Après plus de deux décennies de revendications, Emirates pourra desservir Berlin depuis Dubaï. L’accord conclu entre l’Allemagne et les Émirats arabes unis ouvre à la compagnie une cinquième escale allemande, limitée à sept vols hebdomadaires. La date de lancement commercial reste, elle, à préciser.
Emirates a remporté une bataille réglementaire ancienne : la compagnie de Dubaï est désormais autorisée à ajouter une cinquième destination à son réseau allemand. L’accord, annoncé le 10 septembre à l’occasion de la visite d’État en Allemagne du président des Émirats arabes unis, modifie le cadre bilatéral qui limitait jusqu’ici les transporteurs émiratis à quatre points d’entrée dans le pays. Sans nommer explicitement Berlin dans sa déclaration commune avec Abou Dhabi, le gouvernement allemand a accepté d’ajouter « un cinquième point » au programme de routes d’un transporteur national des Émirats. Les quatre escales déjà desservies par Emirates — Francfort, Munich, Düsseldorf et Hambourg — restent autorisées, mais leurs fréquences sont plafonnées à leur niveau actuel.
Jusqu’à un vol quotidien Dubaï–Berlin
Pour cette nouvelle destination, l’autorisation prévoit au maximum sept fréquences par semaine, soit l’équivalent d’une liaison quotidienne. Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, a aussi exclu tout droit de cinquième liberté : Emirates pourra donc relier Berlin à son hub de Dubaï, mais ne pourra pas prolonger le vol vers un pays tiers depuis l’aéroport allemand. Le maire-gouvernant de Berlin, Kai Wegner, a indiqué que le nouvel accord permettrait à Emirates d’assurer des vols long-courriers quotidiens depuis Berlin-Brandenburg (BER) vers Dubaï.
Aucun horaire n’a toutefois été publié et Emirates n’a pas encore ouvert les réservations. Des sources aéronautiques évoquent un démarrage possible à partir de décembre 2027 avec un Boeing 777-300ER, mais ces deux éléments n’ont pas été officiellement confirmés par le transporteur.
Une campagne de longue date
L’enjeu dépasse largement l’ouverture d’une seule ligne. Depuis 2003, Emirates dénonçait le plafond de quatre destinations imposé par l’accord aérien germano-émirati, alors que son réseau allemand est devenu l’un des plus importants d’Europe continentale. Le 9 juin dernier, la compagnie s’était déclarée prête à ouvrir des vols quotidiens vers Berlin et Stuttgart, sous réserve du feu vert de Berlin. Elle annonçait alors plus de 100 millions d’euros de dépenses annuelles pour les deux projets, comprenant l’exploitation, les personnels, le carburant et les redevances aéroportuaires.
Tim Clark, président d’Emirates Airline, avait plaidé pour la demande des compagnies aériennes et le besoin de connectivité internationale : « Les entreprises allemandes nous ont dit qu’elles en avaient besoin, la chambre de commerce de Berlin l’a demandé, et nos données confirment que la demande existe », avait-il déclaré dans le communiqué de la compagnie.
Lufthansa dénonce un « cadeau » au Golfe
La décision ne met pas fin au bras de fer avec Lufthansa. Le groupe allemand, hostile depuis des années à une extension des droits de trafic des compagnies du Golfe, estime que l’accord transfère de l’activité et des emplois hors d’Allemagne tout en renforçant une concurrence jugée inéquitable. « Cet accord déplace la création de valeur économique et les emplois vers le Golfe », a dénoncé Lufthansa, citée par Deutsche Welle. L’European Cockpit Association (ECA) avait de son côté, juste avant la visite de Mohamed ben Zayed Al Nahyane à Berlin le 9 septembre dernier, demandé à l’Allemagne de ne pas accorder de nouveaux droits de trafic aux compagnies émiriennes sans garanties sur la concurrence, l’emploi et les standards sociaux.
Pour Berlin-Brandenburg, l’arrivée d’Emirates constituerait néanmoins un gain symbolique et opérationnel majeur. Le hub de Dubaï ouvrirait aux voyageurs berlinois un accès à un vaste réseau en Asie, en Afrique, dans l’océan Indien et en Australasie, avec une seule correspondance.

Serge13 a commenté :
14 septembre 2026 - 11 h 45 min
On se demande pour quelles raisons les aéroports sont empêchés au développement…