Une compagnie chilienne pourra relier deux villes argentines sans passer par le Chili. C’est la portée de la disposition 27/2026, signée le 7 octobre par le sous-secrétaire argentin au Transport aérien, Hernán Adrián Gómez, et publiée au Bulletin officiel le 14 octobre. Elle accorde à JetSMART Airlines S.p.A. des droits de trafic allant de la troisième à la neuvième liberté pour des services réguliers intérieurs et internationaux de passagers et de fret, exploités de manière combinée.
Le texte autorise ainsi la compagnie à assurer des « services réguliers de transport aérien intérieur et international de passagers et de fret », selon le Bulletin officiel, dans une traduction de l’espagnol. Il ne désigne aucune desserte précise : l’autorisation porte sur un cadre de routes ouvert, comprenant des points en Argentine, des points intermédiaires et des destinations au-delà. L’administration indique que le transporteur a satisfait aux exigences juridiques et administratives et que la direction nationale du transport aérien de l’ANAC a rendu un avis favorable.
Neuvième liberté : du cabotage sans prolongement international
L’enjeu réside dans la neuvième liberté de l’air, qui permet à un transporteur étranger d’assurer une liaison purement intérieure dans un autre pays. JetSMART Chile pourrait donc, par exemple, commercialiser un Buenos Aires–Córdoba autonome, sans que ce vol soit rattaché à une desserte de Santiago. À l’inverse, la huitième liberté autorise le transport de passagers entre deux points d’un même pays dans le prolongement d’un service international.La décision ne doit toutefois pas être confondue avec l’annonce d’un programme de vols. Aucune ligne ni date de lancement sous ce nouveau régime n’a été communiquée.
Autre distinction essentielle : l’autorisation vise JetSMART Airlines S.p.A., l’entité chilienne, et non JetSMART Airlines S.A., sa filiale argentine, qui dessert déjà le marché intérieur avec son propre certificat de transporteur aérien. Elle ne marque donc pas l’arrivée d’une nouvelle marque dans le ciel argentin, mais l’élargissement des possibilités d’exploitation d’un groupe déjà implanté.
Un marché fragilisé par la crise de Flybondi
Cette progression intervient alors que Flybondi traverse une crise majeure. La concurrente low cost a sollicité début octobre une procédure de « concurso preventivo », destinée à négocier ses dettes sous contrôle judiciaire et à éviter la faillite. La Nación rapportait le 5 octobre qu’elle n’avait plus volé depuis 57 jours. Son retrait opérationnel laisse davantage d’espace aux autres transporteurs.

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