions dans un délai d’une semaine. Elle a aussi chargé la Civil Aviation Authority, le régulateur de l’aviation civile, de réaliser une évaluation indépendante, attendue dans les six mois.

La ministre a estimé que la panne ne semblait pas inévitable. « Je ne pense pas que ce problème était inévitable », a-t-elle déclaré devant les députés, tout en soulignant la nécessité de poser « des questions difficiles sur la résilience des systèmes de NATS ». 

Cet épisode est le troisième incident technique majeur attribué à NATS en un peu plus de trois ans. Le précédent, en juillet 2025, avait déjà provoqué de nombreuses suppressions de vols à destination et au départ du Royaume-Uni.

Pour les passagers, la perspective d’une indemnisation forfaitaire reste incertaine. La Civil Aviation Authority estime que cette panne pourrait être considérée comme une « circonstance extraordinaire » au regard des règles de protection des voyageurs. Les compagnies aériennes restent néanmoins tenues d’assurer une prise en charge, notamment l’information, le réacheminement et, lorsque nécessaire, les repas ou l’hébergement.

Panne du contrôle aérien au Royaume-Uni : l’hypothèse cyberattaque écartée, un vol militaire en cause ? 1 Air Journal

@NATS