Le commandant de bord du vol flydubai FZ1073 attaqué le 30 septembre entre Dubaï et Tel-Aviv a livré son premier témoignage télévisé depuis son lit d’hôpital. Frappé par derrière par son copilote, il dit avoir perdu connaissance à plusieurs reprises. L’enquête s’intéresse également à deux pilotes maldiviens de flydubai, dont l’éventuelle implication reste à établir. Dans le sillage de cet « acte terroriste » selon le parquet émirati, Israël a renforcé ses restrictions sur la nationalité des équipages étrangers.
« Tu ne peux pas mourir comme ça »
Le commandant indien Smit Machchhar a raconté les minutes pendant lesquelles le vol FZ1073 de flydubai a basculé. Interrogé hier par la chaîne Sky News Arabia depuis sa chambre d’hôpital aux Émirats arabes unis, le pilote est apparu la tête et une main bandées.
Le 30 septembre, son Boeing 737 MAX 8 reliait Dubaï à Tel-Aviv lorsque le copilote l’a agressé dans le cockpit. Selon son récit, ce dernier s’était placé derrière lui pour prier. Smit Machchhar consultait alors des informations relatives au vol lorsqu’il a reçu un violent coup à l’arrière de la tête.
Pensant d’abord qu’un élément du plafond s’était détaché, il a ensuite subi plusieurs autres coups. Selon le procureur général des Emirats arabes unis, le copilote utilisait la hache de secours du cockpit. Le commandant a également été blessé à la main en tentant de se protéger.
« Pendant l’incident, j’ai perdu connaissance à plusieurs reprises », a-t-il expliqué. « Mon champ de vision s’était réduit à quelques centimètres. » Au cours de l’agression, il s’est dit : « Tu ne peux pas mourir comme ça. »
L’ouverture de la porte du cockpit, un moment décisif
Malgré ses blessures, Smit Machchhar a tenté d’ouvrir la porte du poste de pilotage pour permettre une intervention extérieure. « Je voulais simplement faire entrer quelqu’un pour m’aider. Et dans toute cette agitation, les cris et tout ce qui se passait, j’ai perdu connaissance », a-t-il raconté, selon ses propos diffusés par Sky News Arabia.
Le commandant de bord assure se souvenir d’avoir réussi à ouvrir la porte. Il décrit ensuite un état d’épuisement extrême, puis une modification du comportement du Boeing : « Peu après, j’ai entendu le bruit des moteurs diminuer. Et immédiatement après, j’ai senti l’avion partir en piqué. »
Une fois la porte du cockpit ouverte, le copilote a été maîtrisé par des passagers. Un autre équipage de flydubai, composé de deux pilotes présents à bord pour assurer le vol de retour, ont repris les commandes. Le vol FZ1073, avec 174 personnes bord, a finalement été dérouté vers Tabuk, en Arabie saoudite.
Un projet d’attaque contre l’aéroport Ben-Gourion
Selon les conclusions de l’enquête présentées par le parquet émirati, le copilote omanais du vol FZ1073, âgé de 29 ans, voulait s’emparer de l’avion pour mener une attaque suicide contre le terminal passagers de l’aéroport Ben-Gourion, à Tel-Aviv.
Le suspect aurait déclaré s’être inspiré des attentats du 11 septembre 2001, à New York. Il affirme avoir agi seul, une version que les enquêteurs cherchent encore à vérifier. À ce stade, le scénario de l’attentat projeté est celui exposé par les enquêteurs, et non une conclusion judiciaire définitive.
Deux pilotes maldiviens dans le champ de l’enquête
Les investigations s’étendent désormais à deux autres pilotes de flydubai, de nationalité maldivienne. Selon des médias locaux citant des sources émiraties, les deux hommes ont été placés en détention aux Émirats arabes unis le 3 octobre. Ils sont soupçonnés d’avoir coordonné avec le copilote omanais leurs affectations sur des vols à destination d’Israël.
Les deux hommes connaissaient le copilote dans le cadre de leur travail. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si ce dernier avait facilité leur recrutement au sein de flydubai. Ces soupçons n’ont pas été confirmés publiquement par les autorités émiraties, leur implication demeure donc à établir.
Israël impose de nouvelles restrictions aux équipages
L’attaque a également eu des conséquences sur l’affectation des équipages desservant Israël. Le ministère israélien des Transports a notifié aux compagnies étrangères, le 1er octobre, des restrictions concernant la nationalité des pilotes et des personnels de cabine.
Les membres d’équipage possédant la nationalité d’un pays sans relations diplomatiques officielles avec Israël ne peuvent plus être affectés aux vols à destination de l’Etat hébreu. Les 31 pays concernés sont : l’Afghanistan, l’Algérie, l’Arabie saoudite, le Bangladesh, Brunei, la Colombie, les Comores, la Corée du Nord, Cuba, Djibouti, l’Indonésie, l’Irak, l’Iran, le Koweït, le Liban, la Libye, la Malaisie, les Maldives, le Mali, la Mauritanie, le Nicaragua, le Niger, Oman, le Pakistan, le Qatar, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, le Venezuela et le Yémen.
La mesure inclut les binationaux. En France, détenir la nationalité française ne dispense donc pas de cette restriction. Chez Air France, des salariés franco-algériens ou franco-tunisiens sont notamment impactés, selon les informations révélées par le site Mediapart. Ces règles concernent les équipages opérant des vols à destination d’Israël, mais aussi, selon les informations publiées, les vols traversant son espace aérien. Air France a confirmé appliquer les exigences israéliennes. La mesure oblige ainsi les compagnies aériennes concernées à adapter la composition de leurs équipages.

@ministère des Affaires étrangères d’Israël
Donald Trump a commenté :
18 octobre 2026 - 14 h 28 min
Ce témoignage fait froid dans le dos
J’espère qu’Air France saura faire le ménage pour éviter ce genre de catastrophe, quant on voit le niveau de sécurité à ADP et chez AF il y a de quoi s’inquiéter
Pilotes bannis a commenté :
18 octobre 2026 - 15 h 41 min
Les pays européens devraient interdire aux pilotes Israéliens y compris ceux ayant une double nationalité de voler en Europe.