Le commandant de bord du vol flydubai FZ1073, grièvement blessé par son copilote en plein vol, a détaillé pour la première fois son combat dans le cockpit du Boeing 737 MAX-8. Hospitalisé aux Émirats arabes unis, Smit Machchhar raconte avoir ouvert la porte du cockpit dans un ultime effort alors que l’avion perdait rapidement de l’altitude.
Les circonstances précises, ainsi que le mobile exact du copilote, font toujours l’objet d’une enquête internationale. Le procureur général des Émirats arabes unis a indiqué cependant que le copilote planifiait un «acte terroriste» et tentait «de prendre les commandes de l’avion» . Il a confirmé que le copilote avait attaqué le commandant de bord durant le vol, à l’aide de la hache de secours du cockpit.
Le Boeing 737 MAX-8 reliant Dubaï à Tel Aviv avait brusquement perdu de l’altitude avant d’effectuer un atterrissage d’urgence en Arabie saoudite, avec 174 passagers à bord, pour la plupart des ressortissants israéliens. Le suspect ainsi que le commandant ont depuis été transférés aux Émirats arabes unis. Quand aux passagers, certains ont été rapatriés hier en Israël par un vol spécial de la compagnie israélienne Arkia, alors que les compagnies émiraties flydubai et Emirates ont suspendu la desserte de Tel Aviv depuis l’incident.
« Je sentais que l’avion plongeait »
Depuis son lit d’hôpital à Abou Dhabi, Smit Machchhar, ressortissant indien, s’est entretenu par visioconférence avec le Premier ministre indien Narendra Modi. La vidéo a été diffusée par les services du gouvernement indien. « J’essayais de sauver ma vie, mais je savais que je ne pouvais pas laisser toutes ces personnes mourir », a-t-il déclaré.
Le commandant a expliqué qu’il s’était effondré après avoir subi plusieurs coups de hache. Alors qu’il était blessé au sol dans le cockpit, il a compris que l’appareil perdait de l’altitude. « J’avais tellement de blessures que je m’étais effondré. C’est alors que j’ai senti que l’avion était en train de chuter. Je savais que c’était ma dernière chance et que la porte était juste là », a-t-il raconté.
Smit Machchhar a alors réussi à ouvrir la porte blindée du cockpit, permettant à des passagers alertés par les cris d’entrer dans le poste. « Je recevais encore des coups à ce moment-là, mais j’ai simplement ouvert la porte, et tout le monde est entré », a-t-il ajouté.
Des passagers interviennent
Les passagers qui ont pénétré dans le cockpit ont maîtrisé le copilote, selon leurs témoignages. Un dentiste israélien présent à bord, Shota Musayev, a prodigué les premiers soins au commandant de bord et tenté de stopper son hémorragie. « Il n’a fait que prier du début à la fin tout en restant en contact avec moi, et j’avais vraiment peur qu’il ne survive pas », a-t-il confié à l’agence Associated Press.
Parmi les passagers, Yaniv Hayoun, un plombier israélien sans expérience de pilotage, affirme avoir brièvement saisi les commandes alors que l’avion perdait de l’altitude. « J’ai tiré sur le manche, j’ai redressé l’avion un peu », a-t-il raconté. Il dit avoir su quel geste effectuer en se rappelant de la série documentaire Air Crash Investigation (connue en français sous le titre Mayday : Dangers dans le ciel). Deux pilotes qui voyageaient comme passagers à bord du vol ont ensuite pris les commandes du Boeing 737 MAX-8, après la neutralisation du copilote. Le vol FZ1073 a finalement été dérouté et s’est posé en urgence à Tabuk, en Arabie saoudite.
Dix-sept ans d’expérience
Smit Machchhar pilote des avions depuis dix-sept ans et exerce les fonctions de commandant de bord depuis onze ans. Il travaille chez flydubai depuis environ quatre ans, après avoir passé onze ans chez la low cost indienne SpiceJet.
