Les compagnies aériennes tirent une part croissante de leurs recettes des bagages, du choix du siège, de la priorité d’embarquement ou encore des programmes de fidélité, selon le dernier « Yearbook of Ancillary Revenue » d’IdeaWorksCompany. Chez les 58 compagnies présentes dans les deux dernières éditions du rapport, ces revenus ancillaires ont augmenté de 13,4%, soit près de deux fois plus vite que les recettes totales, en hausse de 7,2%, entre 2024 et 2025 

Les revenus annexes gagnent donc du terrain bien plus vite que la vente des billets eux-mêmes. Sur un an, ils ont apporté 13,2 milliards de dollars supplémentaires aux compagnies aériennes retenues dans cette comparaison. L’étude porte au total sur 63 transporteurs ayant publié des données complètes ou partielles sur leurs activités ancillaires.

Bagages, sièges et fidélité
Les recettes ancillaires regroupent les achats réalisés en plus du tarif de base. Elles comprennent notamment les bagages enregistrés ou cabine, la sélection de siège, les sièges offrant davantage d’espace, l’embarquement prioritaire, la restauration, le Wi-Fi, les commissions sur les hôtels et locations de voitures, ainsi que les programmes de fidélité. « Les gains de revenus annexes observés au cours des cinq dernières années ont été alimentés par l’adoption des frais de sélection de sièges et par un recours accru aux tarifs de marque », explique Jay Sorensen, président d’IdeaWorksCompany et auteur du rapport.

Ces gammes tarifaires proposent plusieurs niveaux de service. Elles permettent aux voyageurs de choisir, dès la réservation, une offre incluant ou non un bagage (en cabine et/ou en soute), un siège attribué, des conditions de modification plus souples ou des prestations à bord. Le mécanisme est désormais utilisé par les compagnies aériennes à bas coûts dites low cost comme par les grands groupes traditionnels.

Les low-cost en tête
Sans surprise, les low-cost dominent le classement lorsque les revenus annexes sont rapportés au chiffre d’affaires total. Frontier Airlines arrive en tête : 60,2% de ses recettes provenaient d’activités annexes en 2025. Spirit Airlines suit avec 59,8%, devant Allegiant avec 59,6%. Volaris et Breeze Airways atteignent chacune 55,4%. Les dix premières compagnies aériennes de ce classement sont toutes des low-cost.

Ce modèle repose sur des prix d’appel bas, auxquels s’ajoutent de nombreux services facturés séparément. Le billet donne accès au vol. Le passager complète ensuite son voyage selon ses besoins et son budget. « Les revenus annexes ont démontré une remarquable capacité de résistance, aussi bien dans les périodes favorables que difficiles », souligne IdeaWorksCompany dans son rapport.

United, Delta et American au sommet
En valeur absolue, United Airlines a généré le plus de revenus annexes parmi les compagnies aériennes  étudiées : 11,5 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 9,3% par rapport à l’année précédente. Delta Air Lines suit avec 10,8 milliards de dollars, devant American Airlines à 9,7 milliards.

Chez ces grands transporteurs, les programmes de fidélité jouent un rôle central. American, Delta, Southwest et United ont cumulé 27,9 milliards de dollars de recettes liées à leurs programmes de fidélité en 2025, soit 37,72 dollars par passager transporté en moyenne. Les cartes bancaires co-brandées constituent une part importante de ces montants.

Jet2.com, compagnie britannique spécialisée dans les loisirs, se distingue de son côté par le revenu annexe moyen le plus élevé : 100,73 dollars par passager. Il s’agit du plus haut niveau relevé dans les 19 éditions du rapport annuel d’IdeaWorksCompany.

Une croissance supérieure au trafic
La dynamique ne s’explique pas uniquement par le retour ou l’augmentation du trafic aérien. Selon l’IATA, la demande mondiale de transport aérien, mesurée en passagers-kilomètres payants, a progressé de 5,3% en 2025. Cette hausse est nettement inférieure à celle de 13,4% enregistrée pour les revenus annexes du panel comparable d’IdeaWorksCompany.

Les compagnies aériennes parviennent donc à accroître la dépense moyenne associée à chaque voyage. Elles s’appuient pour cela sur une présentation plus fine des options lors de la réservation, sur la montée en gamme des cabines et sur le développement de services vendus avant, pendant ou après le vol.

Bagages, sièges, programmes de fidélité : les revenus ancillaires dopent les recettes des compagnies aériennes 1 Air Journal

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