Flybondi n’a plus opéré de vol depuis le 6 août. Sa flotte est immobilisée, son site internet est inaccessible et les difficultés financières, sociales et réglementaires se multiplient. La crise opérationnelle et financière paralyse la première low cost d’Argentine, sans qu’une fermeture officielle n’ait toutefois été annoncée.
Fondée en 2016 et devenue la première représentante du modèle à bas coût en Argentine, Flybondi a suspendu de fait toutes ses opérations régulières au début du mois.
Un site web devenu inaccessible
La situation s’est aggravée avec la panne du site internet de Flybondi. Depuis le 18 août, la plateforme affiche une erreur technique de type « 504 Gateway Time-out » ou « 403 Error », selon les moments et les accès. D’après les informations relayées par la presse argentine, Flybondi a attribué l’interruption à une défaillance de son serveur principal.
Le site constituait le principal canal restant pour consulter un vol, acheter un billet, modifier une réservation ou demander un remboursement. Les passagers affectés par les annulations ne peuvent plus y réaliser ces démarches. Les agences de voyages en ligne argentines avaient déjà cessé de commercialiser les billets de la low cost.
Une flotte presque entièrement immobilisée
Les annulations successives s’expliquent d’abord par l’effondrement de la disponibilité de la flotte. En janvier, Flybondi opérait encore en moyenne près de 19 avions par jour, selon le quotidien Buenos Aires Herald. Au cours des dernières mois, ce chiffre serait tombé à trois appareils opérationnels en moyenne par jour, avant l’arrêt complet des vols constaté depuis le 6 août.
Les difficultés avaient commencé dès le début de l’année. En janvier, Flybondi avait annulé 125 vols en deux semaines, affectant environ 22 000 passagers. La low cost avait alors invoqué des problèmes techniques sur deux avions et des retards dans l’entrée en service de quatre autres appareils.
Une situation financière sous pression
La crise opérationnelle se double de difficultés financières. Une juridiction de Buenos Aires a ordonné en août la saisie des comptes bancaires de Flybondi, à la demande de l’agence fiscale argentine ARCA. L’administration réclame plus de 1,4 milliard de pesos argentins, soit un peu plus de 9 millions de dollars, au titre de dettes fiscales accumulées entre mars et juin 2026. Plusieurs fournisseurs ont aussi engagé des demandes de faillite pour des impayés dépassant 600 millions de pesos argentins.
Les effectifs de la low cost sont également touchés. Un collectif de 700 salariés licenciés a dénoncé des retards de trois mois dans le versement des indemnités de départ. Selon les témoignages relayés par le Buenos Aires Herald, des employés encore présents n’auraient pas non plus reçu de salaire depuis plusieurs mois.
Le Brésil limite ses activités
Les problèmes de Flybondi ont également entraîné des mesures au Brésil. En juillet, l’Agence nationale de l’aviation civile brésilienne, l’ANAC, a interdit à la low cost argentine d’exploiter trois dessertes dans le pays en raison de retards opérationnels jugés importants. Le régulateur brésilien lui a aussi interdit d’ouvrir de nouvelles lignes, d’augmenter ses fréquences ou d’étendre ses activités tant qu’elle n’aura pas démontré le retour à une exploitation régulière.
En Argentine, l’autorité de l’aviation civile, également appelée ANAC, avait validé début août un plan de régularisation présenté par Flybondi. Elle a indiqué ne pas disposer, dans le cadre réglementaire alors applicable, d’outil permettant de prononcer une suspension préventive d’une compagnie aérienne détenant toujours son autorisation d’exploitation.
Passagers sans visibilité
Les voyageurs ayant réservé un billet Flybondi restent confrontés à une forte incertitude. L’arrêt des vols, la panne du site et la réduction des canaux de vente compliquent l’accès à l’information, aux modifications de réservation et aux remboursements. Les autorités argentines n’ont pas annoncé de dispositif de remplacement des vols annulés.
La paralysie actuelle marque un coup d’arrêt brutal pour Flybondi. Mais en l’absence d’annonce officielle de liquidation ou de retrait de son certificat de transporteur aérien, l’issue de la crise demeure juridiquement ouverte.

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