« Je pilote des avions depuis dix-sept ans et je suis commandant depuis onze ans. Je peux sentir exactement ce qui se passe avec l’appareil, même les yeux fermés », a-t-il expliqué au premier ministre indien Narendra Modi. Le pilote a dit avoir récité le Hanuman Chalisa, une prière hindoue dédiée à Hanuman, pendant l’agression. « Le dieu Hanuman m’a donné du courage », a-t-il déclaré.
Son intervention a été saluée par Narendra Modi, qui a évoqué son « immense courage ». Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a également parlé d’un « courage extraordinaire » ayant permis d’éviter une catastrophe aérienne. Ces réactions interviennent alors que l’enquête doit encore établir le déroulement complet des faits et les motivations du copilote.
Qui est le copilote ?
Pourquoi le copilote, dont l’identité n’a pas été officiellement rendue publique, a-t-il agressé le commandant de bord ? Flydubai a appelé à éviter toute « spéculation prématurée » tant que l’enquête se poursuit. Selon plusieurs médias citant des sources anonymes, le copilote en question serait un ressortissant omanais identifié comme Hamam al-Hammami (né aux Emirates arabes unis d’un père omanais et d’une mère syrienne).
Selon un profil LinkedIn à ce nom (depuis supprimé), il a suivi une formation en aviation management à distance à la Buckinghamshire New University (Royaume-Uni), dont il est diplômé en 2023. Il a travaillé près de sept ans chez Oman Air (de février 2018 à février 2025 environ), d’abord en formation puis comme copilote sur Boeing 737 à partir de janvier 2022. En 2024, pendant sa formation ou son activité de copilote, les autorités omanaises ont détecté qu’il consultait des sites radicaux et possédait du matériel extrémiste ; il a été retiré des vols, placé en poste administratif et finalement interdit de vol pour vues idéologiques radicales. Il a démissionné et quitté Oman Air vers 2025. Il a ensuite rejoint Royal Air Maroc de juin 2025 à janvier 2026 : selon la compagnie aérienne marocaine, il n’y a suivi qu’une formation théorique de trois mois sans jamais voler en ligne. En février 2026, il a été embauché par flydubai comme copilote, et a été affecté à des vols, y compris sur la ligne sensible Dubaï-Tel Aviv.

@Dubai Airports
NDR a commenté :
3 octobre 2026 - 12 h 15 min
Rejoint la RAM ???
Fake news ! La peste vient de l’est 😂
Encore un complot contre le Maroc 🇲🇦
🤦♂️ 🤦♂️ 🤦♂️
Où pourra-t-on ranger la hache maintenant? a commenté :
3 octobre 2026 - 13 h 07 min
Jadis, la hache était rangée dans un endroit discret en cabine.
Pourquoi en cabine?
Parce que sa vos action était d’être utilisée par les PNC pour détruire une cloison ou un panneau de revêtement si nécessaire pour pouvoir atteindre un feu …et pour gagner du temps, ce qui est plus qu’essentielles en cas de feu, la hache était donc au plus proche des PNC…
De mon souvenir, aucune hache n’a jamais été utilisée contre un PN ( C ou T) ni même contre l’avion dans un acte malveillant.
Néanmoins, après plusieurs détournement et autres menaces – n’ayant jamais utilisé la hache-, une sommité à pensé qu’il serait plus prudent de mettre cette hache dans un lieu plus sûr, sait-on jamais. Il fut jugé que ce lieu était le poste de pilotage d’une part parcequ’il était un endroit d’accès restreint, voire théoriquement impossible – et même interdit- depuis l’instauration du verrouillage à toute épreuve de la porte…et puis, implicitement, seuls etaient dans le piste des gens sérieux en qui on pouvait avoir toute confiance…
Mais la roue tourne, semble t il, et cette confiance est sacrément mise à l’épreuve entre diverses grosses, voire très grosses conn..ies de gestion vol ( suffit de lire les articles relatifs à divers accidents…)des tendances suicidaires et maintenant l’attaque à la hache de l’université par l’autre…
D’où la question: où va t on ranger la hache dorénavant?