Ryanair a interrompu ou prévoit d’interrompre ses dessertes dans treize aéroports entre 2026 et 2027, selon un recensement de la presse italienne. Derrière ce chiffre, qui rassemble des situations différentes, la compagnie arbitre ses capacités en fonction des coûts et des contraintes locales. Tandis que Clermont-Ferrand a perdu ses trois lignes et que Brême sera abandonné au printemps prochain, Rimini accueillera deux avions basés à l’été 2027.
Ryanair ne réduit pas partout la voilure : elle déplace ses priorités. Le Corriere della Sera a recensé, le 18 octobre, treize aéroports dont la compagnie irlandaise a cessé ou prévoit de cesser la desserte entre le début de 2026 et le printemps 2027. Cette liste, répartie dans huit pays, comprend notamment Clermont-Ferrand et Rodez, les deux aéroports des Açores desservis par Ryanair, ainsi que Brême. Il ne s’agit toutefois pas d’un plan unique de fermeture annoncé simultanément par la compagnie. Le décompte agrège des décisions prises à des dates différentes et des interruptions relevées dans les programmes de vols. Surtout, toutes ne peuvent être présentées avec le même degré de certitude comme des départs définitifs : une fin de desserte saisonnière, une suspension hivernale et un retrait complet ne recouvrent pas la même réalité opérationnelle.
Ryanair : quels sont les 13 aéroports concernés en 2026 et 2027 ?
- Janvier 2026 : Vigo, en Espagne.
- Mars 2026 : les Asturies, en Espagne ; Clermont-Ferrand, en France ; Ponta Delgada et Terceira, aux Açores ; Amman, en Jordanie.
- Août 2026 : Rodez, en France.
- Octobre 2026 : Bodrum et Dalaman, en Turquie ; Kalamata et Volos, en Grèce ; Niš, en Serbie.
- Printemps 2027 : Brême, en Allemagne, avec une fin des vols annoncée par Ryanair à compter d’avril.
Ce sont donc treize aéroports concernés, et non treize lignes seulement : plusieurs accueillaient différentes dessertes de la compagnie. L’expression « aéroports européens », employée dans plusieurs reprises de l’information, constitue par ailleurs un raccourci puisque la liste inclut Amman, en Jordanie.
Le calendrier appelle également une précaution à la date du 19 octobre : les interruptions annoncées pour la fin du mois ne sont pas toutes déjà effectives. À Niš, par exemple, la suspension des lignes annuelles vers Vienne et Malte concerne le programme hiver 2026-2027, qui débute le 25 octobre.
Clermont-Ferrand : Porto, Londres-Stansted et Fès supprimés
En France, le retrait de Clermont-Ferrand a déjà été documenté par Air journal. Ryanair a cessé ses opérations le 27 mars 2026, entraînant la disparition de ses liaisons vers Porto, Londres-Stansted et Fès. Porto était desservie à l’année, tandis que les deux autres lignes étaient saisonnières. 1 L’aéroport avait souligné que cette décision intervenait « malgré de bons taux de remplissage sur les lignes exploitées ».
À Rodez, la formulation doit être plus prudente. Le site officiel de l’aéroport affiche une desserte Ryanair de Bruxelles jusqu’au 29 août 2026 et de Londres jusqu’au 30 août. Ces dates ne suffisent pas, à elles seules, à établir un abandon définitif de la plateforme pour les saisons suivantes.
Aux Açores, six lignes supprimées sur fond de désaccord sur les coûts
Le départ des Açores repose, lui, sur une annonce explicite de Ryanair. Dès le 20 novembre 2025, la compagnie avait annoncé l’arrêt de tous ses vols dans l’archipel à compter du 29 mars 2026. Elle chiffrait les conséquences de ce retrait à six lignes et à environ 400 000 passagers annuels.
Ryanair mettait en cause les redevances du gestionnaire ANA, filiale de Vinci, ainsi que les prélèvements et les coûts de navigation aérienne au Portugal. Engagée dans un différend commercial et fiscal avec les acteurs locaux, elle citait notamment la perte de ses liaisons directes reliant l’archipel à Londres, Bruxelles, Lisbonne et Porto.
« Nous n’avons eu d’autre choix que d’annuler tous les vols des Açores à compter du 29 mars 2026 et de redéployer cette capacité vers des aéroports moins coûteux », déclarait son directeur commercial Jason McGuinness. La formule résume le principe de redéploiement revendiqué par Ryanair : retirer des sièges d’un marché pour les proposer ailleurs, plutôt que renoncer nécessairement à cette capacité à l’échelle du groupe.
À Niš, une suspension liée au carburant plutôt qu’aux redevances
Les motifs ne sont cependant pas identiques d’une escale à l’autre. À Niš, Ryanair a confirmé au média spécialisé EX-YU Aviation News la suspension hivernale de ses liaisons vers Vienne et Malte en invoquant des difficultés réglementaires concernant le carburant. « Nous interromprons malheureusement nos opérations à destination et au départ de Niš à partir de l’hiver 2026 en raison de problèmes réglementaires liés au carburant affectant l’aéroport », a indiqué la compagnie. Le gestionnaire Airports of Serbia a, de son côté, relié les difficultés aux sanctions visant le fournisseur pétrolier NIS et indiqué espérer une résolution du problème.
Brême perdra Ryanair au printemps 2027, Berlin conservera des vols
En Allemagne, le retrait de Brême est officiellement acté. Dans un communiqué publié le 8 octobre, Ryanair annonce l’arrêt de tous ses vols à compter d’avril 2027, représentant environ 500 000 sièges par an. La compagnie dénonce les redevances aéroportuaires, les frais de sûreté et de contrôle aérien, ainsi que la fiscalité allemande sur les billets. Elle précise que cette capacité sera réaffectée à d’autres marchés européens.
À Berlin, il faut distinguer fermeture de base et abandon de desserte. Dès le 24 avril 2026, Ryanair avait annoncé son intention de fermer, le 24 octobre, sa base de sept avions à Berlin-Brandebourg et de réduire de moitié ses vols dans le programme hivernal. Berlin ne figure donc pas parmi les treize aéroports totalement abandonnés du recensement italien. « Ryanair continuera de desservir Berlin, mais avec des avions basés hors d’Allemagne », précisait Eddie Wilson, directeur général de Ryanair DAC, dans le communiqué d’avril. La compagnie prévoyait alors un trafic berlinois ramené de 4,5 millions à 2,2 millions de passagers en 2027.
Rimini : deux avions basés et cinq nouvelles lignes à l’été 2027
À l’inverse, Rimini bénéficiera d’un renforcement. Annoncée le 15 octobre, la nouvelle base ouvrira à l’été 2027 avec deux avions. Ryanair présente cette implantation comme un investissement de 200 millions de dollars, associé au stationnement des appareils. La compagnie prévoit plus de 600 000 sièges et 114 vols hebdomadaires sur 17 lignes, soit une capacité et un nombre de vols doublés par rapport à l’été 2025. Cinq destinations s’ajouteront au programme : Dublin, Memmingen, Stockholm, Tirana et Varsovie. Ryanair estime que cette activité soutiendra plus de 500 emplois locaux, pilotes et personnels de cabine compris.
Le groupe relie directement cette décision à la suppression de la taxe municipale en Émilie-Romagne. « Cet investissement et cette croissance record de Ryanair à Rimini démontrent notre engagement de long terme […] après la suppression de la taxe municipale par la région », a déclaré Eddie Wilson dans le communiqué du 15 octobre, selon une traduction de l’anglais.

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